New York, 17 septembre 2025. À l’approche de la semaine décisive de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Secrétaire général António Guterres a lancé un appel pressant aux dirigeants mondiaux : « Il est temps de faire preuve de sérieux et d’agir ».
Lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU à New York, il a alerté sur le fait que les profondes divisions, les conflits et les crises internationales fragilisent aujourd’hui de manière inédite le principe même de la coopération multilatérale.
« Certains qualifient cet événement de Coupe du Monde de la diplomatie », a déclaré António Guterres, « mais il ne s’agit pas d’engranger des points, mais de résoudre des problèmes. L’enjeu est trop important. »
Un monde à la dérive
Le chef de l’ONU a décrit une planète confrontée à « des eaux troubles et inconnues », soulignant la multiplication des fractures géopolitiques, la montée des conflits, le changement climatique, la progression rapide des technologies et l’aggravation des inégalités comme autant de défis exigeant des réponses urgentes.
« La coopération internationale est sous une pression sans précédent depuis des décennies », a-t-il averti.
Près de 150 chefs d’État et de gouvernement sont attendus à New York la semaine prochaine, accompagnés de milliers de diplomates et responsables. António Guterres a annoncé qu’il tiendrait personnellement plus de 150 entretiens bilatéraux, afin d’inciter les dirigeants à dialoguer directement, à réduire les divisions, à limiter les risques et à trouver des solutions.
Des thèmes centraux à l’ordre du jour
Le Secrétaire général a identifié la paix, le climat, l’innovation responsable, l’égalité des genres, le financement du développement et la réforme de l’ONU comme les principaux sujets de cette semaine essentielle.
Il a appelé à des mesures urgentes pour mettre fin aux guerres à Gaza, en Ukraine, au Soudan et ailleurs, en réaffirmant la nécessité d’« une paix juste et durable au Moyen-Orient, fondée sur une solution à deux États ».
Sur la question climatique, il a exhorté les États à présenter des plans nationaux renforcés afin de limiter le réchauffement planétaire en dessous du seuil de 1,5°C, fixé par l’Accord de Paris de 2015 – objectif qui semble toutefois de plus en plus éloigné.
Par ailleurs, António Guterres a annoncé le lancement d’un Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, visant à encadrer le développement technologique au service de l’humanité.
Fini les postures, place à l’action
Cette semaine exceptionnellement chargée verra aussi la tenue d’un sommet biennal inédit rassemblant institutions financières internationales et dirigeants, pour renforcer les engagements financiers en faveur des Objectifs de développement durable (ODD), aujourd’hui fortement décalés par rapport aux cibles. Seront également commémorés les 30 ans de la conférence de Pékin sur l’égalité des sexes.
« La liste des sujets est longue car les besoins sont immenses », a insisté António Guterres, soulignant que la crise globale exige moins de postures et de promesses, mais un leadership déterminé à accomplir des progrès concrets.
Il a conclu par un appel clair et direct : « L’ONU est l’endroit. La semaine prochaine est le moment. Les dirigeants doivent être sérieux – et agir. »