Alors que l’Inde s’apprête à dominer le combat aérien de cinquième génération avec son Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA), l’attention se porte sur la compatibilité furtive de son arsenal. La famille indigène de missiles air-air à longue portée Astra, notamment les variantes MkII et MkIII, se distingue par une parfaite synergie de conception.
Conçus par la Defence Research and Development Organisation (DRDO) avec la soute interne de l’AMCA en ligne de mire, ces missiles évitent l’usage des pylônes externes générateurs de traînée, préservant ainsi la faible signature radar (RCS) du chasseur lors d’attaques en profondeur. Les simulations récentes et les révélations issues du développement confirment que les Astra MkII et MkIII s’intègrent parfaitement dans l’espace dédié de l’AMCA, permettant une capacité interne jusqu’à six missiles en mode furtif — un saut technologique qui pourrait redéfinir les engagements aériens dans la zone indo-pacifique.
L’AMCA, dont le prototype est prévu pour 2028 sous l’égide de l’Aeronautical Development Agency (ADA), mise sur le transport interne afin de conserver ses lignes angulaires et son revêtement absorbant radar (RAM). Avec une charge maximale de 1 500 kg répartie sur deux soutes, l’appareil peut accueillir quatre à six BVRAAM sans modifications structurelles, comme l’ont démontré les essais en soufflerie de décembre 2024. Cette adéquation n’est pas fortuite : dès la conception, les évolutions Astra ont intégré des ailerons pliables, des seekers compacts et des rails modulaires pour s’adapter à des soutes similaires à celles du F-35 ou du J-20 — garantissant que le chasseur furtif indien vole léger, létal et discret.
Partant des 110 km du MkI — déjà intégré sur les Tejas et Su-30MKI — l’Astra MkII étend la portée létale à 160-200 km grâce à un moteur-fusée à propergol solide et une navigation inertielle renforcée avec mises à jour en vol. Pesant environ 175 kg pour une longueur de 3,8 à 4 mètres et un diamètre de 190 mm, sa forme rappelle les standards occidentaux comme l’AIM-120D, en faisant un candidat naturel pour la soute interne. Sa ogive préfragmentée hautement explosive (15 à 20 kg) et sa vitesse terminale dépassant Mach 4 ne nécessitent aucun compromis sur la structure des compartiments ventraux de l’AMCA, qui mesurent environ 4,5 mètres de long sur 0,5 à 0,6 mètres de large, autorisant un montage en tandem de deux missiles par soute.
Les facteurs clés de cette intégration incluent :
- Mécanisme d’aileron pliable : Les ailerons en treillis se replient contre le corps, réduisant la largeur déployée à moins de 0,4 mètre – crucial pour la fermeture des portes sans augmenter le RCS.
- Compatibilité avec l’éjecteur : Les lanceurs pneumatiques, testés en 2025 lors d’essais de largage sur des prototypes Tejas, assurent une séparation propre, évitant les impacts sur les prises d’air supersoniques sans déviateurs (DSI) de l’AMCA.
- Flexibilité de chargement : Les simulations envisagent six Astra MkII en configuration interne (trois par soute), augmentant la zone d’annulation face aux adversaires équipés de missiles PL-15, tout en respectant la limite de 1 500 kg (six missiles à ~175 kg totalisent ~1 050 kg, laissant de la marge pour carburant ou capteurs).
Cette disposition, validée sans modification dans les modèles de dynamique des fluides numériques (CFD) de l’ADA, permet à l’AMCA de supercroiser à Mach 1,2 avec une salve complète air-air, surpassant les pénalités aérodynamiques des chasseurs de quatrième génération avec charges externes.
L’Astra MkIII, baptisé Gandiva, repousse encore les limites avec un moteur-fusée à double impulsion offrant une portée de 300 à 350 km en haute altitude (jusqu’à 20 km), rivalisant avec la performance de non-évitement du MBDA Meteor. Pesant environ 220 kg et mesurant 4 mètres avec un diamètre similaire de 190-200 mm, il reste compatible avec la soute interne grâce à une miniaturisation ciblée menée par le Research Centre Imarat (RCI) du DRDO. Son gyroscope à fibre optique et son chercheur radar actif, logés dans un nez à faible signature radar, permettent des profils de vol rasant la mer ou en haute altitude, avec des manœuvres rapides vers le haut ou le bas pour échapper aux contre-mesures.
Caractéristiques spécifiques d’intégration :
- Harmonie dimensionnelle : La longueur s’ajuste à la profondeur de la soute (4 à 4,5 mètres) tandis que le diamètre majoré est accueilli via des supports adaptatifs, permettant deux missiles par soute (quatre MkIII au total) ou des configurations mixtes (par exemple 2 MkIII + 4 MkII dans des versions améliorées du MkII).
- Isolation thermique et vibratoire : Les doublures composites de la soute interne atténuent la chaleur du moteur-fusée pendant le transport captive, validée lors de tests en chambre environnementale en 2025 — un élément essentiel à l’allumage à haute poussée du MkIII.
- Potentiel en essaim : Avec des ailerons pliables et des adaptateurs similaires au MkII, une version Mk2 de l’AMCA dotée de soutes élargies pourrait emporter jusqu’à six missiles MkIII, selon des révélations de juillet 2025, renforçant ainsi les capacités de guerre en réseau avec le radar AESA Uttam.
La vision du DRDO se confirme : les premiers prototypes du MkIII, testés depuis un Su-30MKI en mars 2025, intégraient déjà des interfaces spécifiques à l’AMCA, assurant une adoption plug-and-play dès l’entrée en service prévue en 2030.
Cette parfaite compatibilité des Astra MkII et MkIII avec la soute interne de l’AMCA résulte d’une approche « feuille blanche », où concepteurs de missiles et designers d’aéronef ont collaboré via des jumeaux numériques depuis 2020. La configuration centrale de la soute, flanquée de soutes latérales pour bombes ou armes à distance, privilégie la supériorité air-air, avec une capacité globale de 1 500 kg et des composites optimisés pour l’efficacité énergétique. Ce duo permet à l’AMCA de pénétrer en zone ennemie sans être détecté, d’engager des cibles à 200-300 km et de sortir indemne, répondant ainsi aux menaces des essaims chinoises J-20 ou des améliorations pakistanaises JF-17.