La surveillance des navires russes autour du Royaume-Uni par la Royal Navy a augmenté de 25 % lors des huit premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025. Cette hausse reflète une intensification des mouvements de navires de guerre, de bâtiments auxiliaires et de navires commerciaux sanctionnés dans la mer du Nord et la Manche.
En août 2026, la Royal Navy a mené quatre opérations distinctes impliquant la surveillance ou l’interception de navires russes. Parmi ces opérations, HMS Duncan, HMS St Albans et HMS Severn ont conduit une mission de 72 heures pour suivre le destroyer russe Admiral Levchenko ainsi que les cargos sanctionnés General Skobelev et Sparta. Un hélicoptère Merlin embarqué sur HMS St Albans participait également à cette mission, tandis que HMS Mersey surveillait séparément le navire ravitailleur russe Akademik Pashin.
Durant le mois, HMS Severn a été déployé à trois reprises. Outre la surveillance du destroyer Admiral Levchenko, les missions incluaient le suivi de la frégate russe Neustrashimy dans la Manche, puis la coordination avec HMS Tyne pour observer la frégate Admiral Gorshkov, le navire hydrographique Romuald Muklevich et de nouveau Akademik Pashin.
Cette intensification des activités de surveillance coïncide avec l’interception en juin du tanker sanctionné Smyrtos dans la Manche par les forces britanniques. Le Chef d’état-major de la Marine britannique, le général Sir Gwyn Jenkins, a souligné que cette opération démontrait la détermination du Royaume-Uni à contrer les tentatives russes d’évasion des sanctions financières liées à la guerre en Ukraine.
Depuis cet incident, les navires russes liés à la « flotte de l’ombre », terme désignant les bâtiments engagés dans le transport de pétrole russe sous sanctions, ont modifié leurs itinéraires, augmentant ainsi leurs coûts et délais de transit. Le Royaume-Uni a imposé des sanctions à plus de 500 navires associés à cette « flotte de l’ombre » et intensifie sans relâche les contrôles maritimes pour faire appliquer ces mesures.
Le général Jenkins a également indiqué que ces opérations obligent la Russie à éloigner ses navires militaires de leurs missions principales, sachant que la Royal Navy et ses alliés restent prêts à intervenir si nécessaire. Il a souligné l’importance de cette vigilance continue pour assurer la sécurité maritime et protéger l’environnement contre les risques posés par ces navires.
La mission récente de 72 heures a impliqué un destroyer de type 45, une frégate de type 23 et un patrouilleur de classe River, assurant le suivi des navires russes à travers la mer du Nord et la Manche, avant que la responsabilité soit transférée à un allié de l’OTAN près d’Ouessant.
Le commandant Oli Ayers de HMS St Albans a précisé que cette présence s’inscrivait dans une réponse collective de l’OTAN visant à surveiller les mouvements navals et marchands russes, garantissant une escorte et un suivi rapproché dans les eaux sensibles.
Enfin, le ministère de la Défense britannique prévoit de maintenir ce niveau d’opérations dans les prochains mois face à la persistance des transits de navires militaires et commerciaux russes aux abords du Royaume-Uni.
