Boeing a reçu un contrat de l’Armée américaine dans le cadre d’un dispositif de Foreign Military Sales (FMS) pour la production d’hélicoptères de combat AH-64E Apache destinés à plusieurs pays alliés, dont 96 uniquement pour la Pologne.
Ce mécanisme FMS correspond à des accords gouvernementaux où la partie américaine mandate le fabricant, ce qui réduit les risques liés au développement et au coût pour l’acheteur final, mais limite les possibilités d’adaptation spécifique aux besoins nationaux. C’est ainsi que la Bundeswehr se procure notamment son futur hélicoptère de transport lourd CH-47F Chinook, l’avion de combat F-35 Lightning II ou encore l’avion de reconnaissance maritime P-8 Orion via ce système. En 2024, la Pologne avait conclu un accord FMS portant sur ses Apache pour un montant supérieur à dix milliards de dollars (8,6 milliards d’euros).
Le AH-64 remplace en Pologne le Mi-24
Depuis 2023, le personnel polonais s’entraîne déjà aux États-Unis sur ce type d’appareil. En juin 2025, les huit premiers AH-64D supplémentaires, loués pour environ 300 millions de dollars (258 millions d’euros), sont arrivés en Pologne afin de renforcer la formation locale. Les nouveaux AH-64E, quant à eux, devraient intégrer l’armée polonaise à partir de 2028 pour progressivement remplacer les Mil Mi-24 hérités de l’époque du Pacte de Varsovie. Ce renouvellement fera de la Pologne le pays possédant la plus grande flotte d’Apache hors des États-Unis.
Boeing évalue la valeur actuelle du contrat à 4,7 milliards de dollars (soit environ 4 milliards d’euros), ce qui semble exclure les importantes commandes complémentaires polonaises en munitions et pièces de rechange. Les deux autres bénéficiaires de cette commande sont l’Égypte et le Koweït, sans que les quantités exactes aient été précisées. Ces deux pays exploitent déjà le modèle AH-64D avec respectivement 46 et 24 appareils en service. Au total, plus de 1 300 Apache sont actuellement en opération dans le monde, selon Boeing.
Stefan Axel Boes