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Le Pakistan a mené de multiples frappes aériennes contre des militants dans le pays voisin, l’Afghanistan, où le gouvernement afghan a rapporté la mort et des blessures de dizaines de personnes, dont des enfants.

Ces attaques nocturnes constituent les opérations les plus vastes depuis les affrontements frontaliers d’octobre, qui avaient fait plus de 70 morts des deux côtés et des centaines de blessés.

Islamabad a indiqué avoir visé sept sites dans la région frontalière, ciblant des groupes militants basés en Afghanistan, en réponse à de récents attentats-suicides survenus au Pakistan.

Selon un communiqué du ministère pakistanais de l’Information et de la Radiodiffusion, l’armée a pris pour cible le Taliban pakistanais et ses affiliés, ainsi qu’une branche de l’organisation État islamique.

De leur côté, les autorités afghanes ont précisé que les frappes avaient touché les provinces de Nangarhar et de Paktika, faisant « des dizaines de morts et de blessés, y compris des femmes et des enfants ».

Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement afghan, a dénoncé ces attaques sur X en affirmant : « Les généraux pakistanais tentent de compenser les faiblesses sécuritaires de leur pays par de tels crimes ».

Un journaliste de l’AFP sur place, dans le district de Bihsud à Nangarhar, a observé des secours utilisant un bulldozer pour dégager des victimes ensevelies sous les décombres après les frappes.

D’après une source sécuritaire afghane, sous couvert d’anonymat, 12 enfants et adolescents figurent parmi les 17 personnes tuées dans la destruction d’une maison à Bihsud.

Les relations entre l’Afghanistan et le Pakistan se sont dégradées ces dernières années, aggravées par la prise de pouvoir des talibans en 2021 et des affrontements frontaliers meurtriers depuis octobre.

Le Pakistan a dénoncé dimanche l’inaction des autorités talibanes malgré ses nombreuses demandes, leur reprochant de ne pas réprimer les groupes militants utilisant le territoire afghan pour mener des attaques sur le sol pakistanais.

Les frappes pakistanaises interviennent notamment en réaction à un attentat-suicide contre une mosquée chiite à Islamabad, il y a deux semaines, ainsi qu’à d’autres attaques suicides récentes dans le nord-ouest du Pakistan, dont une survenue samedi.

L’État islamique a revendiqué la responsabilité de l’attentat à la mosquée, qui avait fait au moins 40 morts et plus de 160 blessés, constituant la pire attaque à Islamabad depuis 2008.

Le cessez-le-feu négocié en octobre par le Qatar et la Turquie avait permis de mettre un terme aux violences frontalières, mais plusieurs sessions de dialogue à Doha et Istanbul n’ont pas abouti à un accord durable.

Les enjeux sécuritaires restent au cœur du conflit, Islamabad accusant régulièrement Kaboul de protéger des groupes militants, notamment le Taliban pakistanais, qui commettent des attaques au Pakistan.

Les autorités afghanes réfutent ces allégations.