Les marchés boursiers asiatiques poursuivent leur dynamique positive, établissant de nouveaux records, tandis que l’inflation américaine s’avère plus faible que prévu. Par ailleurs, le président américain renonce à transformer sa marine en « pirates » demandant un droit de passage dans le détroit d’Hormuz, se tournant vers un chantage direct envers les Émirats. Enfin, la valorisation jugée excessive d’une startup européenne de défense suscite une alerte sur une possible bulle dans le secteur.
À Stockholm, la Bourse a hésité hier, avec l’indice des grandes capitalisations OMXS30 en repli de 0,14 %, tandis que l’indice large OMXSPI a légèrement progressé de 0,06 %. La couronne suédoise s’est renforcée à 11,03 SEK pour un euro et 9,64 SEK pour un dollar, alors que le cours de l’or atteint 1 249 SEK le gramme au moment de la rédaction.
En Europe, les marchés ont affiché de légères hausses : le CAC 40 gagne 0,03 %, le DAX 0,13 %, le FTSE 100 0,30 % et l’Euronext 100 0,24 %.
Aux États-Unis, la progression fut plus marquée : le S&P 500 avance de 0,38 % et le Nasdaq 100 de 1,10 %. Parmi les titres les plus dépréciés, SpaceX recule de 2,20 %, évoluant désormais en dessous de son prix d’introduction en bourse, une sortie contestée après avoir fait participer des investisseurs particuliers et des fonds de pension. À l’opposé, Nvidia affiche une hausse de 4,06 %. Malgré des revenus solides, la rentabilité de ce géant de l’informatique repose en partie sur de nouvelles émissions d’actions chez des entreprises déficitaires, tandis que les grands acteurs du numérique, tels que Google, Facebook et Microsoft, investissent massivement dans des centres de données d’intelligence artificielle, dont l’obsolescence est rapide.
Dans les zones horaires asiatiques, la tendance est également en hausse généralisée : l’ASX 200 progresse de 0,26 %, le Hang Seng de 1,30 %, le KOSPI affiche une progression notable de 6,00 %, le Nikkei 225 gagne 1,06 % et le Straits Times établit un nouveau record à +0,64 %.
Ce regain d’optimisme s’explique notamment par une inflation américaine annuelle mesurée à 3,5 %, inférieure aux 3,8 % anticipés. Cette donnée exerce une pression à la baisse sur les taux d’intérêt, réduisant ainsi le coût du financement des entreprises et la rémunération exigée par les investisseurs. En résumé : inflation plus faible conduit à des taux plus bas, ce qui soutient la hausse des marchés actions.
Sur le plan géopolitique, le président américain fait volte-face et renonce à imposer un droit de péage à la marine américaine sur les eaux internationales du détroit d’Hormuz. Cette décision était perçue comme un braquage de type mafieux des États du Golfe, à qui il est désormais demandé des investissements directs aux États-Unis plutôt que des prélèvements sur le trafic maritime. Cette situation a permis un léger apaisement des cours du pétrole.
Il semble toutefois probable que les États du Golfe utilisent cette promesse d’investissements pour temporiser, notamment jusqu’aux élections intermédiaires américaines, dans l’espoir d’un basculement politique au Congrès. En effet, les engagements pris sont connus pour être soumis à de longues phases de due diligence et de relance, avec un risque élevé de reports répétés.
Par ailleurs, la presse économique internationale souligne une possible bulle dans le secteur des startups de défense. Le Financial Times relève que la valorisation de la société allemande Helsings, spécialisée dans les drones et fondée par le créateur de Spotify Daniel Ek, atteint 18 milliards de dollars, soit 32 fois son chiffre d’affaires, un niveau comparable à celui de SpaceX, considéré comme la société la plus surévaluée de l’histoire en dollars avec 44 fois son chiffre d’affaires.
Cette valorisation intervient alors même que les drones de Helsings ont été rejetés par l’Ukraine en raison de problèmes techniques et d’une vulnérabilité au brouillage électronique russe, bien que l’entreprise démente ces informations. Ce refus ne semble cependant pas avoir empêché l’armée allemande de passer commande, mais les preuves concrètes d’utilisation effective au combat sont rares, notamment sur les réseaux ukrainiens, généralement prolixes à diffuser leurs succès militaires.
Une autre entreprise allemande, Quantum, spécialisée également dans les drones IA, bénéficie d’une valorisation élevée quoique moindre, à 8,5 fois le chiffre d’affaires.
Un analyste compare la situation de ces sociétés aux excès de la bulle Internet, jugeant que la valorisation d’une entreprise devrait raisonnablement se situer entre 1 et 2 fois son chiffre d’affaires. Pour l’analogie, c’est comme si un particulier obtenait un prêt immobilier équivalant à 32 fois son salaire brut, ce qui est financièrement insoutenable.
Enfin, les analystes recommandent de rester prudents sur les actions et fonds liés à la défense avant un éclatement éventuel de cette bulle liée à l’intelligence artificielle. Le contexte géopolitique et économique reste incertain, notamment en raison des tensions entre Washington et Téhéran, qui freinent une reprise accélérée. Malgré cela, l’attention mondiale se déplace progressivement vers l’Asie, tandis que les décisions et orientations de l’administration américaine actuelle peuvent durablement affecter sa crédibilité et son influence.