Le constructeur français Arquus a présenté un nouveau véhicule blindé 6×6 baptisé Fenris, équipé d’un canon de 105 mm. Ce véhicule, dévoilé lors du salon Eurosatory, répond à une exigence croissante de soutien de feu direct sur le champ de bataille moderne, une leçon tirée des récents conflits comme la guerre en Ukraine.
Développé en un peu plus d’un an, le Fenris affiche un poids de 26 tonnes (28,6 tonnes métriques). Il intègre une tourelle Cockerill 3105, conçue par le groupe belge John Cockerill, propriétaire d’Arquus, qui assure également la protection intégrée contre les drones. Le canon de 105 mm, déjà en service dans l’armée ukrainienne, offre une capacité de tir améliorée, avec un angle d’élévation allant jusqu’à 40 degrés, permettant d’étendre la portée de 2 km à environ 11 km.
Un véhicule conçu pour la mobilité et la discrétion
Thierry Renaudin, directeur général de John Cockerill Defense, a précisé qu’« aucun véhicule Arquus n’était compatible avec la tourelle de 105 mm », ce qui a conduit au lancement, en juillet 2025, du développement d’un modèle dédié à ce système d’armes. Frank Jansens, directeur général de Cockerill Weapon Systems, a insisté sur la capacité du Fenris à être transporté par voie aérienne, notamment par l’A400M, un atout majeur pour la rapidité d’engagement.
Ce véhicule permet de tirer en mouvement, avec une probabilité d’impact au premier coup estimée à 95 % à 2 000 mètres. Le canon est compatible avec l’ensemble des munitions standard de l’OTAN, assurant ainsi une grande flexibilité opérationnelle.
Joan Gibert, directrice de la stratégie produits et services chez Arquus, a rappelé que le Fenris s’inscrit comme le successeur naturel de l’AMX10 RC, véhicule blindé de reconnaissance français armé d’un canon de 105 mm, en service depuis plus de 40 ans. Elle souligne également la différence avec le Jaguar, destiné à remplacer l’AMX10 RC dans l’armée française, mais équipé uniquement d’un canon de 40 mm.
Un autre point fort du Fenris réside dans sa suspension active, qui permet au pilote d’ajuster la hauteur et l’inclinaison du véhicule par rapport au sol. Cette technologie apporte deux bénéfices : améliorer la mobilité en s’adaptant aux terrains accidentés et accroître la survie sur le champ de bataille en réduisant la silhouette du véhicule, facilitant ainsi la dissimulation lors des phases d’observation et de tir.
Emmanuel Levacher, directeur général d’Arquus, a souligné l’importance de la mobilité : « C’est non seulement un atout opérationnel essentiel, mais aussi une garantie majeure de survie face aux menaces contemporaines. C’est pourquoi nous avons développé un châssis 6×6 spécifique, équipé d’un moteur puissant et silencieux de 500 chevaux. »
Le Fenris doit encore passer certaines phases de tests, mais ses responsables ont indiqué qu’en cas d’urgence opérationnelle, la livraison d’un véhicule commandé pendant Eurosatory pourrait intervenir sous 12 mois. Dans les autres cas, le délai avoisine plutôt les 16 mois, selon Jean-Luc Maurange, directeur général du groupe John Cockerill.