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Que fait-on avant de lancer des centaines de milliers d’hommes dans une invasion de l’Europe ? Quelle pression cela exerce-t-il sur un commandant ? C’est la question centrale de « Pressure », un nouveau film qui retrace les heures tendues du général Dwight Eisenhower dans les jours qui ont précédé le lancement du Jour J. Cette histoire met aussi en lumière un élément crucial : la météo.

« Pressure », adapté de la pièce de théâtre éponyme de David Haig écrite en 2014, sort ce printemps et vient de dévoiler sa bande-annonce. Le film met en vedette Brendan Fraser (« The Whale », « George of the Jungle ») dans le rôle du Supreme Commander des forces alliées en Europe, Dwight Eisenhower, qui supervise les 72 dernières heures avant le début de l’opération Overlord. Avec le poids de la guerre sur ses épaules, il a besoin que tout se déroule parfaitement. « Le destin de la guerre, des milliers de vies, reposent sur ce moment », déclare l’acteur connu notamment pour « La Momie ». Mais Eisenhower dépend aussi d’une météo favorable. C’est là qu’intervient le Group Captain James Stagg (incarné par Andrew Scott), météorologue qui anticipe une violente tempête traversant la Manche et met en garde contre un risque majeur pour l’invasion. S’engagent alors tensions intenses, conflits et débats acharnés autour des prévisions météorologiques.

Une prémisse originale, mais basée sur des faits réels. Les passionnés d’histoire de la Seconde Guerre mondiale et ceux ayant vu « Band of Brothers » savent que le Jour J fut reporté d’un jour. Ce fut un pari risqué pour Eisenhower et ses alliés : lancer l’assaut sous des conditions météo difficiles pouvait tourner au désastre, tandis qu’attendre trop longtemps risquait de compromettre l’effet de surprise sur les forces nazies.

Le poids du Jour J fut d’autant plus lourd pour Eisenhower que la répétition générale de l’invasion, l’exercice Tiger, s’était soldée par un désastre. Ce test mené au printemps 1944 en Grande-Bretagne causa plusieurs centaines de morts, d’abord lors d’un tir ami dès le premier jour, puis suite à une attaque de la marine allemande. La bande-annonce de « Pressure » montre les conséquences sanglantes de cet incident, avec des corps flottant dans les eaux côtières. Eisenhower avait conscience que l’invasion de Normandie serait une bataille coûteuse, mais il était essentiel d’éviter une tragédie comme celle-ci.

La météorologie reste aujourd’hui une composante essentielle de la planification des opérations militaires à haut risque. Le général Dan Caine, président de l’état-major interarmes américain, a souligné l’importance des conditions climatiques lors de l’attaque menée en janvier contre le Venezuela. Ce n’est qu’une fois que les intempéries sur Caracas se sont calmées que le feu vert a été donné pour Operation Absolute Resolve, permettant le déploiement d’hélicoptères des forces spéciales et de jets de chasse.

Anthony Maras, qui a coécrit le scénario avec David Haig, assure la réalisation de cette adaptation. À 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, le cinéma s’éloigne des récits classiques des grandes batailles et des combats anti-Axes pour mettre en avant d’autres aspects de la lutte alliée. « Pressure » s’inscrit dans cette démarche, à l’instar de films comme « Les Heures sombres » ou « Operation Mincemeat ». Toutefois, la bande-annonce promet aussi des scènes d’affrontements sur les plages normandes, confirmant que ce ne sera pas un simple film confiné aux bunkers et salles de commandement.

« Pressure » sortira en salles le 29 mai.