Le Royaume-Uni a signé une lettre d’intention visant à envisager l’adoption de la technologie radar australienne de CEA Technologies pour ses forces de première ligne, avec QinetiQ chargé de l’intégration, des essais et de la validation de cette capacité au sein de l’ensemble du secteur de la défense britannique, a indiqué l’entreprise.
Ce partenariat à quatre comprend QinetiQ, le ministère britannique de la Défense, le ministère australien de la Défense et la société CEA Technologies basée à Canberra. La signature a eu lieu dans l’usine de CEA à Canberra en présence de Luke Pollard, ministre britannique de la Préparation à la Défense et de l’Industrie, ainsi que de Pat Conroy, ministre australien de l’Industrie de la Défense.
Cette signature fait suite aux engagements pris lors des consultations ministérielles Australie-Royaume-Uni en juin, où les deux gouvernements avaient annoncé leur intention d’explorer le développement et la production conjoints d’un radar à réseau à balayage électronique actif.
« Aujourd’hui, nous approfondissons notre coopération industrielle avec l’Australie autour des technologies radar de pointe. En associant l’expertise de QinetiQ à la technologie radar de classe mondiale de CEA, nous pouvons renforcer la préparation au combat de nos deux nations tout en soutenant l’emploi et la croissance des deux côtés du globe », a déclaré Luke Pollard.
Steve Wadey, directeur général de QinetiQ, a ajouté : « L’expertise unique de QinetiQ nous positionne comme un partenaire stratégique et de confiance pour le ministère britannique de la Défense et ses alliés. Les conflits actuels soulignent l’importance des défenses aériennes, qui sont de plus en plus sollicitées, et QinetiQ est fier de jouer un rôle clé dans l’introduction de cette technologie vitale au Royaume-Uni. »
Alan Clements, directeur général de CEA Technologies, a quant à lui souligné : « La signature d’aujourd’hui constitue une étape importante pour CEA ainsi que pour les industries de défense australienne et britannique. Cela témoigne de la confiance que les deux gouvernements accordent à la technologie radar de premier plan de CEA et du rôle crucial que jouent les partenariats industriels dans le renforcement des capacités souveraines. »
Les parties décrivent ce document comme un cadre de coopération pérenne, ouvrant la voie à l’exploration de futures opportunités sans toutefois engager de commande fermes à ce stade.
CEA Technologies est une entreprise australienne de taille moyenne atypique dans le domaine des radars, puisque ses produits ont remplacé ceux de firmes beaucoup plus grandes. Sa gamme de radars à réseau phasé CEAFAR équipe les frégates de classe Anzac de la Marine royale australienne, où elle a remplacé le radar originel dans le cadre d’une modernisation de la défense anti-missiles antinavires, apportant une nette amélioration des performances. Des variantes ont également été choisies pour les frégates Hunter ainsi que pour la défense aérienne terrestre australienne.
Les radars à réseau à balayage électronique actif (Active Electronically Scanned Array – AESA) dirigent leur faisceau de manière électronique, sans rotation mécanique, grâce à une surface composée de nombreux petits modules d’émission et de réception. Cela permet à un seul radar de suivre simultanément plusieurs cibles, de passer instantanément d’une tâche de surveillance à une fonction d’engagement, et de continuer à fonctionner avec une performance atténuée en cas de défaillance de certains modules, ce qu’un radar à balayage mécanique ne peut offrir.
Les usages envisagés par le Royaume-Uni n’ont pas été précisés. Le pays fait face à un déficit reconnu en matière de défense aérienne terrestre, avec l’armée britannique déployant le système Sky Sabre en nombre limité. Le conflit en Ukraine a d’ailleurs mis en lumière la nécessité d’une protection multicouches des bases aériennes, des ports et des infrastructures au sein de l’OTAN. La Revue stratégique de défense de 2025 prévoit un renforcement des défenses aériennes et antimissiles sans préciser encore les capteurs retenus pour cela.
QinetiQ emploie environ 7 500 personnes et détient un accord à long terme avec le ministère britannique de la Défense pour la gestion des sites d’essais et d’évaluation, fournissant ainsi l’infrastructure nécessaire pour la validation des radars avant leur mise en service au Royaume-Uni.