La campagne ukrainienne contre la navigation russe en mer Noire se poursuit avec onze navires frappés hier et douze autres la nuit dernière, alors que les pétroliers commencent à se faire rares. Dans le même temps, un bombardement terroriste à Odessa a fait deux morts et au moins dix blessés, alors que la haute saison touristique démarre.
Situation générale
Alors que la Russie multiplie les attaques terrestres modestes mais nombreuses, elle échange de lourdes pertes contre un maigre gain territorial, les opérations majeures étant entravées par la guerre des drones. L’Ukraine a mis en place plusieurs lignes défensives profondes et lourdes, compliquant considérablement les avancées russes. Malgré cela, la Russie continue sa campagne quotidienne de bombardements terroristes contre les civils ukrainiens, avec une pénurie notable de missiles sol-air ukrainiens pour contrer les roquettes balistiques. De lourdes frappes russes ravagent notamment Kiev à intervalles réguliers, entre cinq et quatorze jours.
Les forces russes lancent également des attaques avec des bombes planantes lourdes sur la ligne de front et les zones proches, touchant des villes comme Kramatorsk, Kharkiv, Soumy ou Zaporojié. Ces deux dernières métropoles subissent aussi des attaques par drones FPV (First-Person View). La Russie cible aussi systématiquement les stations-service, que ce soit à proximité du front ou en profondeur, comme récemment à Jytomyr, dans l’ouest de l’Ukraine.
De son côté, l’Ukraine mène une campagne méthodique de frappes contre l’industrie pétrolière et militaire russe, ainsi que sur les axes logistiques, coupant pratiquement la presqu’île de Crimée occupée du reste du territoire russe. La pénurie de carburant s’étend désormais à toute la Russie, impactant aussi les forces armées russes.
Dans sa campagne de 40 jours visant à mettre la pression sur l’économie de la Fédération de Russie, l’Ukraine cible actuellement la navigation côtière en mer d’Azov et en mer Noire, ainsi que les routes terrestres menant à la Crimée. Des contre-offensives sont lancées lorsque l’occasion se présente, mais les progrès demeurent difficiles face aux lignes défensives russes et au défi constant posé par la guerre des drones. Les autorités ukrainiennes communiquent rarement en temps réel sur leurs contre-attaques, préférant attendre qu’elles soient achevées, ce qui rend difficile l’évaluation précise de la situation sur le front à un instant donné.
Sur le plan russe, le recrutement pour compenser les pertes humaines devient problématique. Des rumeurs évoquent une mobilisation à venir à l’automne, tandis que le Kremlin a récemment intégré ouvertement le terme « guerre » dans son vocabulaire. Toutefois, une telle mobilisation pourrait davantage provoquer exil massif, pénurie de main-d’œuvre et désaffection envers le régime de Vladimir Poutine qu’accroître effectivement les effectifs militaires. Les conséquences pourraient aussi affecter certaines structures encore fonctionnelles de la dictature russe, même si des certifications administratives (rubans) pourraient temporairement exonérer certains soldats de cette mobilisation.
Attaques en mer Noire : 23 navires russes atteints en moins de 24 heures
Selon les forces en charge des systèmes sans pilote, l’Ukraine aurait frappé onze bâtiments hier et douze autre pendant la nuit en mer Noire et en mer d’Azov. Aucun de ces navires n’a été coulé, mais les frappes visent principalement les moteurs, gouvernails ou superstructures, parmi lesquelles la passerelle. Dans le cas des pétroliers à vide atteints, l’objectif porte aussi sur les équipements de pompage et de chargement, neutralisant ainsi les navires pour une longue période.
Les navires transportant du gaz risquent un incendie immédiat ou une fuite contrôlée, ce qui limite les risques écologiques en mer Noire contrairement aux attaques visant des pétroliers chargés. On remarque d’ailleurs que les pétroliers ciblés récemment étaient à vide, ce qui suggère que les navires en charge sont soit plus rares, soit évitent de s’approcher.
| Date | Nombre de navires touchés |
| 06/07/2026 | 2 |
| 07/07/2026 | 12 |
| 08/07/2026 | 7 |
| 09/07/2026 | 15 |
| 10/07/2026 | 13 |
| 11/07/2026 | 28 |
| 12/07/2026 | 14 |
| 13/07/2026 | 11 |
| 14/07/2026 | 11 |
| 15/07/2026 | 20 |
| 16/07/2026 | 11 |
La vidéo et la carte des douze navires frappés lors de la dernière attaque nocturne montrent qu’il s’agit de neuf cargos, un pétrolier, un navire transporteur de gaz naturel liquéfié (GNL) ou autre gaz, ainsi qu’un remorqueur. Cela confirme la raréfaction actuelle des pétroliers dans la zone. Comme précisé, le pétrolier touché était vide, suggérant qu’Ukraine cible principalement les navires inoccupés ou à vide.
Attaque terroriste à Odessa et frappes à Mykolaïv
La ville d’Odessa a subi un bombardement terroriste russe qui a causé la mort de deux personnes et blessé au moins dix civils, alors que la saison touristique bat son plein.
Par ailleurs, le port de Mykolaïv a également été touché par des frappes, faisant deux morts ukrainiens à bord d’un navire battant pavillon étranger.
Événements récents et actions en cours
Le 14 juillet, une raffinerie de Bachkirie en Russie a été lourdement frappée, avec des images satellites montrant la destruction complète des installations de distillation. Cela supprime près de 10 millions de tonnes de capacité annuelle de raffinage de pétrole.
Aux États-Unis, le sénat a présenté un nouveau projet de sanctions à large majorité bipartite, visant notamment à imposer des sanctions commerciales à tous les pays achetant du pétrole et du gaz russes. Ce texte, inspiré du sénateur Lindsey Graham, récemment décédé, inclut notamment l’Union européenne et les membres de l’OTAN. Le projet reste toutefois à valider par un vote final.
En Hongrie, une enquête a été ouverte concernant l’ancien ministre des Affaires étrangères Peter Szijjártó, suspecté de liens peu clairs avec la Russie.
Détruction d’un bombardier stratégique russe Tu-95
Les services de sécurité ukrainiens ont revendiqué la destruction, lors d’une récente frappe sur la base aérienne d’Engels-2 près de Saratov, d’un bombardier stratégique de type Tu-95 « Bear ». Ce type d’appareil, comparable au B-52 américain bien qu’exclusivement équipé de missiles de croisière, joue un rôle crucial dans la capacité nucléaire et conventionnelle russe.
Cette opération démontre la capacité ukrainienne à effectuer des frappes précises à longue portée, coordonnant le tir de drones armés pour coïncider avec la présence des bombardiers au sol.
Visibilité des navires en mer Noire
Un débat a émergé sur la manière dont les forces ukrainiennes localisent les navires en mer Noire alors que les transpondeurs AIS sont désactivés et qu’il n’existe pas de radar côtier ukrainien dans cette zone. La réponse réside dans la reconnaissance aérienne, notamment par drones et drones d’attaque équipés de caméras optiques et infrarouges. La visibilité naturelle à longue distance permet également l’identification optique des navires. Par exemple, depuis un avion à plusieurs milliers de mètres d’altitude, on peut facilement repérer des navires à 30-40 kilomètres de distance, et les drones ukrainiens disposent de moyens sensoriels très avancés permettant de détecter les cibles, même de nuit ou en conditions peu favorables.
Contexte politique international
En Pologne, un jeune réfugié ukrainien de 18 ans a été inculpé pour tentative de sabotage au profit des services russes, avec l’objectif d’attiser les tensions entre Varsovie et Kiev. La sécurité polonaise a souligné que cette affaire illustre les méthodes des services secrets russes visant à semer la discorde entre les peuples polonais et ukrainien par des opérations hybrides.
Aux États-Unis, le discours télévisé de l’ancien président Donald Trump a évité toute mention explicite de la guerre en Ukraine, concentre sa rhétorique sur l’ingérence chinoise dans les élections américaines et évoque la Russie de manière indirecte. Cette posture illustre un certain désintérêt ou une volonté de minimiser le conflit européen majeur en cours.
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