Le Canada vient d’inaugurer son premier centre dédié aux technologies quantiques de défense, avec un investissement de 20,3 millions de dollars canadiens (14,5 millions de dollars américains) sur deux ans. Cette initiative vise à renforcer les capacités des Forces armées canadiennes grâce à des avancées technologiques de pointe.
Le Quantum Defence Innovation Secure Hub (DISH) offrira un environnement sécurisé aux partenaires gouvernementaux, universitaires et industriels agréés pour développer, tester et valider des technologies quantiques destinées à la défense. Situé à Calgary, en Alberta, ce centre sera géré par un consortium dirigé par l’Université de Calgary, sélectionné via un processus compétitif.
Cette structure fonctionnera sous l’égide du Bureau de la Recherche, de l’Ingénierie et du Leadership Avancé en Innovation et Science (BOREALIS), dont la mission est de connecter les programmes de recherche et d’ingénierie aux besoins opérationnels militaires. BOREALIS joue un rôle clé dans la réduction du fossé entre la recherche en phase initiale et les capacités déployables sur le terrain.
Le Quantum DISH complète deux autres centres sécurisés déjà existants, qui se concentrent sur les technologies maritimes et les systèmes sans équipage. La technologie quantique est également identifiée comme une priorité dans la Stratégie industrielle de défense d’Ottawa, qui vise à conserver un contrôle accru sur les technologies stratégiques de défense.
Renforcement des capacités quantiques
Les recherches menées au sein du centre porteront sur la détection quantique, les communications quantiques, les algorithmes quantiques ainsi que sur la validation sécurisée du matériel quantique.
Une priorité majeure sera le développement de systèmes de navigation et de synchronisation capables de fonctionner sans accès permanent au Système mondial de navigation par satellite (GNSS). Selon le gouvernement canadien, ces technologies seraient cruciales pour permettre aux unités militaires de poursuivre leurs opérations lorsque les signaux satellites sont brouillés, indisponibles ou falsifiés.
Parmi les autres travaux envisagés figurent des capteurs capables de détecter des signaux de navigation falsifiés, des communications quantiques sécurisées, des technologies de synchronisation plus précises ainsi que des algorithmes pour le traitement de l’information et l’aide à la décision opérationnelle.
Enfin, la composante d’assurance matérielle évaluera la fiabilité et la sécurité des dispositifs quantiques dans des conditions réelles d’utilisation.
Cette avancée place le Canada parmi les pays qui misent sur les technologies quantiques pour moderniser et sécuriser leurs capacités de défense, anticipant les défis technologiques des conflits armés futurs.