Les forces armées américaines ont mené plus de 30 frappes contre des cibles de l’État islamique (EI) en Syrie au cours du mois de février, poursuivant ainsi la pression militaire sur les djihadistes après une attaque meurtrière contre des soldats américains l’année dernière.
Ces frappes interviennent alors que le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a transféré ces dernières semaines des milliers de détenus liés à l’EI de prisons en Syrie vers l’Irak. Ces détenus étaient auparavant incarcérés dans des établissements gérés depuis des années par les forces dirigées par les Kurdes.
Selon un communiqué de CENTCOM, les forces américaines ont « effectué 10 frappes contre plus de 30 cibles de l’EI en Syrie afin de maintenir une pression militaire implacable sur les vestiges de ce réseau terroriste ».
Les frappes aériennes, réalisées entre le 3 et le 12 février, ont visé principalement des « infrastructures et des dépôts d’armes » de l’EI, précise le communiqué.
Par ailleurs, cinq frappes supplémentaires ont été menées entre le 27 janvier et le 2 février contre un site de communication, un nœud logistique critique et des dépôts d’armes liés à l’EI.
Washington avait attribué à un combattant de l’État islamique l’ambuscade du 13 décembre dernier à Palmyre, au cours de laquelle deux soldats américains et un interprète civil ont été tués.
Selon le ministère syrien de l’Intérieur, ce tireur de l’EI était un membre des forces de sécurité syriennes, qui allait être licencié pour extrémisme.
En réaction à cette attaque, les États-Unis ont lancé l’« Opération Hawkeye Strike ». Plus de 50 terroristes de l’EI ont été tués ou capturés et plus de 100 infrastructures de l’EI ont été frappées avec des centaines de munitions de précision au cours de deux mois d’opérations ciblées, ajoute CENTCOM.
Le vendredi précédent, CENTCOM a annoncé avoir terminé le transfert de plus de 5 700 prisonniers soupçonnés d’appartenir à l’EI, originaires de 61 pays, de la Syrie vers l’Irak.
Cette opération a débuté le mois dernier, suite à la reprise par Damas des territoires entourant les prisons contrôlées jusque-là par les forces kurdes, ce qui avait suscité des inquiétudes quant au sort des prisonniers de l’EI, poussant Washington à intervenir.
Aux côtés de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, les Forces démocratiques syriennes (FDS), principalement kurdes, ont conduit la lutte qui a abouti à la défaite territoriale du groupe djihadiste en Syrie en 2019.
Cependant, Washington s’est récemment rapproché des nouvelles autorités syriennes, indiquant que sa coopération avec les forces kurdes était désormais largement terminée.
Dans ce contexte de réaffirmation du contrôle syrien sur l’ensemble du territoire, les forces américaines ont confirmé leur retrait de la base d’Al-Tanf, située près de la frontière syrienne avec la Jordanie et l’Irak.