Le président Donald Trump a ordonné dimanche à la marine américaine de bloquer le passage stratégique du détroit d’Hormuz, exaspéré par le refus de l’Iran d’abandonner ses ambitions nucléaires, après l’échec des négociations de paix tenues au Pakistan.
Suite à cette annonce, les Gardiens de la Révolution iraniens ont averti qu’ils contrôlaient totalement le trafic dans cette voie maritime stratégique et qu’ils piégeraient tout ennemi tentant de la défier « dans un vortex mortel ».
Dans une longue déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, Donald Trump a précisé que son objectif final était de débarrasser le détroit des mines et de le rouvrir à toute navigation. En attendant, l’Iran ne devait pas pouvoir tirer profit de son contrôle sur cette route vitale.
« À effet immédiat, la marine américaine, la meilleure du monde, va commencer à bloquer tous les navires essayant d’entrer ou de sortir du détroit d’Hormuz », a-t-il déclaré. « Tout Iranien qui tirera sur nous ou sur des navires pacifiques sera réduit en cendres ! »
L’Iran impose lui-même des restrictions sur le trafic maritime dans le détroit — passage clé pour le transport mondial de pétrole, de gaz et d’engrais — tout en autorisant le transit de navires considérés comme amicaux, notamment chinois. Des rapports non confirmés évoquent même des projets de Pékin pour imposer des péages sur ce passage.
« C’EST DU CHANTAGE MONDIAL », a affirmé Trump. « J’ai aussi ordonné à notre marine d’intercepter tout navire en eaux internationales ayant payé un péage à l’Iran. Aucun navire ayant versé un péage illégal ne bénéficiera d’une navigation sûre en haute mer. Nous allons également commencer à détruire les mines posées par les Iraniens dans le détroit. »
Samedi, l’armée américaine avait indiqué que deux bâtiments de guerre avaient transité par le détroit pour commencer à éliminer les mines et garantir un passage sécurisé aux pétroliers, ce que Téhéran a démenti.
Dimanche, l’agence Fars a rapporté que deux pétroliers battant pavillon pakistanais, en route vers le détroit, avaient fait demi-tour.
La région, déjà sous tension, a été secouée par ces nouvelles, ravivant les craintes d’un retour aux combats après l’échec des discussions entre Washington et Téhéran.
« Je redoute la reprise des hostilités et des attaques », confie Imam, une mère de famille égyptienne installée à Abou Dhabi, capitale des Émirats arabes unis. « Je fais de mon mieux pour ne pas transmettre mon anxiété à mes enfants. »
Une menace qualifiée de chantage
Lors d’une interview accordée à Fox News, Donald Trump a de nouveau menacé les infrastructures énergétiques iraniennes, avertissant qu’il pourrait imposer un droit de douane de 50 % sur les importations chinoises si Pékin venait à soutenir l’armée iranienne.
« Je pourrais détruire l’Iran en une journée. Je pourrais anéantir entièrement leur infrastructure énergétique, toutes leurs centrales électriques, ce qui est un enjeu crucial », a-t-il déclaré.
Le nouvel ultimatum du président fait suite à l’échec des négociations visant à mettre fin à un conflit de six semaines, survenu après des frappes américaines et israéliennes contre Téhéran, ayant entraîné la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei.
Le refus iranien d’abandonner son programme nucléaire a frustré la délégation américaine conduite par le vice-président JD Vance, l’envoyé de la Maison-Blanche Steve Witkoff, et le gendre de Trump, Jared Kushner.
« Je l’ai toujours dit, dès le début, et depuis de nombreuses années : l’Iran n’aura jamais d’arme nucléaire ! », a insisté Trump.
« Le blocus commencera bientôt. D’autres pays participeront à ce blocus », a-t-il ajouté sans préciser lesquels.
Selon plusieurs experts, imposer un blocus dans ce couloir maritime crucial en plein cessez-le-feu de deux semaines, juste après les négociations à Islamabad, risquerait d’affaiblir la crédibilité internationale des États-Unis.
« Imposer un blocus sur le détroit d’Hormuz maintenant — même si cela est réalisable, ce qui reste incertain — est déconcertant et semble contre-productif », explique Shibley Telhami, professeur de paix et développement à l’Université du Maryland.
Après les pourparlers — la rencontre la plus élevée depuis la révolution islamique de 1979 — JD Vance a quitté le Pakistan en avertissant que Washington avait fait à Téhéran sa « dernière et meilleure offre » pour un accord, ajoutant : « Nous verrons si les Iraniens l’acceptent. »
Le président du parlement iranien et chef de la délégation négociatrice, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré avoir présenté des initiatives constructives, tout en déplorant que la délégation américaine n’ait pas su gagner la confiance de son pays.
Efforts de cessez-le-feu
La rupture des négociations ravive les inquiétudes quant à une possible reprise des combats, susceptible d’impacter à la hausse les prix mondiaux de l’énergie et d’endommager davantage les infrastructures pétrolières et gazières.
Le Pakistan, qui a accueilli les discussions, a appelé les deux pays à respecter la trêve temporaire.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a contacté le sultan d’Oman, Haitham bin Tariq, et tous deux ont souligné l’importance de la poursuite du cessez-le-feu et d’éviter toute escalade supplémentaire.
Un porte-parole de l’Union européenne a souligné que la diplomatie restait « essentielle » pour parvenir à la paix et a salué les efforts de médiation du Pakistan. Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine a appelé le président iranien Masoud Pezeshkian pour proposer son aide dans les démarches diplomatiques.
« Vladimir Poutine a exprimé sa disponibilité à faciliter la recherche d’une solution politique et diplomatique au conflit, ainsi qu’à médiatiser les efforts pour parvenir à une paix juste et durable au Moyen-Orient », indique un communiqué du Kremlin.
