La vaste zone d’entraînement de l’armée britannique au Canada s’apprête à devenir un terrain d’essai majeur pour les systèmes sans pilote, grâce à un nouvel investissement qui permettra une activité de drones sur une superficie de 2 700 kilomètres carrés de prairie, selon des informations relatives au plan d’investissement britannique.
Ce soutien figure dans le Plan d’Investissement de la Défense, qui promet « un investissement pour exploiter la taille, l’ampleur et la liberté de notre site au Canada pour les tests et évaluations et pour accélérer la mise en œuvre des capacités ». Le document précise que cela « permettra une activité de systèmes sans pilote sur une zone d’entraînement de 2 700 km² » à la British Army Training Unit Suffield, connue sous le nom de BATUS.
BATUS, située en Alberta, est depuis des décennies la plus grande base d’entraînement outre-mer de l’armée britannique. Son terrain ouvert a historiquement été utilisé pour des manœuvres blindées à grande échelle, impossibles à réaliser au Royaume-Uni. Ce plan donne désormais un nouveau rôle à ce site, venant compléter les autres sites d’essais de drones au Royaume-Uni et dans les Territoires d’outre-mer. Sa taille et la souplesse réglementaire offrent un espace pour le développement des systèmes sans pilote à une échelle inaccessible sur le territoire national.
Cette enveloppe s’inscrit dans ce que le ministère de la Défense décrit comme le plus important investissement jamais réalisé sur les drones, avec plus de 5 milliards de livres sterling alloués aux systèmes autonomes d’ici 2030. « Le conflit en Ukraine montre que nous devons repenser la nature de la guerre : des systèmes bon marché, nombreux et précis dominent désormais. La rapidité est décisive », indique le plan.
La coordination de cet effort revient au nouveau Centre des Systèmes Sans Pilote basé à Swindon, bénéficiaire de 310 millions de livres, qui comprend la toute récente installation DroneTEX. Ce centre est présenté comme l’autorité centrale de la Défense sur l’écosystème des systèmes sans pilote, définissant des normes communes, des architectures ouvertes, des cadres de données et des modèles d’assurance. Il joue également un rôle de premier plan dans la régulation de l’autonomie.
Parallèlement, une Taskforce britannique des Systèmes Sans Pilote rassemblera opérateurs, données et machines autour des problématiques opérationnelles urgentes. « L’Ukraine a illustré ce que peut être l’adaptation rapide sur le champ de bataille : rapide, létale et implacable. Nous devons maintenant transposer ces enseignements pour que les forces britanniques puissent s’y préparer », indique le document, précisant que cette taskforce travaillera avec l’industrie « pour déployer des capacités en semaines plutôt qu’en années ». Elle est « conçue pour penser différemment et prototyper une approche à suivre au Royaume-Uni et au sein de l’OTAN ».
À terme, ce plan pourrait déboucher sur un nouveau type d’équipe de combat capable d’opérer avec et contre des drones, en développant la doctrine et les compétences nécessaires pour ce nouveau type de champ de bataille.
L’extension des essais à Suffield s’inscrit dans un large programme de systèmes à tester et évaluer, notamment le Projet CORVUS de drones de surveillance remplaçant le Watchkeeper, le Projet NYX de drones armés autonomes, des véhicules terrestres sans pilote financés à hauteur de 150 millions de livres, des drones d’attaque à usage unique, ainsi que des effets aéroportés comme des essaims de drones pouvant être lancés depuis des appareils pilotés ou sans pilote. Par ailleurs, une plateforme en ligne dédiée aux tests et évaluations sera lancée en 2026, facilitant la recherche et la connexion des utilisateurs avec des installations et services adéquats issus des secteurs public et privé, ainsi que des partenaires internationaux, selon le plan.