L’Aeronautical Development Agency (ADA) renforce les sous-systèmes essentiels du programme Light Combat Aircraft (LCA) Mk2, en attribuant un contrat majeur au Canopy Severance Systems (CSS) Group de l’Armament Research and Development Establishment (ARDE) pour le développement et l’intégration d’un mécanisme avancé d’éjection de verrière. Parallèlement, l’ADA a commandé des capteurs haute précision de détection des radiations nucléaires auprès de la société américaine Mirion Technologies, un équipement à long délai d’importation indispensable à l’amélioration de la capacité de survie contre les menaces nucléaires, biologiques et chimiques (NBC) de l’appareil. Au moins cinq prototypes seront équipés afin de soutenir les premiers essais en vol.
Ces initiatives illustrent la stratégie duale de l’ADA : exploiter le savoir-faire interne du DRDO pour développer des équipements vitaux tout en s’appuyant sur des composants étrangers spécialisés pour satisfaire aux exigences opérationnelles strictes de l’Indian Air Force (IAF). Avec le déploiement du prototype du LCA Mk2 prévu fin 2026 et le premier vol au début de 2027, ces acquisitions sont cruciales pour finaliser la conception et valider les protocoles de sécurité avant la certification.
Le contrat CSS, confié au Canopy Severance Systems Group d’ARDE basé à Pune, fait suite au travail pionnier mené depuis 2021, lors de la présentation du premier système d’éjection de verrière indigène destiné aux variantes Tejas Mk1/Mk1A. Ce dispositif pyrotechnique explosif, intégré au siège éjectable Martin-Baker Mk16L, sectionne la verrière en polycarbonate en quelques millisecondes, assurant une trajectoire dégagée et sans débris pour le pilote lors d’éjections dites « zéro-zéro » à basse altitude ou grande vitesse. Pour le Mk2, une plate-forme de génération 4.5 dotée d’une aile delta plus large et d’une manœuvrabilité accrue, le système CSS évolué doit faire face à des charges aérodynamiques renforcées, des matériaux composites et des scénarios d’éjection supersonique jusqu’à Mach 1,2.
Le système d’ARDE, développé conjointement avec le High Energy Materials Research Laboratory (HEML), utilise une charge creuse linéaire et des circuits de mise à feu redondants pour atteindre une fiabilité de 99,9 %, dépassant largement les anciennes guillotines sujettes aux risques de fragmentation. « Ce n’est pas un simple ajout ; c’est la différence entre la survie et la catastrophe en espace aérien hostile », souligne un responsable du DRDO impliqué dans le projet. Le contrat prévoit des ajustements pour les interfaces spécifiques au Mk2, notamment la compatibilité avec le radôme radar AESA Uttam et les panaches d’éjection des moteurs GE F414, avant des essais de qualification au National Flight Test Centre (NFTC) de Bengaluru. La livraison des unités homologuées est attendue pour mi-2026, en phase avec l’intégration aux maquettes de cockpit.
Cette démarche indigène s’inscrit dans le cadre de l’initiative Aatmanirbhar Bharat, visant à réduire la dépendance aux fournisseurs étrangers comme BAE Systems (Suède), qui équipait les versions antérieures du Tejas. Avec plus de 500 essais au sol réussis et des simulations d’éjection, ARDE se positionne comme un acteur clé pour les plates-formes futures, notamment le projet Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA).
En complément du CSS, l’ADA a engagé une commande auprès de Mirion Technologies pour des capteurs compacts de détection de radiations nucléaires, comblant une lacune majeure dans le système de surveillance environnementale du Mk2. Mirion, leader mondial de la détection radiologique et héritier des technologies du programme Apollo de la NASA, est spécialisé dans des détecteurs gamma/neutrons robustes tels que la série AccuRad. Ces dispositifs discrets permettent une dosimétrie en temps réel jusqu’au niveau du micro-Sievert, même en condition de fortes interférences électromagnétiques générées par l’avionique embarquée.
Selon des informations issues de la chaîne d’approvisionnement, ces équipements, nécessitant un délai de fabrication de 18 à 24 mois, seront installés sur cinq prototypes du Mk2. Ils alimenteront la console NBC centrale de l’appareil, alertant le pilote en cas de retombées radioactives, bombes sales ou incidents nucléaires lors d’opérations à basse altitude ou de patrouilles maritimes dans la région de l’océan Indien (Indian Ocean Region, IOR). Leur intégration dans les compartiments avioniques proches du cockpit se fera en liaison avec l’ordinateur de mission indigène du Mk2, permettant la mise en œuvre automatique de contre-mesures telles que les systèmes de surpression hermétiques.