La Turquie envisage de déployer des chasseurs F-16 à Chypre du Nord dans le cadre des mesures de sécurité, a indiqué une source du ministère turc de la Défense samedi, quelques jours après une attaque de drone visant l’île.
« Au vu des récents développements, une planification par phases est en cours pour assurer la sécurité de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) », a précisé cette source, faisant référence à ce territoire reconnu uniquement par Ankara.
« Le déploiement d’avions F-16 sur l’île fait partie des options envisagées. »
Membre de l’Union européenne et actuellement à la présidence tournante du bloc, Chypre a été directement impactée par des représailles suite aux frappes américano-israéliennes contre l’Iran, un drone d’origine iranienne ayant touché lundi une base britannique sur l’île.
Nicossie a indiqué que le drone avait probablement été lancé par le groupe militant Hezbollah, soutenu par l’Iran et basé au Liban, plutôt que directement par l’Iran.
À la suite de cet incident, plusieurs pays européens ont promis leur assistance à Chypre, envoyant des systèmes de défense aérienne et d’autres moyens militaires.
Dans un contexte d’escalade du conflit au Moyen-Orient, le ministre turc de la Défense, Yaser Guler, a estimé que la probabilité d’un affrontement direct entre la Turquie, membre de l’OTAN, et Israël, proche allié de Washington, restait « très faible ».
La Turquie a souvent eu des différends avec Israël, notamment au sujet de la guerre à Gaza et de l’intervention israélienne en Syrie, mais Yaser Guler a minimisé le risque de confrontation entre les deux puissances régionales.
Un risque « très faible » de clash avec Israël
« Les tensions croissantes au Moyen-Orient et en Méditerranée ont considérablement impacté les relations entre la Turquie et Israël ces dernières années », a déclaré le ministre au journal turc Posta vendredi.
« Même s’il existe un risque de conflit militaire direct, nous jugeons actuellement cette possibilité très faible. Des canaux de communication ont été mis en place pour éviter les malentendus sur le terrain et prévenir des situations indésirables. »
Il a également réitéré son appel pour que la Turquie soit réintégrée au programme des chasseurs F-35 de Washington, soulignant l’importance de ce retour « pour renforcer les liens Turquie-États-Unis et la sécurité de l’OTAN ».
Washington avait exclu Ankara de son programme F-35 suite à l’achat par la Turquie du système russe de défense aérienne S-400, craignant qu’il ne permette à Moscou d’espionner les capacités furtives de l’appareil.
Les deux alliés de l’OTAN semblent toutefois désireux d’aplanir ce différend, Washington conditionnant un tel retour au retrait du système russe par la Turquie.
« Le S-400 est un système que nous avons acquis pour répondre à nos besoins en matière de défense aérienne à cette époque. Nous avons informé nos homologues américains de notre intention de l’utiliser de manière autonome, sans l’intégrer aux systèmes de l’OTAN », a expliqué le ministre turc.
« Pour cette raison, nous considérons toujours cette option comme la solution la plus raisonnable. »