Les tensions s’exacerbent dans plusieurs régions du globe, notamment en Iran, Russie, Chine, Corée du Nord et chez les groupes jihadistes, mêlant attaques, négociations délicates et mécontentements croissants.
Iran
Ces dernières semaines, le président américain Donald Trump a multiplié les menaces de frappes majeures contre l’Iran. Cependant, à la fin du week-end, il a affirmé qu’un accord était en cours pour rouvrir le détroit d’Hormuz, ce qui l’a conduit à suspendre toute action militaire immédiate. Ce passage stratégique sur les routes maritimes mondiales fait l’objet de discussions entre Téhéran et Mascate (Oman), ces derniers agissant comme médiateurs régionaux.
Dans le cadre d’un mémorandum d’entente signé en juin entre Washington et Téhéran, la réouverture du détroit constituait un objectif central. Si un compromis se dessine, cela pourrait relancer des négociations plus larges, mises à mal depuis juillet dernier, notamment autour d’un cessez-le-feu régional, d’allégements économiques pour l’Iran et du programme nucléaire iranien, des points toujours en suspens.
Photo : Le patrouilleur de la Garde côtière américaine USCGC Aquidneck (WPB 1309) dans le détroit d’Hormuz, décembre 2020.
Russie
La guerre semble s’inviter davantage en Russie même. Le 3 août, un drone ukrainien s’est écrasé sur une plage d’une station balnéaire de la mer Noire, tuant au moins sept personnes après l’échec du système d’alerte. Les frappes ukrainiennes à longue portée ont réduit la capacité de raffinage pétrolier russe à son plus bas niveau depuis 24 ans, poussant Moscou à prolonger jusqu’en janvier 2027 l’interdiction d’exportation d’essence et de diesel.
Au-delà du champ de bataille, le Kremlin intensifie la répression interne. Le 4 août, Vladimir Poutine a signé une loi visant à restreindre les droits des critiques du régime vivant à l’étranger, notamment en gelant leurs comptes bancaires en Russie. En parallèle, Pavel Durov, fondateur de la plateforme Telegram, a été inscrit sur la liste des personnes considérées comme terroristes ou extrémistes. Moscou multiplie également les campagnes de blocage des VPN et la répression contre les citoyens relayant des informations sur les attaques ukrainiennes.
Du côté américain, le Sénat a adopté un projet de loi baptisé Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act, qui permettrait d’appliquer des taxes pouvant atteindre 200 % sur les principaux acheteurs russes de pétrole et de gaz, en ciblant notamment la Chine et l’Inde, ainsi que les infrastructures financières liées au Kremlin et à ses oligarques.
Photo : Incendie au raffinerie de Moscou provoqué par une attaque ukrainienne, juin 2026.
Chine
Mi-juillet, la start-up chinoise Moonshot AI a présenté son nouveau modèle d’intelligence artificielle, Kimi K3, capable de rivaliser avec les modèles avancés américains pour une fraction du coût, suscitant des inquiétudes aux États-Unis sur la compétitivité et l’efficacité des mesures de contrôle à l’exportation visant le développement chinois de l’IA.
En réponse aux restrictions américaines, le ministère chinois du Commerce a interdit à ses organisations et ressortissants de commercer avec sept entités américaines, renforcé les contrôles à l’exportation de drones et technologies associées à destination des États-Unis, et limité la participation des agences américaines aux inspections obligatoires des usines chinoises.
Par ailleurs, le 22 juillet, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi s’est entretenu avec son homologue américain Marco Rubio afin de préparer la prochaine visite du président chinois Xi Jinping à Washington, prévue en septembre. Une délégation chinoise conduite par le vice-ministre des Affaires étrangères Ma Zhaoxu a effectué une visite préparatoire à Washington entre le 22 et 24 juillet.
Photo : Le sous-secrétaire à la Guerre pour la politique Elbridge Colby rencontre le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Ma Zhaoxu au Pentagone, juillet 2026.
Corée du Nord
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a exigé des améliorations radicales à l’agence de renseignement générale du pays, afin de surmonter les limitations actuelles, notamment dans le domaine satellitaire et diplomatique, pour mieux récolter des informations et contrôler les menaces potentielles.
Un communiqué conjoint de onze pays, dont les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon, a appelé à renforcer les mesures pour contrer les réseaux d’informaticiens nord-coréens qui génèrent des revenus destinés aux programmes illicites d’armement du régime. Une proposition de loi américaine cherche à encourager un partenariat renforcé entre Washington et ses alliés pour perturber ces activités cybercriminelles.
Kim Yo Jong, sœur du leader, a averti que la Corée du Nord renforcerait ses options militaires en réaction à l’attitude sécuritaire plus affirmée du Japon, qui a récemment participé à des exercices navals avec les États-Unis et les Philippines et testé des missiles Tomahawk. Lors de l’exercice multilatéral Rim of the Pacific à Hawaï en juillet, Pyongyang a menacé d’« élever le niveau de sa dissuasion ».
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment affirmé que la Corée du Nord pourrait envoyer 30 000 soldats supplémentaires pour soutenir la Russie, ainsi que des lanceurs de missiles balistiques. La ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, Choe Son Hui, s’est rendue à Moscou pour rencontrer des responsables russes, dont Vladimir Poutine. Séoul suit la situation de près, sans détecter pour l’instant de signes d’une mobilisation imminente.
Photo : Vladimir Poutine et Kim Jong Un lors d’une visite à Pyongyang, juin 2024.
Groupes jihadistes
Le 25 juillet, un homme du nom d’Abdul Ballout a foncé en camionnette dans la foule rassemblée à la fin de la marche des fiertés de Berlin, dans le Tiergarten, avant d’attaquer des passants à la machette. Une femme a été tuée et environ 30 personnes blessées. Les autorités ont retrouvé sur un téléphone abandonné dans le véhicule une vidéo dans laquelle Ballout prêtait allégeance à l’État islamique. Il a fui mais a été localisé le lendemain et abattu après avoir semblé menacer la police avec une arme blanche. Les enquêteurs ont par la suite recherché un éventuel complice et analysé un second téléphone.
Agé de 21 ans et citoyen allemand d’origine libanaise, Ballout était déjà connu des services de renseignement comme délinquant violent récidiviste et militant islamiste. Deux de ses cousins avaient rejoint l’État islamique, et sa tante était mariée à Omar Bakri Muhammad, idéologue jihadiste. Ballout avait été impliqué dans la diffusion en ligne de propagande djihadiste. En mai 2025, il s’était rendu en Mauritanie, probablement pour tenter d’accéder à la province sahélienne de l’État islamique, avant d’être arrêté à l’aéroport de Nouakchott. Il avait également voyagé au Liban, où il avait contacté des membres présumés de l’EI pour faciliter un déplacement en Syrie. De retour en Allemagne, il avait écopé en mai 2026 d’une peine de 22 mois avec sursis pour préparation d’acte grave portant atteinte à la sécurité de l’État, tout en restant libre sous contrôle judiciaire. Cette attaque a suscité de vives critiques en Allemagne et en Europe quant au fait qu’un individu connu à risque ait pu agir ainsi.
Photo : Un mémorial à Berlin jour après le drame survenu lors de la marche des fiertés, juillet 2026.