Un des co-auteurs de la revue de défense de l’an dernier alerte sur la nécessité de prendre au sérieux les propos américains concernant les îles Malouines, soulignant l’importance d’un dialogue direct. Il décrit la position de Donald Trump comme un mélange de conviction authentique et de postures politiques liées à son alliance avec le président argentin Javier Milei.
Dr Fiona Hill, qui a participé à cette revue aux côtés de Lord Robertson de Port Ellen, a déclaré devant le Comité conjoint sur la stratégie de sécurité nationale que les commentaires relatifs aux Malouines étaient « un peu des deux » lorsqu’on l’interrogeait sur leur nature : substance réelle ou simple mise en scène.
« C’est typiquement Trump. L’affaire du Groenland fut un choc majeur, et il pensait vraiment ce qu’il a dit », a-t-elle expliqué, ajoutant que Trump souhaitait toujours que le Groenland fasse partie des États-Unis, tout en s’orientant vers l’Argentine en raison de son alliance politique étroite avec le président Milei.
« En gros, il affirme que, pour lui, l’ensemble des arrangements géopolitiques est remis en question », a-t-elle ajouté face aux députés.
Fiona Hill a insisté sur le fait que le Royaume-Uni ne devait pas laisser ces propos sans réponse : « Il faut engager un dialogue direct là-dessus. Sans doute d’abord en privé, mais nous devons absolument prendre cela au sérieux et ne pas laisser la question passer sans réaction ».
Le débat plus large a abordé la question de savoir si le soutien américain à l’Europe n’avait pas, en réalité, infantilisés les alliés européens en leur permettant d’éviter des choix difficiles en matière de défense pendant plusieurs décennies. Selon Fiona Hill, « du point de vue américain, la réponse est un oui catégorique ». Elle a ajouté que tant sous les administrations républicaines que démocrates, les États-Unis avaient souvent parlé « de manière assez méprisante, parfois en privé mais aussi publiquement, des Européens et de leurs alliés, les qualifiant parfois de masse indisciplinée ».
Lord Robertson a abondé dans ce sens, rappelant qu’un récent rapport d’un comité de la Chambre des Lords soulignait la même idée : les pays européens, en « s’appuyant sur les États-Unis pour leurs capacités clés, se sont en quelque sorte infantilises eux-mêmes » et doivent aujourd’hui prendre conscience que le soutien américain, longtemps donné pour acquis, pourrait ne pas être disponible pour tous les types de crises.