Le sommet de l’OTAN qui s’est tenu à La Haye les 24 et 25 juin pourrait être davantage retenu pour un changement stratégique majeur que pour ses déclarations traditionnelles — soutien à l’Ukraine, augmentation des budgets de défense et condamnation des frappes iraniennes. Désormais, l’Indo-Pacifique occupe une place centrale dans la réflexion stratégique de l’Alliance, alors que la zone indo-méditerranéenne s’enlise dans un conflit.

Cet ajustement marque un tournant significatif. Pendant une grande partie de son histoire post-Guerre froide, l’OTAN a concentré son attention sur l’Atlantique. Même lorsqu’elle est intervenue au-delà de ses frontières, comme en Afghanistan ou en Libye, cela s’est toujours fait dans l’optique que les menaces sécuritaires émanaient de l’Europe. L’idée que l’Asie puisse influencer la stabilité euro-atlantique était autrefois considérée comme spéculative. Aujourd’hui, cette hypothèse n’a plus cours.