La Corée du Sud a annoncé avoir abandonné sa politique axée prioritairement sur la pression exercée sur la Corée du Nord pour démanteler son arsenal nucléaire, a déclaré un ministre jeudi. Cette évolution marque une nouvelle démarche d’ouverture de la part du gouvernement sud-coréen, plus enclin au dialogue.
Depuis son arrivée au pouvoir en juin 2025, le président Lee Jae Myung a renversé la politique de son prédécesseur, plus strict, en proposant à Pyongyang, doté de l’arme nucléaire, des discussions sans conditions préalables.
La direction hermétique de la Corée du Nord n’a pour l’instant pas répondu à ces offres répétées.
Lors d’une rencontre avec des journalistes locaux jeudi, le ministre de la Réunification, Chung Dong-young, a expliqué que la Corée du Sud modifiait ses priorités, abandonnant la dénucléarisation immédiate pour se concentrer sur la lutte contre l’expansion des capacités nucléaires nord-coréennes.
« Le gouvernement a en fait abandonné l’approche « dénucléarisation d’abord » de l’administration précédente et sa demande insistante de démantèlement préalable du programme nucléaire nord-coréen », a-t-il déclaré, selon une transcription de la réunion consultée par l’AFP.
Le ministre a précisé que l’objectif à long terme demeurait la dénucléarisation, mais que l’administration donnerait désormais la priorité à l’arrêt des nouvelles avancées du régime de Pyongyang.
« La priorité immédiate est de l’arrêter », a-t-il insisté. « Chaque heure qui passe, la Corée du Nord continue d’étendre et de faire progresser son programme nucléaire. »
Pyongyang fait l’objet de sanctions internationales en raison de son programme nucléaire et serait en possession de plusieurs dizaines d’ogives.
Depuis 1991, la Corée du Sud n’héberge plus d’armes nucléaires, les États-Unis ayant retiré leurs stocks sur son sol cette année-là.
La Corée du Nord s’est à plusieurs reprises proclamée « État nucléaire irréversible » depuis l’échec du sommet de 2019 entre le dirigeant Kim Jong Un et le président américain de l’époque, Donald Trump, notamment sur les modalités de la dénucléarisation et l’allègement des sanctions.
Début juin, Pyongyang a réaffirmé sa volonté de renforcer ses forces nucléaires « tant en quantité qu’en qualité ».
Le président sud-coréen avait auparavant estimé qu’un gel du programme nucléaire nord-coréen, par la suspension de la production et l’interdiction d’importation de matériaux nucléaires, constituerait déjà « un progrès ».
Les deux Corées sont toujours techniquement en état de guerre, leur conflit de 1950-1953 s’étant terminé par un armistice et non par un traité de paix.