Nathan Gill, ancien dirigeant de Reform UK au Pays de Galles et ex-député européen, a été condamné à une peine de prison pour avoir accepté des pots-de-vin en échange de déclarations pro-russes, à l’issue d’une enquête menée par la Brigade antiterroriste de la police métropolitaine.
Âgé de 52 ans et originaire d’Anglesey, Gill a plaidé coupable le 26 septembre devant l’Old Bailey à huit chefs de corruption selon la loi britannique sur la corruption de 2010. Il a été condamné vendredi à dix ans et six mois de réclusion. La police a qualifié cette affaire d’exemple clair d’une puissance étrangère cherchant à influencer secrètement le discours politique au Royaume-Uni.
« Cette condamnation doit envoyer un message clair : toute tentative de corruption d’élus ou de personnalités influentes au Royaume-Uni par une puissance étrangère ne sera pas tolérée », a déclaré le commandant Dominic Murphy, responsable de la Brigade antiterroriste.
Il a ajouté que Gill avait « diffusé des opinions favorables aux actions de l’État russe en Ukraine » et que l’enquête avait montré « les conséquences graves et sévères pour toute personne impliquée dans ce type d’activités sur le sol britannique ».
La police métropolitaine a précisé que Gill avait accepté des fonds d’Oleg Voloshyn, homme politique prorusse ukrainien, en échange de déclarations reprenant la ligne de communication du Kremlin, notamment en questionnant les libertés médiatiques en Ukraine et en critiquant l’enquête sur Viktor Medvedchuk, alors poursuivi pour trahison.
Le 13 septembre 2021, Gill a été intercepté à l’aéroport de Manchester alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour Moscou. Les forces de l’ordre ont saisi son téléphone et perquisitionné son domicile à Anglesey, où divers appareils électroniques ainsi que des liquidités en euros et dollars américains ont été découverts. Les messages extraits de son téléphone révélaient que Gill et Voloshyn utilisaient des codes tels que « cadeaux de Noël » et « cartes postales » pour désigner des paiements de « 5 000 » livres pour chaque déclaration demandée.
Les enquêteurs ont identifié huit occasions entre décembre 2018 et juillet 2019 où Gill avait prononcé des déclarations « quasi-identiques » à des scripts fournis par Voloshyn, que ce soit au Parlement européen ou devant des médias. L’enquête a bénéficié du soutien du FBI, qui a fourni des éléments permettant d’attribuer ces communications à Voloshyn.
Cet ancien élu n’a pas souhaité s’exprimer lors de son audition en mars 2022. Il a été formellement mis en cause en janvier 2025. Voloshyn fait également l’objet de charges pour complot en vue de corruption mais demeure en fuite et non arrêté.
Le commandant Murphy a salué la coopération des partenaires européens et américains, soulignant que cette affaire illustre la volonté du Royaume-Uni de « collaborer étroitement avec ses alliés pour contrer ce type d’activité et protéger nos valeurs démocratiques ainsi que notre sécurité nationale ».