Lors d’une démonstration organisée aux Pays-Bas, des chercheurs soutenus par l’OTAN ont présenté des systèmes autonomes aériens et terrestres conçus pour des missions de recherche et sauvetage ainsi que pour la détection de munitions non explosées, opérant pour certains sans recourir au positionnement par satellite.
Le 16 juillet, ces démonstrations se sont déroulées à Unmanned Valley dans le cadre du programme Science for Peace and Security de l’OTAN. Elles ont rassemblé chercheurs, représentants nationaux et spécialistes de l’Alliance travaillant sur les technologies sans pilote et autonomes.
Les équipes ont présenté des systèmes aériens et terrestres destinés à des applications concrètes en matière de sécurité, telles que les missions de sauvetage et les opérations de déminage. Parmi ces projets figure MINESEYE, dédié à l’« Identification et classification des munitions non explosées pour l’Ukraine ». Ce programme explore comment les systèmes autonomes pourraient aider à identifier et cataloguer les munitions non explosées, une problématique cruciale dans les zones touchées par des conflits prolongés.
Ces démonstrations ont lancé un atelier de deux jours consacré aux systèmes sans pilote et autonomes, où les chercheurs ont comparé les résultats de différents projets et discuté des défis techniques liés à la prise de décision autonome, à la détection, à la navigation et à la fiabilité des systèmes en environnements difficiles.
Les participants ont également analysé les vulnérabilités propres à ces technologies et les possibilités de collaboration entre programmes de recherche distincts. Cet atelier souligne l’effort de l’OTAN pour fédérer les initiatives financées par le programme Science for Peace and Security autour de thématiques techniques communes.
Parallèlement, l’OTAN a organisé la troisième édition du concours SAPIENCE, axé sur la coopération autonome entre plusieurs aéronefs sans pilote.
Des équipes de City St George’s (Université de Londres), de l’Université de Klagenfurt (Autriche), de l’Université de l’Alabama à Huntsville et de l’Université de technologie de Delft ont pris part aux finales les 14 et 15 juillet. Le vainqueur du concours est l’équipe de City St George’s.
Les drones étaient mis à l’épreuve dans un scénario simulant une zone sinistrée, combinant environnements intérieurs et extérieurs. Un aspect central du défi consistait à accomplir les missions sans accès au positionnement satellite. Les aéronefs devaient naviguer en s’appuyant exclusivement sur leurs systèmes embarqués et les informations partagées entre plateformes.
Dans ce cadre, les drones devaient communiquer entre eux, attribuer leurs tâches de manière autonome et éviter obstacles, reliefs et autres appareils sans intervention humaine. Ils étaient également chargés d’interpréter les données des capteurs, de localiser des survivants simulés, puis de prioriser les fournitures à acheminer en fonction de l’urgence.
L’OTAN précise que cette combinaison de navigation autonome, de coordination et d’interprétation visait à vérifier si ces systèmes pouvaient dépasser le stade d’expérimentations isolées pour devenir des outils opérationnels, notamment pour les équipes d’urgence.
La suppression de la dépendance au système GPS représente un défi technique majeur. En effet, les systèmes mondiaux de navigation par satellite sont couramment utilisés pour fournir position et synchronisation, mais les opérations militaires ou de secours peuvent se dérouler dans des environnements où ces signaux sont indisponibles, brouillés ou perturbés.