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Les États-Unis ont renforcé leurs sanctions contre le gouvernement soudanais soutenu par l’armée après avoir accusé les forces armées soudanaises d’avoir utilisé des armes chimiques dans le cadre de la guerre civile en cours dans le pays.

Cette décision fait suite à une détermination américaine selon laquelle le Soudan a violé la Convention sur les armes chimiques en ayant utilisé ces substances en 2024.

Ce constat, publié en avril de l’année précédente, avait déclenché une première série de sanctions en vertu de la loi américaine, accordant à Khartoum un délai de trois mois pour satisfaire à certaines conditions afin d’éviter des mesures supplémentaires.

Après l’échec de ces démarches, Washington a adopté un deuxième paquet de sanctions renforçant les contrôles à l’exportation. Dorénavant, la majorité des exportations de biens et technologies américains vers le Soudan sont bloquées, à l’exception de dérogations limitées pour l’aide humanitaire, la sécurité de l’aviation civile, le chiffrement et quelques autres catégories spécifiques.

Le gouvernement soudanais a nié ces allégations, qualifiant les sanctions de motivations politiques fondées sur une « falsification des faits ».

Enfants se rendant aux toilettes dans un camp de réfugiés à Port Soudan, est du Soudan, le 3 mai 2025.
Enfants se rendant aux toilettes dans un camp de réfugiés à Port Soudan, est du Soudan, le 3 mai 2025.

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre civile opposant les Forces armées soudanaises (FAS), dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (RSF), une milice paramilitaire commandée par le général Mohamed Hamdan Dagalo.

Selon les Nations Unies, 33,7 millions de personnes à travers le Soudan ont besoin d’une aide humanitaire, tandis que près de 20 millions font face à une insécurité alimentaire aiguë, de nombreuses régions étant menacées par la famine.

Plus de 8,9 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays depuis le début du conflit, et plus de 150 000 décès ont été rapportés.

Les deux camps ont été accusés de graves violations du droit international humanitaire et d’abus contre les populations civiles.

Outre les accusations d’utilisation d’armes chimiques, l’armée soudanaise est également accusée de bombardements indiscriminés, tandis que les RSF font face à des accusations de meurtres à motivation ethnique, de violences sexuelles généralisées et d’exécutions extrajudiciaires.

Les États-Unis ont déjà sanctionné les deux chefs militaires, al-Burhan et Dagalo, pour des crimes de guerre présumés.

Malgré la reprise du contrôle de Khartoum, ainsi que du nord et de l’est du pays par les forces gouvernementales, les RSF dominent encore la majeure partie de la région du Darfour.

Les multiples tentatives de médiation internationales ont échoué à instaurer un cessez-le-feu durable, les deux parties maintenant des conditions incompatibles pour une reprise des négociations.