Un homme de Luton a été condamné après la découverte de documents extrémistes sur ses appareils numériques, incluant des guides détaillés sur la fabrication d’explosifs, a annoncé la police antiterroriste.
Abdullah bin Yassir, 23 ans, a été condamné à deux ans et demi de prison lors d’une audience à la Central Criminal Court le vendredi 3 juillet. Les enquêteurs ont découvert en sa possession plusieurs documents contenant des instructions précises pour la confection d’explosifs, ainsi que d’autres contenus liés au terrorisme islamiste.
Yassir a été arrêté en juillet 2025 dans le cadre d’une enquête dirigée par l’Eastern Region Special Operations Unit (ERSOU). Une perquisition à son domicile, dans Elmwood Crescent à Luton, a permis la saisie de plusieurs appareils numériques. L’analyse judiciaire d’un téléphone a révélé des documents détaillant les méthodes de préparation des substances explosives, incluant des informations sur les ingrédients, les mesures de sécurité et les techniques pour échapper à la détection.
Selon la police antiterroriste, d’autres preuves extraites d’autres appareils démontraient une idéologie extrémiste, parmi lesquelles une vidéo expliquant différentes méthodes pour mener des attaques, avec l’usage de véhicules, armes blanches et armes à feu. L’enquête a également récupéré des messages dans lesquels Yassir exprimait son soutien à la violence et justifiait des actes terroristes antérieurs.
Il a été inculpé de trois chefs d’accusation pour collecte d’informations susceptibles d’être utiles à la préparation ou la commission d’actes terroristes, pour la période allant du 1er janvier au 7 juin 2025, conformément à l’article 58 du Terrorism Act 2000.
Lors du prononcé de la peine, le juge Anthony Leonard a déclaré à Yassir : « Vous aviez plus qu’un simple intérêt passager pour l’extrémisme islamiste. Il n’est pas possible de considérer votre infraction comme un acte isolé en raison du contenu trouvé sur vos appareils électroniques. L’infraction est si grave qu’elle justifie une peine privative de liberté. »
L’assistante chef de police Hannah Wilkinson a souligné dans un communiqué : « Cette affaire illustre le risque sérieux que représentent les individus qui recherchent activement et conservent du matériel extrémiste en ligne. Au cours de cette enquête, les officiers ont identifié des contenus allant au-delà de l’idéologie, incluant des instructions détaillées et pratiques susceptibles d’être utilisées pour commettre des actes de grande gravité. »
Elle a ajouté : « Les équipes de la police antiterroriste ERSOU travaillent en étroite collaboration avec leurs partenaires régionaux et nationaux pour identifier, enquêter et empêcher ce type d’activité dès les premiers stades. Nous encourageons la population à rester vigilante et à signaler toute inquiétude, car les informations provenant des communautés jouent un rôle essentiel dans la sécurité de notre région. »
L’Eastern Region Special Operations Unit est l’unité de police antiterroriste couvrant les comtés de Bedfordshire, Cambridgeshire, Essex, Hertfordshire, Norfolk et Suffolk. Elle collabore avec les forces régionales et le réseau national de lutte contre le terrorisme. Les infractions relevant de l’article 58, qui concernent la collecte ou la possession d’informations susceptibles d’être utiles à la préparation d’actes terroristes, représentent une part croissante des poursuites antiterroristes ces dernières années, en lien avec la multiplication des contenus pédagogiques en ligne.