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Des hommes armés à moto ont attaqué trois villages dans une région du centre du Nigeria, faisant au moins 46 morts, selon une source humanitaire contactée samedi. Ces violences relancent les inquiétudes face aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté.

Selon un rapport de sécurité consulté, les assaillants circulaient sur 41 motos, chacune transportant deux ou trois hommes. Les villages ciblés se situent dans la zone administrative de Borgu, dans l’État de Niger, à la frontière avec l’État de Kwara, où une attaque jihadiste ayant causé plus de 160 morts avait déjà eu lieu début février.

Le bilan le plus lourd a été enregistré dans le village de Konkoso, où au moins 38 personnes ont été abattues ou égorgées, a précisé la source humanitaire sous couvert d’anonymat. Une grande partie des habitations a été incendiée et, outre les victimes déjà recensées, d’autres corps sont en cours de récupération.

Un habitant de Konkoso a expliqué que les attaquants avaient d’abord frappé le village voisin de Tungar Makeri avant de se diriger vers Konkoso. Un porte-parole de la police locale a confirmé que six personnes ont été tuées à Tungar Makeri, où les assaillants sont arrivés aux alentours de 6 heures du matin.

Crainte d’un bilan en hausse

Le porte-parole de la police a indiqué : « Certaines maisons ont été incendiées et un nombre indéterminé de personnes ont été enlevées. Les forces de l’ordre travaillent encore à recueillir des informations concernant les autres villages attaqués. »

L’habitant de Konkoso a également fait savoir que son neveu figurait parmi les victimes et que « plusieurs maisons ont été brûlées et quatre femmes ont été kidnappées ». Il a ajouté que les assaillants se sont ensuite dirigés vers le village de Pissa, où ils ont incendié un poste de police et tué une personne. « Beaucoup de personnes sont portées disparues », a-t-il souligné.

La frontière entre les États de Kwara et de Niger comprend la forêt de Kainji, reconnue comme un refuge pour les bandits et groupes jihadistes. Le Nigeria fait face depuis plus de seize ans à une insurrection jihadiste dans le nord-est. Parallèlement, des conflits persistants opposent agriculteurs et éleveurs dans le centre-nord, tandis que le sud-est est affecté par des mouvements séparatistes et que le nord-ouest connaît une recrudescence des enlèvements.

Les groupes jihadistes sont également actifs dans le nord-ouest et le centre-ouest du pays, renforcés par l’instabilité croissante dans les pays voisins, notamment au Niger et au Burkina Faso.

De nombreuses bandes armées, souvent désignées sous le terme local de « bandits », continuent de semer la terreur en pillant des villages, tuant des civils et enlevant des habitants.

Les jihadistes avaient déjà tué plus de 160 personnes dans une attaque contre le village de Woro, dans l’État de Kwara, début février. Le groupe JNIM (Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans), affilié à al-Qaïda, avait revendiqué son premier attentat sur le sol nigérian, près de Woro, en octobre dernier.

Face à la montée des violences, les leaders religieux et communautaires de la région de Borgu ont récemment appelé le président Bola Tinubu à installer une base militaire dans la zone afin de mettre fin à ces attaques répétées.

Par ailleurs, l’armée américaine a mené des frappes aériennes coordonnées avec les autorités nigérianes dans l’État de Sokoto le 25 décembre, ciblant ce qu’elle a qualifié de jihadistes liés à l’État islamique.

L’ancien président américain Donald Trump a affirmé que les chrétiens du Nigeria étaient « persécutés » et victimes d’un « génocide » commis par des « terroristes ». Ces accusations ont été démenties tant par les autorités d’Abuja que par la majorité des experts, qui insistent sur le caractère indiscriminé des violences, affectant aussi bien chrétiens que musulmans.