Article de 1196 mots ⏱️ 6 min de lecture

Les marchés asiatiques ouvrent en ordre dispersé ce lundi, tandis que le prix du gaz fossile européen remonte à des niveaux élevés. Le baril de Brent dépasse les 90 dollars, alimenté par les tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran concernant le contrôle des eaux territoriales en mer d’Oman. Par ailleurs, la banque Nordea alerte sur un possible phénomène de bulle financière liée à l’intelligence artificielle, et le groupe Wallenberg investit dans Verkan, une entreprise lancée pour construire une nouvelle usine de poudre à canon en Suède.

La Bourse de Stockholm a clôturé la semaine dernière en baisse, avec un recul de 0,97 % pour l’indice des grandes valeurs OMXS30 et une stagnation quasi totale (-0,11 %) pour le large OMXSPI. Sans la chute enregistrée vendredi, le marché aurait pu afficher une performance positive. La couronne suédoise s’affaiblit légèrement, à 11,04 SEK pour 1 euro et 9,65 SEK pour 1 dollar, ce qui influe sur une ouverture de semaine morose.

Sur les principales places européennes, le CAC 40 est resté inchangé sur la semaine, tandis que le DAX allemand a reculé de 0,94 %. Le FTSE 100 britannique a progressé de 0,98 %, et l’Euronext 100 a enregistré une légère baisse de 0,13 %.

Aux États-Unis, le S&P 500 a perdu 1,55 %, et le Nasdaq 100 a connu une chute marquée de 4,13 %. Parmi les valeurs technologiques dites « FANANGST », SpaceX a subi la pire performance, dégringolant de 14,67 % et établissant un nouveau plus bas historique. Apple a réalisé la meilleure progression (+5,84 %), en raison de perspectives favorables autour d’une intégration plus poussée de l’intelligence artificielle dans son assistant vocal Siri. Seul Amazon a également vu son cours grimper (+0,77 %), tandis que Tesla a reculé de 6,60 %.

Ce lundi matin dans la zone asiatique, le tableau est contrasté : l’ASX 200 australien est stable (+0,01 %), le Hang Seng de Hong Kong gagne 1,81 %, mais le KOSPI sud-coréen chute de 3,92 %, le Nikkei 225 japonais de 4,03 %, et le Straits Times de Singapour perd 0,21 %.

Les tensions géopolitiques pèsent sur les marchés, avec le conflit opposant les gouvernements américain et iranien autour de la souveraineté sur les eaux territoriales de l’Oman et de l’Iran. Malgré plusieurs attaques iraniennes sur des bases américaines dans le Golfe Persique, notamment contre un avion de transport lourd C-17 et un avion de reconnaissance maritime P-8 Poseidon (évalué à près d’un milliard de couronnes suédoises), Washington refuse de céder. L’Iran a aussi démontré sa capacité en faisant exploser deux tankers. Ces incidents maintiennent le Brent au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin, et le prix du gaz fossile européen retrouve presque ses niveaux de mars dernier.

Sur le plan national, cette hausse soulève la question d’une possible baisse de la taxe sur l’électricité par le gouvernement suédois, afin d’aider notamment les utilisateurs de véhicules électriques. Toutefois, cette mesure pourrait être perçue comme un favoritisme en faveur des électeurs du parti Démocrates de Suède (SD), notoirement sceptique quant à la transition écologique et à l’usage accru des véhicules électriques. La gravité de la crise énergétique actuelle semble donc divisée selon les orientations politiques. Dans ce contexte, les propriétaires de maisons peuvent au moins compter sur la production d’électricité solaire domestique pour compenser, en attendant peut-être une extension des infrastructures énergétiques.

Nordea met en garde contre une bulle sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle

La banque nordique Nordea a récemment alerté sur les risques d’une bulle financière similaire à celle observée lors de la bulle internet à la fin des années 1990. Le directeur des investissements de Nordea Asset Management, qui supervise un portefeuille de 325 milliards d’euros, souligne que si la technologie IA s’impose durablement, la valorisation actuelle des entreprises est largement surévaluée par rapport aux profits réels.

« Je crois aussi que beaucoup d’entreprises sont trop chèrement valorisées, avec des bénéfices qui dépassent considérablement les standards habituels. Si les investissements ralentissent, la croissance des profits en sera affectée. Le cours de ces actions pourrait alors baisser, surtout qu’une grande partie de la capitalisation boursière est concentrée dans un nombre restreint de sociétés »

La comparaison avec la bulle technologique autour du 3G et du commerce électronique est claire : les technologies ont bien évolué rapidement, mais leur intégration à grande échelle prend du temps, et la rentabilité est toujours soumise à la concurrence sur un marché mature. Par exemple, les marges initialement anticipées pour le commerce en ligne se sont avérées plus faibles que prévu en raison d’une forte pression concurrentielle qui a tiré les prix vers le bas.

Wallenberg investit dans une nouvelle usine de poudre à canon en Suède

Le groupe d’investissement Wallenberg parie sur la société Verkan, qui prévoit d’implanter une nouvelle usine de poudre à canon à Björneborg, au sud de Kristinehamn. Selon les informations publiées dans la presse économique suédoise, la demande d’autorisation concerne une production annuelle équivalente à une charge tactique nucléaire modérée d’environ un kilotonne, rappelant la puissance destructrice de l’explosion de Beyrouth.

Le site industriel prévoit environ 70 transports routiers par semaine et nécessitera une capacité énergétique équivalente à un petit réacteur modulaire (SMR) de 300 MW ou à une cinquantaine d’éoliennes de grande taille. Björneborg bénéficie de nombreux atouts logistiques et industriels : proximité de Karlskoga, accès routier et ferroviaire, présence d’un réseau électrique haute tension, ainsi que la concentration d’industries lourdes locales comme Bäckhammars Bruk et Björneborg Steel. La proximité des villes de Kristinehamn, Karlskoga, Gullspång, Karlstad et Örebro facilite le recrutement régional. Cette implantation coïncide également avec l’établissement d’un nouveau régiment d’artillerie à Kristinehamn, renforçant le cluster de la défense dans la région.

Cette initiative représente une bonne nouvelle pour Björneborg, Kristinehamn, la Suède, ainsi qu’une indication positive pour l’appartenance au bloc Atlantique, mais une contrariété pour la Russie.

« La poudre à canon n’est sans doute pas aussi attrayante que les systèmes d’armes avancés, mais il n’y a pas d’effet sans la poudre qui propulse les munitions », déclare le directeur général de Verkan.

Au-delà de ce projet, on peut imaginer des entreprises de défense suédoises aux noms audacieux : des sociétés de drones d’attaque nommées Seger (Victoire) ou Sanktioner (Sanctions), un fabricant de drones FPV appelé Storbonk, une firme de munitions petites calibres baptisée Håll käften därborta (Tais-toi là-bas) ou encore une entreprise d’équipements individuels dénommée Förtjänst (Mérite).

*des personnes peu sûres de leur virilité, qui compensent en dissimulant leur malaise derrière la fumée d’échappement
**Nordea, étant une entreprise finlandaise, conserve le titre traditionnel de « directeur » à l’ancienne, à la manière des années 1960