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Le ministère de la Défense britannique attribue pour 3,16 millions de livres des contrats à trois entreprises pour développer des intercepteurs de drones à bas coût, faisant du Royaume-Uni le premier des cinq pays européens partenaires à lancer des commandes dans le cadre d’un programme commun visant à renforcer la défense aérienne.

Les contrats, octroyés à Frankenberg Technologies, Greenjets et Cambridge Aerospace, leur permettront de concevoir et tester leurs prototypes d’intercepteurs de défense aérienne à faible coût. Ces armes ont pour objectif d’offrir une solution plus abordable face à la prolifération de drones adverses produits en masse et en grande quantité, susceptibles de saturer les systèmes de défense classiques, qui sont généralement plus coûteux et plus longs à fabriquer. Le ministère rappelle qu’en mars 2026, la Russie a déployé en moyenne plus de 200 drones par jour contre l’Ukraine. Ce programme soutiendra également l’emploi dans des PME situées à Cambridge, Milton Keynes, Bristol et Stevenage, chacune de ces entreprises disposant d’une implantation au Royaume-Uni et s’engageant à renforcer les capacités industrielles locales.

Ce programme, baptisé Low-Cost Air Defence Effectors (Effets de défense aérienne à bas coût), est conduit par le National Armaments Director Group dans le cadre d’une coopération européenne plus vaste, nommée Low-Cost Effectors and Autonomous Platforms (LEAP). Cette initiative regroupe le Royaume-Uni, la Pologne, la France, l’Italie et l’Allemagne, afin de développer conjointement des systèmes de défense et des plateformes autonomes à faible coût.

Chaque nation organise un concours national qui sera suivi d’une phase multilatérale, visant à sélectionner des solutions pouvant être produites en grande quantité par l’ensemble des partenaires, ce qui exige une capacité industrielle robuste et des chaînes d’approvisionnement fiables. Notons que les trois lauréats sont des PME, avec Cambridge Aerospace récemment intégrée aux fournisseurs du ministère britannique de la Défense, illustrant ainsi l’intérêt de diversifier les candidats et d’ouvrir le marché à de nouveaux entrants.

Rupert Pearce, directeur national des armements, déclare : « Par l’attribution de ces contrats, Commercial X et le programme LCADE démontrent la puissance des capacités à faible coût que nous pouvons obtenir en ouvrant le secteur de la Défense à certaines entreprises britanniques parmi les plus agiles et innovantes. À travers le programme LEAP, nous unissons nos forces au-delà des frontières pour acquérir rapidement de nouveaux systèmes, soutenant ainsi le Royaume-Uni et nos alliés face à la menace croissante des drones en masse. »

Le PDG de Greenjets ajoute : « Nous sommes extrêmement fiers d’avoir remporté ce contrat dans le cadre de LCADE et de démontrer le rôle crucial que les entreprises britanniques innovantes peuvent jouer pour renforcer rapidement les capacités nationales de défense. Nous sommes impatients de collaborer avec le ministère de la Défense et nos partenaires lors des essais de démonstration prévus plus tard cette année. »

Les contrats ont été attribués par Commercial X, le groupe du National Armaments Director chargé d’accélérer les procédures d’acquisition et de réduire les barrières à l’entrée pour les petites entreprises. Ce même groupe a déjà permis la signature rapide de contrats pour les programmes gouvernementaux d’armes hypersoniques et à énergie dirigée, et a récemment conclu des accords d’un montant total pouvant atteindre 4 millions de livres avec 13 entreprises considérées comme les futures licornes britanniques.

Cette attribution concrétise les engagements du Defence Investment Plan, qui consacre plus de 750 millions de livres à la protection contre les drones à courte portée et réoriente les dépenses en munitions vers des armements pouvant être produits rapidement et en grande quantité. Elle intervient également en même temps que l’initiative Drone Edge de l’OTAN, à travers laquelle les alliés ont consacré plus de 40 milliards de dollars sur cinq ans pour renforcer les capacités anti-drones.

La problématique du coût par interception, au cœur de ce programme, a été clairement exposée cette semaine devant le Comité de la Défense par le général Sir Richard Barrons, auteur de la Revue stratégique de défense. Il a expliqué aux députés que les évolutions technologiques, notamment dans les domaines de l’énergie dirigée et des intercepteurs à bas coût, réduisent le coût par neutralisation, mais que la capacité d’interception, bien plus que la détection seule, reste le domaine de la défense aérienne britannique qui nécessite encore de nombreux progrès.