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Lorsque la nature de la guerre évolue, les écoles militaires doivent elles aussi se transformer. Les révolutions technologiques, les dynamiques politiques de mobilisation massive et la conception des campagnes, ainsi que les tactiques innovantes qui ont marqué l’époque napoléonienne, ont conduit aux réformes de Gerhard von Scharnhorst et à l’émergence du concept d’éducation continue tout au long de la vie comme un devoir professionnel. Ce schéma s’est reproduit entre les deux guerres mondiales. En 1929, James Carson Breckinridge, officier des Marines, publiait dans le Marine Corps Gazette un appel à un nouveau paradigme éducatif basé sur les idées pragmatiques de John Dewey et l’apprentissage par l’expérience.

La guerre est aujourd’hui en pleine mutation. La promesse du « troisième offset » est devenue réalité, étendant le champ de bataille et donnant lieu à des conflits menés par des drones pilotés par intelligence artificielle, combattus simultanément dans plusieurs domaines, notamment en Europe, au Moyen-Orient et dans la région indo-pacifique. La plupart des grandes armées reconnaissent désormais que la guerre est intrinsèquement multidomaine, caractérisée par des effets convergents combinant cyberespace, espace extra-atmosphérique, et le spectre électromagnétique avec les manœuvres terrestres, navales et aériennes. L’art opérationnel s’étend ainsi à la coordination d’une symphonie de capacités.

Cependant, l’éducation militaire peine à suivre cette transformation. L’enseignement professionnel continue souvent de privilégier séminaires et conférences dépassés, focalisés sur la stratégie et l’histoire, mais déconnectés de la réalité technique de la guerre moderne. Les étudiants passent plus de temps à étudier l’Histoire de la guerre du Péloponnèse ou les campagnes terrestres de la guerre de Sécession américaine qu’à analyser des plans de guerre contemporains. Les discussions superficielles sur l’ordre libéral laissent peu de place à des débats sur les opérations pulsées ou la logistique contestée. Si l’on reconnaît le rôle essentiel de l’esprit historique et de la réflexion stratégique, un meilleur équilibre est crucial pour préparer les futurs officiers aux conflits de la décennie à venir.

Nous présentons ici la démarche entreprise à la Marine Corps University pour répondre à ce défi. Depuis sa prise de fonction comme président de l’université, le général de brigade Matthew Tracy a conduit une série de réformes visant à augmenter le temps consacré à l’apprentissage des dimensions techniques de la guerre moderne dans des environnements sécurisés. Son collaborateur a participé à la mise en œuvre de cette vision, développant d’autres propositions. Cette approche inclut le passage à un programme classifié et multidomaine mêlant exercices pratiques, jeux de guerre avancés et expérimentations autour de l’intelligence artificielle, créant ainsi un laboratoire moderne où les officiers éprouvent de nouvelles idées sur l’avantage militaire. Au-delà de la formation, il s’agit de produire du savoir et des analyses, à l’instar des écoles américaines interguerres spécialisées dans la guerre.

Le débat sur l’histoire et les relations internationales conserve toute sa place, mais l’effort principal revient à une réflexion approfondie sur l’art du combat et la science des opérations conjointes multidomaines. La guerre reste la continuation de la politique par d’autres moyens, mais sans maîtriser concrètement ces “autres moyens” et leur mise en œuvre, la profession militaire risque de perdre sa maîtrise.

Un « Breakfast Club » armé

À l’instar des « marginalisés » coincés dans le film culte de 1985 The Breakfast Club, les officiers plongés dans un cadre scolaire peuvent parfois se sentir en « détention intellectuelle ». La salle de classe lutte pour suivre le rythme des transformations mondiales. Cette tension génère un processus sain et continu de contestation et de renouveau. Chaque génération a ainsi besoin de son « Breakfast Club » et de vagues de réformes éducatives.

Le changement peut venir d’en haut ou de l’intérieur. L’exemple historique de Stephen Luce, qui fonda le Naval War College en 1884 pour répondre aux révolutions technologiques de l’époque (vapeur et acier), illustre parfaitement ce besoin d’adaptation. Plus récemment, la loi Goldwater-Nichols de 1986 a imposé de nouvelles exigences en matière d’éducation interarmées, déclenchant des débats sur les programmes, les méthodes et la structure des cours. Beaucoup ont souligné la nécessité de cultiver un « génie stratégique » plutôt que de s’assurer simplement que les officiers saisissent l’importance de la coopération interarmées. À l’échelle des services, le rapport Wilhelm de 2006 pour les Marines alertait sur la survalorisation de l’art militaire au détriment de la science, appelant à un rééquilibrage des programmes pédagogiques.

Depuis plusieurs années, les débats autour de l’équilibre entre art et science de la guerre sont bien connus. La question se décline en enjeux variés, du potentiel et des risques de l’intelligence artificielle à l’intégration de la compétition, des jeux de guerre et des armes nucléaires dans les cursus. Au centre de ces échanges se trouve l’équilibre entre formation et éducation, la première étant parfois à tort réduite à un apprentissage mécanique des doctrines, la seconde préparant les futurs chefs à évoluer dans l’incertitude.

Une nouvelle vague de réformes de l’éducation militaire professionnelle est en cours, impulsée par l’administration américaine et le Congrès. Mais les changements les plus porteurs naissent souvent de l’intérieur. Les officiers d’aujourd’hui débattent des adaptations nécessaires pour un champ de bataille prochainement marqué par l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et les missiles hypersoniques, mais aussi par des insurgés utilisant des essaims de drones ou une guerre de l’information globale. Le défi consiste à concilier cet éveil intellectuel avec un enseignement solide en politique et en histoire, pour développer le discernement nécessaire dans la profession des armes.

Un appel à la réforme

Le cœur du débat sur ce qu’est l’éducation militaire professionnelle est aujourd’hui très animé. Le lancement d’une nouvelle évaluation et la réinterprétation du concept de létalité militaire ont exacerbé les tensions. Certains critiquent les écoles de guerre américaines, accusées de privilégier la politique sur la guerre et de cultiver une culture du défaitisme stratégique. D’autres, au contraire, s’inquiètent d’un enseignement tactique déconnecté des fondements historiques, théoriques et politiques.

Notre vision se situe entre ces positions. Oui, la connaissance technique est désormais incontournable. La guerre reste la continuation de la politique par d’autres moyens, mais les officiers ont rarement l’occasion d’en étudier la profondeur avant leurs affectations conjointes. Ils conservent souvent une vision compartimentée par service, symbolisée par leurs « masks ».

Trop souvent, ce travail tactique est assimilé à la formation. Or, la formation ne doit jamais être dévalorisée. Permettre aux étudiants de développer leur jugement à travers des jeux de guerre, des jeux de décision, et des débats sur la dégradation des réseaux ennemis relève autant de la formation que de l’éducation. Tout comme les avocats étudient les cas juridiques et les élèves en commerce apprennent à construire des modèles économiques, le professionnel militaire doit maîtriser son art.

Cette exigence technique est dictée par la nécessité de percer les réseaux modernes d’« anti-access/area denial » (A2/AD). Les difficultés rencontrées par la Russie et l’Ukraine pour sortir d’un front figé sur terre trouvent un parallèle en mer avec l’Iran. La Chine représente un défi tout autre avec des capacités accrues dans l’espace, le cyber et les frappes à longue distance. Des réseaux d’effets à longue portée aux bastions militaires, ces systèmes complexes imposent une étude approfondie et réfléchie. Le fait qu’après des mois de bombardements et d’affrontements intermittents, l’Iran conserve sa capacité à lancer des attaques par drones, missiles et cyberattaques illustre l’urgence de ces enjeux.

La nouvelle réalité opérationnelle exige des officiers majors et lieutenant-colonels parfaitement capables de coordonner des actions complexes à travers tous les domaines : terre, mer, air, espace et cyberespace. Cela nécessite d’accéder à des informations souvent classifiées. Exiger d’eux qu’ils maîtrisent la guerre moderne uniquement avec des matériaux non classifiés équivaut à enseigner la chirurgie sans entraînement pratique sur cadavres. Une part importante de la formation doit donc se dérouler dans des espaces sécurisés permettant d’aborder les capacités réelles, les menaces actuelles et les concepts opérationnels conjoints contemporains. Cela ne signifie pas exclure les étudiants étrangers, mais réajuster le temps consacré : promouvoir les débats non classifiés sur les campagnes historiques tout en intégrant des études poussées, classifiées, sur les opérations contemporaines.

Les réformes engagées

Pour répondre à ces impératifs, la Marine Corps University a mis en œuvre des réformes structurelles et pédagogiques majeures. Un cursus pilote dédié aux opérations conjointes tous domaines (Joint All-Domain Operations) a été construit au niveau top secret et compartimenté. Ce programme, centré sur le Command and Staff College et conduit par les professeurs Nathan Packard et Joseph McAlarnen, a profondément réorienté un programme resté globalement inchangé depuis dix ans. Ainsi, un officier d’infanterie marine apprend à exploiter les ressources spatiales pour faciliter la manœuvre littorale, tandis qu’un pilote de l’air comprend comment les opérations cybernétiques peuvent aveugler les défenses aériennes ennemies avant une frappe. L’art opérationnel moderne est par essence un art multidomaine.

Au terme de l’Intermediate Level School, un major doit être capable de coordonner des avantages sur plusieurs domaines afin d’exécuter des manœuvres, des frappes et des pulsations logistiques. Il doit aussi savoir concevoir des plans clairs pour défendre ses actifs face à des attaques sophistiquées. En définitive, il doit pouvoir combattre efficacement un groupement tactique interarmées de niveau II (par exemple la flotte du Pacifique ou les forces Marines du Pacifique).

Pour les officiers supérieurs, les attentes sont plus élevées. À l’issue du Top Level School, un lieutenant-colonel doit pouvoir coordonner plusieurs groupements tactiques interarmées pour atteindre des objectifs à l’échelle d’un théâtre d’opérations. La salle de classe doit accueillir des débats sur l’influence des armes nucléaires dans la compétition entre grandes puissances. Les étudiants vont au-delà de la lecture de Thomas Schelling (dimension éducative), en étudiant les effets nucléaires, les systèmes de livraison, et le jeu complexe entre armes stratégiques et conventionnelles selon les phases de compétition, crise ou conflit (dimension formation).

La transformation du curriculum a impliqué également une nouvelle dynamique pour le développement des enseignants. Nos historiens participent désormais à des stages en mécanique orbitale dans des centres spatiaux. Les politologues étudient les systèmes de commandement, de contrôle, et les feux interarmées. L’orientation consiste à envoyer enseignants et experts militaires suivre des formations conjointes, participer à des exercices de forces ou des états-majors interarmées pour allier expertise académique et réalité opérationnelle. Ainsi, un expert rédigeant un chapitre sur la campagne Overland de 1864 suivra par exemple le cours pour commandants de forces terrestres combinées (Combined Forces Land Component Commander) pour comprendre le combat terrestre contemporain. Un conférencier spécialisé dans la guerre russo-japonaise assistera au cours pour commandant d’une force maritime combinée, apprenant ainsi précisément comment un centre d’opérations maritimes fonctionne aujourd’hui.

L’évaluation de ces réformes est un défi. Trop récentes, elles n’ont pas encore livré tous leurs résultats. Les premiers retours sont encourageants. Les étudiants du programme pilote ont pu soutenir des jeux de guerre de la DARPA et adresser des problèmes réels rencontrés par les forces navales. Ils ont également participé à un programme test visant à mesurer leur capacité à rédiger une estimate du commandant dans un contexte compressé et incertain.

L’enjeu suivant est la généralisation. La plupart des étudiants suivent encore à distance, depuis des bases principales. Mais l’existence déjà avérée de SCIF (espaces informatiques sécurisés) sur site, ainsi que la présence des étudiants pratiquant la guerre moderne et approfondissant leurs connaissances conjointes, représentent une opportunité. Le Marine Corps Distance Education and Training a lancé un programme de séminaires mixtes enseignant la guerre tous domaines au niveau classifié. La Marine Corps University rapproche ainsi l’enseignement au plus près de ses bénéficiaires.

À chaque étape, nous observons une nouvelle génération d’officiers capables d’expliquer comment lier les effets aux tâches, objectifs et états finaux dans des campagnes modernes interarmées bien mieux que les promotions précédentes. Ils utilisent le vocabulaire doctrinal et les concepts fondamentaux comme les éléments de conception opérationnelle avec aisance, combinant formation et éducation. Le vrai test sera le retour des forces opérationnelles, qui dira si ces nouveaux cadres sont mieux armés pour planifier et conduire la guerre moderne.

Les évolutions à venir

Pour pérenniser ces progrès, l’université prévoit d’adapter ses méthodes pédagogiques, passant d’un modèle centré sur les conférences et séminaires à un apprentissage plus actif. Il ne suffit plus que les étudiants assimilent les connaissances, ils doivent aussi être capables d’en générer de nouvelles et de les appliquer de façon innovante.

Les laboratoires de guerre

L’université va renouer avec un concept ancien : celui des laboratoires de guerre. L’éducation militaire est avant tout une formation professionnelle. Comme un diplôme en commerce ou en droit, elle forme à l’analyse d’un domaine spécifique et doit offrir aux étudiants l’opportunité de travailler sur des cas concrets.

Depuis dix ans, un mouvement croissant pousse à développer ces laboratoires à la Marine Corps University, débuté avec le programme Gray Scholars au Command and Staff College. Ce programme a permis à des étudiants de soutenir des réflexions sur l’avenir de la guerre urbaine, la conception des forces et le programme mosaic warfare de la DARPA. Ils ont participé à des jeux de guerre classifiés et conduit des recherches alimentant directement ces initiatives.

Cette dynamique s’est étendue à l’École supérieure de guerre avancée (School of Advanced Warfighting), où des étudiants collaborent avec le Chief Digital and Artificial Intelligence Office pour explorer comment l’IA peut renforcer la planification militaire. Plus récemment, ils ont été intégrés à des exercices majeurs à l’étranger et ont soutenu la National Commission on the Future of the Navy. Dans les années à venir, ces actions seront amplifiées et intégrées dans l’ensemble des cursus diplômants, offrant aux étudiants un soutien opérationnel direct et un perfectionnement de leur art.

Les jeux de guerre

Depuis la création du Brute Krulak Center en 2016, l’université considère le jeu de guerre comme un moyen d’affiner la créativité et l’instinct, surnommant ces méthodes « fight club ». À partir de 2018, la compétition annuelle Sea Dragon a mis aux prises les étudiants dans des scénarios modernes. Le dispositif a évolué en intégrant davantage d’effets conjoints et même des armes nucléaires non stratégiques. Ce modèle a inspiré de grandes initiatives internationales comme la Fight Club Society et la Training and Education Command Warfighting Society. Dans le cadre des réformes actuelles, les étudiants participeront à des jeux de guerre classifiés et non classifiés.

L’intelligence artificielle

La Marine Corps University est à la pointe de l’intégration de l’IA depuis huit ans. Cela a commencé en 2018 avec le Project Athena, où des tournois de jeux de guerre ont généré des données humaines destinées à former des modèles prêts à proposer des lignes d’action. Ce travail s’est poursuivi en collaboration avec la DARPA, explorant l’usage d’algorithmes génétiques pour aider à concevoir des recommandations en planification militaire.

L’émergence des grands modèles de langage et des transformeurs génératifs pré-entraînés a renouvelé la réflexion sur l’IA, donnant lieu à de nouvelles initiatives tant à l’École supérieure de guerre avancée qu’au Command and Staff College. L’approche favorise le commandement par mission et encourage chaque école à expérimenter l’intégration de ces technologies en tenant compte de leur application pratique.

Cette politique se poursuivra. Bien que le Département de la Défense ait rendu obligatoire l’adoption généralisée de l’IA générative et que les Marines aient mis en place de nouvelles formations en ligne, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les opérations interarmées tous domaines nécessite une intégration plus réfléchie en salle de classe, avec espaces de critique et de réflexion. L’IA, en tant que technologie à usage général, doit être adaptée aux incertitudes inhérentes à la guerre. L’université proposera un environnement où les étudiants comprendront les mécanismes des modèles et leurs capacités ainsi que leurs limites dans les campagnes modernes.

Ce qui perdure

La technologie modifie la nature de la guerre, mais les éléments fondamentaux du conflit humain demeurent. Dans ce contexte d’introduction de programmes classifiés, laboratoires de guerre et IA, certains piliers de l’éducation militaire traversent le temps.

Premièrement, les officiers doivent apprendre la tactique et la théorie militaire, ce qui dépasse la simple formation. Ils doivent pouvoir débattre de l’adaptation des tactiques et des principes de guerre à de nouveaux contextes. Des concepts intemporels comme la percée ou les mouvements d’enveloppement s’appliquent aussi bien à un opérateur cyber qui pénètre un réseau qu’à un commandant d’infanterie mécanisée sur un champ de bataille physique. Les débats en classe sur la géométrie du champ de bataille, la mise en masse des effets sur des points décisifs et l’exploitation des vulnérabilités adverses restent centraux.

Deuxièmement, l’étude des relations civilo-militaires et de la profession d’armes demeure essentielle. Les officiers doivent comprendre leurs obligations éthiques et leur rôle au sein d’une société démocratique, régie par un cadre constitutionnel. La vitesse et la complexité croissantes du combat appellent un leadership moral à la hauteur. La compétence technique doit s’accompagner d’un engagement éthique profond.

Troisièmement, les officiers doivent explorer l’histoire militaire, la stratégie et les relations internationales. L’histoire offre un vaste catalogue d’expériences humaines sous la contrainte extrême du combat. Elle les protège contre l’arrogance du présent, en montrant que la guerre demeure une lutte chaotique entre volontés humaines. Étudier les réactions des commandants au stress et analyser des scénarios contrefactuels permet d’appréhender et d’évaluer les enjeux opérationnels contemporains. La connaissance des relations internationales aide à comprendre le cadre stratégique dans lequel s’inscrivent toutes les actions tactiques.

Conclusion

Préparer les officiers aux réalités du combat multidomaine face à des adversaires de premier plan nécessite de réformer, sans rompre ni remplacer fondamentalement, l’éducation militaire professionnelle. Celle-ci doit refléter les profondes transformations des modes d’action de la force interarmées. Les débats en salle de classe et les exercices pratiques doivent migrer davantage vers des environnements classifiés, en intégrant de nouvelles approches pour le développement du corps enseignant, la création de laboratoires de guerre et le recours aux jeux de guerre, afin d’équilibrer formation technique et éducation réflexive.

Pour soutenir et amplifier cette évolution, l’armée devra allouer des ressources importantes pour étendre les infrastructures classifiées et développer les outils analytiques adaptés aux besoins des étudiants. Au lieu de réduire le nombre de professeurs civils, il conviendra d’élargir la formation pour que les universitaires collaborent étroitement avec des professionnels aguerris, favorisant un dialogue riche et nécessaire pour comprendre la transformation du caractère de la guerre.

Brig. Gen. Matthew Tracy est président de la Marine Corps University.

Benjamin Jensen est titulaire de la chaire Frank E. Petersen sur les technologies émergentes et de rupture à la Marine Corps University, professeur à l’École de Guerre Avancée, directeur du Future Lab du Center for Strategic and International Studies, et colonel dans la réserve de l’Armée américaine.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Training and Education Command, du Corps des Marines, de l’Armée américaine, du Département de la Défense ou de toute entité gouvernementale américaine.