Le Premier ministre canadien, Mark Carney, et la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, ont entamé des négociations en vue de l’achat par le Canada de l’avion d’entraînement M-346. Cette rencontre s’est tenue le 16 juin 2026 lors du sommet des dirigeants du G7 qui se tenait à Évian, en France.
Selon le communiqué officiel du gouvernement canadien, cet achat s’inscrit dans le renforcement des liens bilatéraux en matière de défense et de sécurité. « En tirant parti de l’expertise italienne dans les secteurs aérospatial et de défense, cet accord permettra à la Force aérienne royale canadienne (FARC) de s’entraîner sur des équipements de dernière génération et de développer une capacité d’entraînement propre », précise le document.
Cette avancée intervient moins d’un mois après la commande par l’École internationale des pilotes d’essais du Canada (ITPS Canada) du M-346T Block 20 comme nouveau jet d’entraînement. Dans le cadre de la modernisation de son programme d’entraînement, la FARC développe un programme intitulé « Entraînement initial pour futurs chasseurs » (FFLIT) destiné à remplacer la flotte des avions d’entraînement à réaction CT-155 Hawk.
Les CT-155 Hawk ont été retirés du service en mars 2024 après 24 années d’opérations, car « ils ne répondaient plus aux exigences d’entraînement pour les chasseurs de cinquième génération tels que le futur CF-35A de la FARC », selon le ministère de la Défense. En attendant la sélection d’un successeur, les pilotes canadiens ont poursuivi leur formation dans le cadre du programme Euro-OTAN de formation conjointe des pilotes de jet (ENJJPT) basé à la base aérienne de Sheppard, au Texas, ainsi qu’à l’École internationale d’entraînement au vol (IFTS) de l’Armée de l’air italienne à la base de Decimomannu, en Italie.

Les détails concernant la future acquisition du M-346 par la Force aérienne royale canadienne restent à préciser. Le Canada disposait initialement de 22 avions d’entraînement CT-155, sans que l’on sache encore si le remplacement sera un pour un.
Le programme FFLIT (Formation des équipages aériens du futur) vise à rassembler la FARC et la société CAE pour développer un cursus adapté, préparant les pilotes à la transition vers le CF-35A. Notons que CAE collabore également avec Leonardo et l’Armée de l’air italienne pour l’IFTS, qui utilise aussi le M-346 comme avion d’entraînement.
Bien que non confirmé, il est probable que la FARC opte pour la nouvelle version Block 20 du M-346. Ce choix favoriserait une synergie avec la flotte existante de M-346 d’ITPS Canada, qui soutient l’expansion de la formation des pilotes de chasse tactiques de l’OTAN et de ses alliés au Centre international de formation tactique (ITTC) de l’entreprise à North Bay, en Ontario.
Formation des équipages aériens du futur
La Force aérienne royale canadienne est en pleine transformation de son système de formation via le programme « Future Aircrew Training » (FAcT). Cette initiative vise à préparer pilotes et spécialistes aux environnements opérationnels de plus en plus exigeants, tout en intégrant de nouvelles flottes et capacités.

En 2024, le programme FAcT a attribué à SkyAlyne un contrat de 25 ans afin d’équiper la FARC avec des plateformes de formation dernier cri. Ce projet regroupera plusieurs systèmes existants en un seul dispositif intégré pour les pilotes, officiers des systèmes de combats aériens (ACSO) et opérateurs de capteurs électroniques embarqués (AES Ops).
L’objectif est de combiner vols réels, simulateurs avancés, cours en salle, soutien logistique et infrastructures rénovées sur plusieurs bases canadiennes. L’intégration de 71 appareils issus de cinq flottes différentes est prévue, incluant notamment les CT-102B Astra II, CT-157 Siskin II, CT-153 Juno, CT-145E Expeditor II et CT-142Q Citadel.
Outre les nouveaux aéronefs, la FARC modernise également la méthodologie pédagogique. Sa « Stratégie de modernisation de la formation » mise sur un apprentissage plus intégré et technologique, valorisant l’enseignement basé sur les données, une utilisation accrue de la simulation ainsi qu’un modèle « juste à temps », délivrant les savoir-faire au moment où ils sont nécessaires, plutôt qu’anticipativement, précise le ministère de la Défense.
Ce plan intègre aussi le recours à l’intelligence artificielle et à des outils d’apprentissage sophistiqués pour individualiser la formation, accroître son efficacité et alléger la charge des instructeurs. Une fois pleinement opérationnel, ce nouvel écosystème pédagogique offrira un programme flexible, évolutif et adapté aux exigences opérationnelles actuelles, garantissant une meilleure préparation des futurs équipages de la FARC aux missions aérospatiales et de combat.

M-346 Block 20
Leonardo a présenté lors du Salon aéronautique international de Farnborough 2024 un ensemble complet de mises à jour pour le M-346, marquant une importante évolution alors que cette flotte dépasse les 100 000 heures de vol et dix ans de service.
Les versions entraînement M-346 AJT (Advanced Jet Trainer) et chasse M-346 LFFA (Light Fighter Family of Aircraft) bénéficieront de ces améliorations, permettant un large éventail d’applications et ouvrant la voie à de futurs développements. Leonardo a désigné ces standards modernisés sous les appellations « M-346 T Block 20 » et « M-346 F Block 20 ».
La cabine du Block 20 sera entièrement renouvelée, avec notamment deux larges écrans (LAD) par poste, remplaçant les six écrans multifonctions (MFD) actuels, ainsi qu’un affichage tête haute (HUD) profil bas. Ces améliorations s’accompagneront d’un nouvel enregistreur numérique vidéo et données et d’un dispositif de visualisation monté sur casque (HMD) en réalité augmentée.
Le M-346 Block 20 profitera également d’un nouveau système de navigation, de gestion de l’armement et du vol, ainsi que d’un transpondeur IFF (Identification Ami ou Ennemi). Plus spécifiquement pour la version M-346 F, les améliorations critiques incluent un radar AESA (radar à antenne active) avec capacité de poursuite de cible, l’intégration de nouvelles armes air-air et air-sol, et un lien de données intégré pour les missiles.
Stefano D’Urso