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Adani Defence et Aerospace a révélé à l’occasion de l’exposition Defence & Security 2025 à Bangkok deux munitions rôdeuses innovantes, illustrant la montée en puissance de l’Inde dans le domaine de la guerre par drones. Ces systèmes, le SR-1 à aile fixe et le VTOL-5 à décollage et atterrissage vertical, combinent intelligence artificielle et capacités létales pour moderniser les frappes de précision sur le champ de bataille contemporain.

Sur ce salon international qui s’est tenu jusqu’au 13 novembre, Adani a mis en lumière son savoir-faire national en matière d’armement drone, attirant un public venu d’Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient et d’ailleurs, en quête de solutions armées abordables et flexibles, à l’image des essaims de drones à bas coût qui ont marqué le conflit ukrainien. Un représentant d’Adani a souligné que ces munitions jouent un rôle de multiplicateur de force dans les opérations asymétriques, adaptées à des missions allant de la contre-insurrection aux affrontements frontaliers intenses. Avec une croissance de 78 % de ses exportations en un an, atteignant 2,6 milliards de dollars, l’industriel affirme ainsi sa position sur le marché mondial des munitions rôdeuses, rivalisant avec l’israélien IAI Harop et le turc STM Kargu.

Le SR-1 est une munition rôdeuse à aile fixe conçue pour assurer une surveillance aérienne prolongée et des frappes chirurgicales contre des cibles légères. Dotée d’une charge explosive de 1 kg, elle peut évoluer en vol stationnaire jusqu’à 45 minutes, à une altitude opérationnelle typique de 4 500 mètres. Ce profil lui permet de scruter des terrains accidentés tels que la Ligne de Contrôle Réelle ou les postes avancés du Ladakh.

Sa portée maximale atteint 10 km. Le SR-1 embarque des algorithmes de vision machine pilotés par intelligence artificielle permettant d’identifier de manière autonome des menaces telles que des groupes d’infanterie ou des véhicules légers dans des environnements difficiles. Ses capteurs électro-optiques et infrarouges fonctionnent de jour comme de nuit, par tous temps, fournissant un flux vidéo en temps réel aux opérateurs. Ces derniers peuvent alterner entre un mode autonome, où l’IA engage la cible, et un contrôle humain pour garantir une précision éthique.

Le SR-1 est également très versatile : il peut être lancé depuis un dispositif au sol, un véhicule, un hélicoptère ou une plateforme navale, incarnant la philosophie d’Adani dite « agnostique quant à la plateforme ». « Il peut être déployé depuis le sac à dos d’un soldat au Cachemire ou une frégate en mer d’Arabie, il s’adapte », précise un porte-parole. Son coût unitaire, en dessous de 50 000 dollars, en fait une option économique pour des armées souhaitant saturer le théâtre d’opérations de drones, avec déjà un intérêt marqué de la Thaïlande et du Vietnam.

Le VTOL-5, complémentaire du SR-1, est un drone kamikaze à décollage et atterrissage vertical, avec retour vidéo en première personne (FPV). Conçu pour l’attaque de précision des cibles à haute valeur, il ne pèse que 6 kg et embarque une charge explosive de 620 g. Avec une vitesse maximale de 120 km/h et une endurance de 20 minutes, ce drone anti-blindés est capable d’attaquer de manière agile les tourelles de chars ou les toits de bunkers.

Adani met en avant les capacités furtives du VTOL-5 : une faible signature radar et une maniabilité élevée lui permettent d’esquiver les défenses aériennes, un atout majeur contre les convois blindés ou postes de commandement. Piloté par radio en conditions normales, il peut opérer dans des zones brouillées grâce à une liaison par câble à fibre optique, une technique popularisée lors du conflit en Ukraine pour contrer la guerre électronique. « Cela garantit un contrôle ininterrompu dans les environnements électromagnétiques contestés », explique le responsable, la longueur du câble pouvant atteindre 5 km pour des frappes insensibles au brouillage.