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L’Irak s’affirme une nouvelle fois comme un théâtre majeur du conflit persistant entre l’Iran et les États-Unis. Mardi, des frappes aériennes conjointes menées par les forces américaines et saoudiennes ont visé des groupes soutenus par l’Iran, accusés d’avoir orchestré des attaques récentes de drones contre les forces américaines et les infrastructures énergétiques saoudiennes.

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a qualifié les groupes ciblés de « terroristes », précisant qu’ils opéraient sous la directive du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI) et étaient responsables de plus de 30 attaques ces dernières 72 heures.

Selon un communiqué de CENTCOM, « Les attaques non justifiées contre les forces américaines n’ont pas abouti. »

Les frappes de mardi ont touché plusieurs sites logistiques et d’armement terroristes dans l’est de l’Irak, sans que les groupes spécifiques visés ne soient nommés par le commandement.

Plus tôt cette année, durant l’opération américaine dite « Epic Fury » contre l’Iran, les combats se sont étendus en Irak. CENTCOM a indiqué que plus de 600 attaques avaient été tentées entre février et avril 2026 contre des citoyens et installations américaines par des milices terroristes alignées avec l’Iran.

En mars, le général de l’armée de l’air Dan Caine, président des chefs d’état-major conjoints, a déclaré aux médias que des hélicoptères AH-64 Apache attaquaient des groupes proxy iraniens en Irak pour neutraliser toute menace pesant sur les forces ou intérêts américains dans la région.

Ces frappes interviennent alors que le retrait des troupes américaines d’Irak est prévu pour septembre, un engagement confirmé plus tôt ce mois-ci par les dirigeants des deux pays.

AH-64 Apache en Irak
Un hélicoptère AH-64 Apache effectue des passes au sol avant un vol d’essai le 20 avril 2025 à la base aérienne d’Al Asad, en Irak. Photo Armée de terre, Sgt. Brad C. Stepien.

Depuis plus de deux décennies, les forces américaines combattent des milices soutenues par l’Iran en Irak. Après l’invasion ayant renversé Saddam Hussein, Téhéran a fourni des armes à des milices chiites et autres groupes responsables de la mort de plus de 600 militaires américains entre 2003 et 2011, selon le Pentagone.

Les affrontements avec ces groupes se sont intensifiés notamment dans la lutte contre l’État islamique à partir de 2014. En 2020, une frappe américaine à Bagdad a tué le général iranien Qasem Soleimani, chef de la Force Qods du CGRI, ainsi qu’Abu Mahdi al-Muhandis, commandant de Kata’ib Hezbollah, un des principaux relais iraniens en Irak.

Suite à l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 lancée par Hamas contre Israël, une coalition de groupes iraniens a intensifié ses attaques contre les soldats américains au Moyen-Orient. Cette organisation, nommée la Résistance islamique en Irak, a revendiqué une attaque de drone en janvier 2024 en Jordanie qui a causé la mort de trois soldats américains.

Le commandant de la campagne militaire américaine contre l’État islamique avait expliqué en 2024 que l’Iran exerçait « un contrôle important » sur les milices s’en prenant aux troupes américaines.

L’une des difficultés américaines réside dans le fait que plusieurs de ces groupes sont regroupés au sein des Forces de mobilisation populaire (FMP), un ensemble de milices chiites officiellement sous contrôle irakien, mais dont beaucoup ont des liens directs avec la Force Qods iranienne. L’administration Trump avait fortement pressé Bagdad de désarmer ces groupes paramilitaires.

Les frappes de mardi font suite à la rupture récente du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, intervenue plus tôt ce mois-ci. Quatre soldats américains ont été tués depuis, dont un lors d’une détonation contrôlée d’un drone iranien abattu à Erbil, en Irak.

Selon le New York Times, Donald Trump a récemment décidé de suspendre une escalade majeure contre l’Iran, notamment en raison d’un épuisement des stocks de missiles de défense aérienne dans l’armée américaine. Une étude récente du Center for Strategic and International Studies de Washington évalue la sévère réduction des inventaires d’intercepteurs Patriot et THAAD.