Dans la nuit, la Russie a mené une attaque massive à l’aide de drones iraniens Shahed. Le général Valeri Zaluzhnyi, chef d’état-major des forces armées ukrainiennes, annonce que l’année 2024 sera marquée par une évolution technologique majeure, fruit des leçons tirées en 2023 et d’améliorations notables dans la défense ukrainienne, même si l’adversaire russe reste actif et en quête de nouvelles opportunités.
Durant la nuit, la Russie a lancé une importante attaque de drones Shahed iraniens. Sur 46 drones lancés, la défense aérienne ukrainienne en a abattu 32. Ces frappes visaient principalement le sud et le centre de l’Ukraine, avec un nombre significatif de drones ayant toutefois réussi à percer les défenses.
Les forces russes adaptent constamment les trajectoires de ces drones, cherchant à exploiter les failles des systèmes anti-aériens ukrainiens et modifiant parfois leurs objectifs avec quelques succès.
Cette campagne a causé une victime et trois blessés près d’Odessa, dont un adolescent de 17 ans. Par ailleurs, dans la région de Kherson, trois personnes ont été tuées et seize blessées, principalement sous les bombardements quotidiens d’artillerie russe contre des zones civiles.
Le général Zaluzhnyi souligne le cap technologique que doit prendre 2024. Lors d’une conférence de presse, il a déclaré que l’armée ukrainienne a résolu environ 90 % des problèmes identifiés et mise sur les avancées technologiques pour amorcer un tournant dans le conflit. Néanmoins, il reconnaît que la Russie reste une menace constante.
Analyse : Le rythme rapide des évolutions technologiques redéfinit les capacités militaires, et l’Occident ne peut plus se reposer uniquement sur des équipements traditionnels et des doctrines anciennes. En Ukraine, le front impose une réalité stricte où la guerre ne se joue pas seulement sur le plan théorique ou administratif, mais sur l’efficacité immédiate des technologies et des tactiques.
Une tendance majeure s’impose : l’utilisation croissante de drones autonomes en essaims, qui pourraient s’imposer dans les douze prochains mois. La question de l’endurance des forces et de la rotation des unités pour maintenir la combativité sur la durée reste également cruciale. De nouvelles lois de mobilisation en Ukraine sont envisagées pour gérer ces enjeux humains et opérationnels.
Cette dynamique doit servir d’annonce pour les pays occidentaux, notamment la Suède, qui doivent renforcer leurs capacités de formation, de recrutement, de rotation et d’équipement des forces armées, même en période de conflit actif. La préparation à la guerre ne peut être suspendue sous prétexte que la confrontation est déjà engagée.
Du côté des pertes russes, la journée d’hier a été particulièrement lourde. 790 soldats et officiers ont été tués, quatorze chars, dix-sept véhicules de combat d’infanterie ou blindés, dix obusiers, deux systèmes de défense antiaérienne lourds, trente et un véhicules de transport et du matériel spécial ont été détruits.
Selon les dernières évaluations, aucune évolution majeure n’a été constatée sur le front, sauf la prise des ruines de Marinka par les forces russes, une ville désormais réduite à un tas de pierres après deux années de combats intenses. L’armée ukrainienne maintient néanmoins des positions dans cette zone, tant que la situation le permet.
En mer, le navire russe RFS Novotcherkassk a été gravement endommagé dans le port de Feodossia. Plus de 30 marins russes sont portés disparus et plusieurs blessés ont été recensés. La taille de l’explosion, estimée à environ 150 tonnes de TNT, a causé d’importants dégâts, et des fragments d’un missile de croisière Storm Shadow ont été retrouvés sur place.
Deux navires de guerre russes auraient quitté précipitamment le port de Feodossia, probablement en raison de la gravité des dommages subis.
Concernant les opérations terrestres, les unités blindées russes, dont de nombreux véhicules BTR-82A, ont essuyé de lourdes pertes sous les attaques répétées des drones FPV ukrainiens, qui démontrent une efficacité redoutable sur le champ de bataille.
Sur le plan matériel, les chiffres relatifs aux tanks russes en service et en réserve restent flous. Les estimations compilées font état d’environ 13 127 chars toutes catégories confondues (T-62, T-72, T-80, T-90), sans compter un grand nombre de T-54/55 ou T-64 dont la disponibilité est incertaine. Avec près de 6 000 chars perdus depuis le début du conflit, la Russie puise nécessairement dans ses réserves, composées majoritairement de modèles plus anciens et moins performants.
L’essentiel demeure la question de la disponibilité des équipages, dont la formation rapide peut grandement influer sur l’efficacité des blindés sur le terrain.
La défense anti-aérienne ukrainienne s’illustre par la destruction d’une majorité des drones Shahed lancés. Des images montrent les tirs des systèmes sol-air à tubes visant les drones iraniens, démontrant la nécessité pour les pays européens, notamment la Suède, de rééquiper et renforcer leurs systèmes de défense aérienne pour faire face à de telles menaces. Une attaque répétée et soutenue sur des infrastructures stratégiques comme les ports doit être imaginée et préparée.
La guerre ne se limitera pas à des zones militaires strictes ni à des horaires de jour, et l’ensemble de la société civile doit pouvoir compter sur une protection solide, faute de quoi le soutien populaire aux armées risque de diminuer fortement.
Par ailleurs, les forces russes ont cessé depuis quatre jours le lancement de leurs bombes planantes FAB-500 et FAB-1500 après plusieurs pertes d’appareils, notamment trois Su-34 et un Su-30SM abattus par la défense ukrainienne. Cette interruption correspond à une période de prudence, sans pour autant que les bombardements par artillerie n’aient pour autant disparu.
Enfin, des exactions continuent d’être documentées sur le front. Trois soldats ukrainiens capturés près du village de Robotyne ont été exécutés sommairement par les forces russes, en violation flagrante des conventions internationales sur le traitement des prisonniers de guerre. Cette séquence macabre, distincte de précédents cas récents, circule sur les réseaux, posant une fois de plus la question du respect du droit humanitaire dans ce conflit.
Slava Ukraini ! Heroiam slava ! Razom, do peremohi !