Un avion Eurofighter italien a abattu un drone au-dessus du nord-est de la Lettonie dans la nuit de vendredi, un incident attribué par les forces armées lettonnes à des opérations russes de guerre électronique ayant dévié l’appareil de sa trajectoire pour pénétrer dans l’espace aérien de l’OTAN.
Le drone s’est écrasé près du village de Rugāji, dans la région de Balvi, proche de la frontière russe. Les Forces armées nationales lettonnes ont indiqué que des chasseurs de l’OTAN avaient intercepté avec succès un drone étranger entré sur le territoire « en raison d’une guerre électromagnétique russe ».
Un porte-parole de l’OTAN a précisé que deux Eurofighters italiens basés en Lituanie ont été dépêchés, dont l’un a détruit l’engin, tandis que deux F-16 turcs stationnés en Estonie ont également été engagés. « Tous les appareils opéraient sous le commandement de l’OTAN », a-t-il ajouté, soulignant qu’une enquête est en cours.
Des alertes air ont été émises dans plusieurs régions de l’est et du sud de la Lettonie, levées à 4h50, heure locale. Par précaution, la Finlande a limité son espace aérien ainsi qu’une zone maritime dans le golfe de Finlande oriental. Les forces finlandaises ont confirmé qu’aucun drone n’avait pénétré leur territoire et ont levé ces restrictions peu après 7h00.
Le ministère de la Défense letton a confirmé qu’il s’agissait du second drone abattu dans l’espace aérien national, après une première incursion en juin également prise en charge par des avions de l’OTAN.
Baiba Braze, ministre lettone des Affaires étrangères, a salué l’Italie pour son rôle dans « le maintien de l’intégrité de l’espace aérien de l’OTAN ».
L’origine du drone n’a pas été immédiatement établie et n’a pas été spécifiée dans la déclaration lettone. Plus tôt dans la journée, plus de 50 drones ukrainiens avaient mené des attaques contre des cibles dans l’ouest de la Russie, notamment dans les régions de Leningrad et de Tver, touchant le port d’Ust-Luga ainsi qu’un entrepôt du groupe de e-commerce Wildberries.
Les perturbations électromagnétiques sont un problème récurrent sur le flanc est de l’alliance. Il s’agit davantage de brouillage involontaire que d’incursion délibérée. Le brouillage et le spoofing des signaux de navigation par satellite, très répandus depuis 2022 dans la région baltique, affectent l’aviation civile, la navigation maritime et les mouvements militaires. Un drone dépendant du GPS pour maintenir sa trajectoire peut ainsi être contraint de franchir une frontière sous l’effet d’interférences destinées à d’autres cibles.
L’origine russe ou ukrainienne de l’appareil reste donc incertaine, aucune des deux parties, ni la Lettonie ni l’OTAN, n’ayant confirmé cette information. Des drones issus des deux camps se sont déjà abattus sur le territoire de l’alliance. La Roumanie a récupéré des débris à plusieurs reprises et la Pologne a fréquemment envoyé en mission ses avions de chasse lors des raids russes contre l’ouest de l’Ukraine.
La mission Baltic Air Policing est en place de manière continue depuis 2004, date à laquelle les trois pays baltes ont rejoint l’OTAN sans disposer d’avions de combat. Des détachements alliés se relaient dans les bases de Šiauliai en Lituanie et d’Ämari en Estonie, pour des rotations de quatre mois. Cette mission a évolué, passant d’interceptions régulières d’avions russes se rendant à Kaliningrad à des missions plus ardues consistant à intercepter des cibles petites et lentes, difficiles à détecter pour des radars conçus pour des jets rapides.