Cinq ans après les assassinats en Haïti de Monferrier Dorval, Diego Charles et Antoinette Duclaire, la justice demeure introuvable. Quatre ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, la responsabilité des faits reste partiellement élucidée. Pourtant, les rapports internationaux sur Haïti continuent de privilégier les résultats quantifiables : ateliers sur le genre et la participation des jeunes, déploiements et décrets adoptés. Les organisations internationales, y compris les Nations unies, ainsi que la communauté donatrice, mesurent leurs actions, tandis que la population haïtienne évalue les changements réellement observés.
On parle ici du « piège des résultats » : les missions affichent des progrès en termes d’activités sans obtenir d’améliorations équivalentes dans les résultats concrets. Combler ce fossé exige de mesurer la réussite par les résultats obtenus, non par les actions entreprises. J’analyse les incitations structurelles qui poussent les organisations internationales et les États donateurs à confondre jalons administratifs et progrès substanciels. Cette analyse s’appuie sur les critères stratégiques de la Force multinationale anti-gangs, créée sous l’égide du Conseil de sécurité de l’ONU pour soutenir la Police nationale haïtienne dans la restauration de la sécurité. Je démontre ensuite comment la même confusion entre activités et résultats fausse les approches internationales sur l’impunité, les élections et l’économie quotidienne, avant de proposer un cadre fondé sur les résultats. Ce cadre repose sur trois piliers : des objectifs stratégiques partagés, une responsabilité intégrée entre acteurs de la sécurité, de la gouvernance, de la justice et du développement, et des indicateurs de performance axés sur les résultats effectifs.
La crise haïtienne s’éternise malgré des décennies d’interventions donatrices, preuve que l’engagement seul ne suffit pas à stabiliser un pays lorsque seuls les indicateurs d’activité sont suivis, sans mesurer les résultats. Alors que le Conseil de sécurité doit renouveler au plus tard en septembre le mandat de la Force anti-gangs et que les débats sur la réforme s’intensifient dans le cadre de l’agenda UN80, Haïti constitue un test majeur pour savoir si les organisations internationales et les bailleurs peuvent véritablement passer de la simple comptabilisation d’activités à une évaluation de résultats, mesurés par le degré de sécurité des citoyens, la reddition de comptes des institutions et la capacité de l’État à s’assurer une autonomie durable.
Cette question dépasse largement les enjeux régionaux dans les Caraïbes, qualifiées de « troisième frontière américaine ». Haïti est devenu le laboratoire de la prochaine génération d’interventions internationales : des opérations plus légères, plus fragmentées, dépendant davantage de financements volontaires, d’assistance bilatérale à la sécurité et de sous-traitants privés. Un modèle incapable de produire des progrès tangibles en matière de sécurité, de gouvernance et de justice ne saurait remplacer crédiblement le maintien de la paix traditionnel. Il ne fait que reproduire les mêmes crises, à moindre coût immédiat mais à risque stratégique accru sur le long terme.
Renverser l’instabilité haïtienne nécessite plus qu’un simple alignement des opérations de la Force anti-gangs avec les réformes de gouvernance, de justice et institutionnelles. Cela implique un réajustement stratégique ancré dans un large pacte politique haïtien, renforcé par des indicateurs de résultats qui mesurent si ce pacte permet des améliorations concrètes en matière de sécurité, de justice, de gouvernance et de légitimité institutionnelle.
Le piège des résultats
Les organisations internationales et les États donateurs ont tendance à rendre compte de leurs progrès par le biais d’activités mesurables telles que des réunions de coordination ou la remise de matériel. Ces indicateurs sont importants pour la gestion, la planification et la redevabilité envers les bailleurs, mais n’ont que peu de rapport avec la stabilisation effective.
Dans ce cadre, un résultat d’activité (ou output) désigne une action institutionnelle ponctuelle — réunion tenue, unité formée, décret signé — que les missions et donateurs peuvent enregistrer et rapporter comme preuve de leur activité. Un résultat d’impact (ou outcome) correspond à un changement tangible vécu directement par la population haïtienne : baisse de la violence, tribunaux fonctionnels, élections crédibles. Les missions peuvent ainsi produire un grand nombre d’activités alors même que les conditions observables ne s’améliorent pas, voire se dégradent. Ce décalage est le cœur du piège des résultats.
Les résultats de stabilisation sont souvent multifactioriels et difficiles à attribuer à un seul acteur avec précision. Ils restent néanmoins mesurables dans un délai défini, via des indicateurs tels que la diminution des déplacements forcés, la réouverture à la circulation commerciale des routes et aéroports, la réduction de l’extorsion dans les chaînes d’approvisionnement et la tenue d’élections crédibles. Privilégier des indicateurs quantifiables d’activités ne résout donc pas le problème d’attribution. Au contraire, cela risque de confondre activité institutionnelle et preuve de progrès stratégique, renforçant ainsi le piège des résultats. Les missions doivent être évaluées sur leur effet stratégique, même si l’attribution reste nécessairement imparfaite dans un contexte opérationnel fragmenté.
La déconnexion s’explique par la méconnaissance de quatre niveaux distincts. La stabilisation s’inscrit dans un spectre qui va des ressources (personnel, financements), aux activités (déploiements, décrets), aux résultats concrètement observables (embargo sur les armes appliqué, sécurité restaurée, justice fonctionnelle, élections crédibles), puis à l’effet stratégique (un État capable de gouverner sans assistance internationale exceptionnelle). La stabilisation durable dépend des progrès à tous ces niveaux. Trop souvent, les missions internationales affichent une activité intense au niveau des outputs sans progrès comparables dans les résultats ou l’effet stratégique.
L’exemple le plus frappant est celui de l’Afghanistan. En 20 ans, les États-Unis ont investi plus de 144 milliards de dollars dans la reconstruction — davantage en termes réels que le Plan Marshall — aboutissant, selon l’inspecteur général américain pour la reconstruction afghane, à une mission minée dès le départ par l’absence de stratégie, de responsabilité et de réalisme. Institutions, élections et forces de sécurité étaient présentées comme des preuves de progrès. Lorsque le soutien américain a été retiré en août 2021, l’État afghan s’est effondré en quelques semaines.
Le cas de la République démocratique du Congo raconte une histoire similaire sur une période plus longue. La mission de maintien de la paix des Nations unies y est active depuis un quart de siècle, avec un budget annuel dépassant le milliard de dollars, la plus longue et la plus coûteuse de l’ONU. La confiance du public dans cette mission pour protéger les civils est passée de 55 % en 2016 à moins de 24 % au début des années 2020. En 2023, le gouvernement congolais a formellement demandé son retrait, dénonçant son incapacité à protéger la population ou instaurer la paix. Haïti a connu ce même schéma, avec une succession de missions dédiées à la police et à la justice sur quatre décennies, qui se sont retirées sans laisser durablement des institutions fonctionnelles.
Dans tous les cas, les missions ont documenté de nombreux résultats d’activité : déploiement de troupes, accords signés, institutions formées, budgets décaissés. Aucune n’a pu démontrer un effet stratégique constant : un État capable de gouverner et de sécuriser son territoire sans soutien extérieur permanent. En Haïti, ce schéma s’est répété. Alors que ces missions se retiraient en laissant les résultats non mesurés, les gangs ont vite comblé le vide. Le fossé entre résultats d’activités rapportés et résultats observés est aujourd’hui flagrant : 1,5 million de déplacés internes — plus de la moitié sont des femmes et des filles — un record en juin 2026 ; aucune élection nationale depuis 2021 ; le trafic aérien commercial à Port-au-Prince reste gravement perturbé, forçant à transiter par Cap-Haïtien ; étendue des enlèvements, même en zones auparavant sécurisées, notamment l’enlèvement en plein jour de l’inspecteur général de la police nationale à Bourdon, à quelques pas du bureau du Premier ministre. Ces résultats concrets illustrent le décalage entre le rapport des organisations internationales et la réalité haïtienne, le piège des résultats à l’œuvre.
De la génération de forces à l’effet stratégique
Pour produire un effet stratégique, la Force anti-gangs ne peut être une force tactique isolée. Elle doit s’inscrire dans une chaîne d’application de la loi intégrée, associant renseignement, opérations ciblées, enquêtes, poursuites, sanctions et détentions sécurisées.
Créée par la résolution 2793 du Conseil de sécurité de l’ONU en septembre 2025, la Force anti-gangs est une mission multinationales chargée de neutraliser les gangs, protéger les civils et les infrastructures vitales, et faciliter l’accès humanitaire. Fonctionnant hors de la chaîne de commandement onusienne, financée par des contributions volontaires et une assistance bilatérale, et soutenue logistiquement par le Bureau d’appui aux missions en Haïti, elle est née d’un compromis politique. La Chine et la Russie s’étaient opposées à une opération traditionnelle de maintien de la paix, et quand le Conseil a autorisé la Force, ces deux pays se sont abstenus, tout comme le Pakistan, invoquant des inquiétudes sur le financement, la supervision et la responsabilité. Cette Force remplace la mission Multinationale de soutien à la Sécurité dirigée par le Kenya, dont le bilan opérationnel était bas : moins de 1 000 personnels face à environ 12 000 membres de gangs, avec des opérations limitées par des pénuries chroniques de financement.
Dix mois après son autorisation, les déploiements restent bien en-dessous du plafond prévu de 5 500 militaires et policiers, et la capacité opérationnelle complète n’est pas attendue avant octobre 2026. Le défi n’est pas que quantitatif : lors d’un témoignage devant la commission des crédits du Sénat américain en février 2026, le chargé d’affaires des États-Unis Henry Wooster a rappelé qu’Haïti compte officiellement plus de 10 000 policiers, mais seulement quelques centaines sont disponibles, équipés, vérifiés et capables de mener durablement des opérations anti-gangs — soulignant que la capacité effective, plus que la force autorisée, constitue la véritable référence opérationnelle.
La simple constitution d’une force ne suffit pas à générer un effet stratégique. Il faut combler deux lacunes distinctes : développer une force efficace en nombre et bâtir la chaîne manquante d’application de la loi, regroupant renseignement, arrestations, enquêtes, poursuites, sanctions, disruption financière et protection institutionnelle. Haïti ne dispose pas aujourd’hui de cette chaîne complète. L’aide internationale a souvent renforcé des composantes isolées des systèmes de sécurité et de justice, alors que la résolution 2793 habilite explicitement la Force à mener des opérations ciblées indépendantes, guidées par le renseignement, pour neutraliser et dissuader les groupes armés.
Cette architecture reflète un compromis politique. Elle a permis à Washington d’éviter une intervention sans fin, aux membres sceptiques du Conseil de sécurité de rejeter une mission traditionnelle de maintien de la paix, et aux organisations de l’hémisphère occidental de contribuer sans assumer la responsabilité stratégique à long terme. Mais elle a aussi laissé des zones d’ombres persistantes quant au commandement, au financement et à la responsabilité. Parallèlement, les gangs haïtiens ne se contentent pas d’occuper des territoires : ils contrôlent des systèmes économiques critiques — routes, dépôts de carburant, corridors marchands, accès portuaire — en extrayant revenus et autorité dans le vide laissé par un État défaillant.
L’impunité comme indicateur de stabilisation
La combinaison Force anti-gangs et gouvernement de transition — architectures responsables de la sécurité et de la transition politique — présente une faiblesse majeure : l’impunité n’est pas considérée comme un indicateur central de stabilisation. La crise haïtienne ne se résume pas aux gangs seuls, mais s’alimente d’une protection politique, d’une complicité économique, de financements illicites ainsi que du trafic d’armes et de drogues. La stabilisation doit donc viser non seulement les groupes armés comme Viv Ansanm, mais aussi leurs financiers politiques et économiques, ainsi que les responsables étatiques et sécuritaires qui les protègent et les mettent à l’abri des poursuites. En septembre 2024, un rapport du Panel d’experts des Nations unies sur Haïti a documenté ces liens directs entre violence de gangs et certains acteurs politiques, économiques et sécuritaires qui continuent de soutenir ces groupes armés, tandis que le comité de sanctions onusien a inscrit le député Prophane Victor sur sa liste pour avoir armé et financé les gangs à des fins politiques, premier politicien haïtien sanctionné officiellement. Beaucoup de ces acteurs restent largement hors de portée de la justice. Cette impunité structurelle est à la base même de l’instabilité haïtienne, et la Force, qui cible principalement les exécutants des gangs sans s’attaquer à cet écosystème politique et financier, risque de traiter les symptômes sans guérir la cause.
Les assassinats de Dorval, Diego, Duclaire et Moïse, ainsi que les meurtres des missionnaires Davy et Natalie Lloyd et du directeur Jude Montis, illustrent cruellement ce schéma. Les résultats restent mitigés : les procureurs fédéraux américains ont obtenu en mai 2026 des condamnations dans l’affaire de l’assassinat de Moïse, mais les procédures parallèles en Haïti sont au point mort. L’obtention de la justice dépend donc davantage de juridictions étrangères que des institutions nationales.
La stabilisation ne peut se mesurer uniquement par des patrouilles, des déploiements ou des formations. Elle doit l’être par la mise en cause effective des auteurs, financiers, fonctionnaires corrompus et protecteurs politiques.
Des progrès procéduraux ne signifient pas progrès politique ou social
La publication d’un calendrier électoral, la distribution de cartes d’électeur ou l’organisation de Forums consultatifs sont des jalons administratifs, non la preuve d’une préparation politique. Ces étapes ne suffisent pas à garantir les fondamentaux pour des élections crédibles en termes de politique, sécurité et institutions. Pendant des années, les élections ont servi de stratégie de sortie préférée à la communauté internationale, avec une observation électorale assurant une validation procédurale même en l’absence des bases d’une gouvernance efficace. La prise de conscience croissante que les élections ne peuvent remplacer la stabilité traduit un ajustement de ce modèle séquentiel appliqué longtemps en Haïti.
Le « Pacte national » du 21 février 2026, cadre politique de la transition actuelle, identifie plusieurs conditions préalables à des élections crédibles, notamment la garantie que les bulletins et agents électoraux puissent atteindre les zones contrôlées par les gangs, un registre et un système d’identification fiables, des institutions électorales efficaces, ainsi qu’un système judiciaire capable d’appliquer la loi et de trancher les litiges électoraux. L’adoption de ce cadre reste un simple résultat d’activité dont la contribution à la stabilisation dépendra de sa mise en œuvre et de la responsabilité qui en découle. Organiser des élections alors que des alliances de gangs contrôlent les grands axes de transport, extorquent les chaînes d’approvisionnement et déplacent plus de 1,5 million de personnes, risque d’attribuer un mandat creux à un gouvernement sans réelle autorité.
La stabilité économique est indissociable de la sécurité et doit être évaluée à travers les budgets des ménages autant que les indicateurs sécuritaires. Le contrôle par les gangs des routes principales a fait exploser les coûts de transport — hausse de plus de 50 % début 2026 — exacerbant l’insécurité alimentaire et empêchant les familles déplacées d’accéder aux marchés et à l’emploi. La crise sécuritaire entraîne un effondrement économique, qui à son tour alimente l’insécurité. Ces pressions socioéconomiques, plus que les seules statistiques sécuritaires, détermineront en fin de compte si la stabilisation améliore véritablement le quotidien des Haïtiens.
La relance économique dépend aussi de fondations institutionnelles largement absentes. L’investissement privé requiert une sécurité prévisible, l’État de droit et un cadastre complet — attendu de longue date — assurant des droits fonciers protégés. Haïti demeure confronté à des risques d’enlèvement, à un accès territorial restreint et à des institutions étatiques fragiles. Promouvoir des investissements avant que ces conditions soient réunies répète le piège des résultats : les discours politiques avancent plus vite que les bases institutionnelles nécessaires.
Le suivi international doit donc pivoter de l’enregistrement des activités vers la mesure des résultats concrets : corridors commerciaux rouverts, diminution de l’extorsion dans les transports et le commerce, liberté de circulation restaurée, ainsi que fondations institutionnelles pour des élections crédibles.
Un réajustement stratégique
Haïti n’a pas besoin d’une nouvelle couche de coordination administrative, mais d’un réajustement stratégique fondé sur un large pacte politique haïtien et articulé autour de sept résultats mesurables : une gouvernance apte à organiser des élections crédibles, une réduction de la violence appuyée par un désarmement et une réintégration efficaces, une baisse de la corruption et de l’impunité via un système judiciaire fonctionnel, une mobilité rétablie assurant un accès routier et portuaire sécurisé et sans entrave aux personnes, aux biens et au commerce, davantage d’emplois dans le secteur privé, des institutions durables dont un conseil électoral permanent et une cour constitutionnelle, et des conditions de sécurité favorables au retour des Haïtiens de la diaspora.
Ancré dans ce pacte politique, ce cadre pourrait soutenir une opération de paix onusienne complète, à condition d’être conçue autour de la performance : mandat clair, financement évalué, commandement unifié, responsabilité renforcée et indicateurs axés sur les résultats, remplaçant l’architecture fragmentée actuelle par une véritable stratégie de sortie.
Mais tout cela ne fonctionnera que si les Haïtiens en sont les acteurs principaux. Le pacte politique qui fonde ce réajustement doit découler d’un large consensus domestique, rassemblant des acteurs non impliqués dans les réseaux politico-criminels mentionnés, avec un soutien international suivant ce pacte et non s’y substituant. Organisé ainsi, le réajustement offre aussi une porte de sortie aux principaux partenaires. Pour les États-Unis, il relie la stabilisation à la gestion migratoire, d’autant plus urgente après la décision de la Cour suprême en juin 2026 d’abroger le statut temporaire protégé pour environ 350 000 Haïtiens. Pour la Chine et la Russie, il valide leur exigence de missions disciplinées et responsables, sans mandats sans fin. Pour l’Union européenne, la Communauté des Caraïbes et l’Organisation des États américains, il aligne engagement démocratique et État de droit avec des résultats vérifiables. Pour l’ONU, c’est une opportunité de se repositionner dans le cadre des réformes UN80 autour d’un modèle plus léger et orienté vers les résultats. Et avant tout, les Haïtiens jugeront l’engagement international à l’aune de ce qu’il modifie dans leur quotidien.
Les enjeux dépassent largement Port-au-Prince. Des pays comme le Mali, la Somalie ou le Yémen illustrent d’autres exemples où les interventions internationales reproduisent le même problème : des institutions construites sans autorité, des élections organisées sans légitimité, des actions consignées sans transformation. Haïti est un aperçu des défis de la prochaine génération d’interventions — plus légères, fragmentées et financièrement contraintes — qui échoueront sans une évaluation des succès fondée sur les résultats stratégiques réels.
Philippe de Bard est conseiller en gouvernance internationale, élections et stabilisation, avec plus de 25 ans d’expérience auprès des Nations unies, de l’Union européenne et de l’Organisation des États américains, dans des environnements fragiles et affectés par des conflits, incluant des missions en Haïti, République démocratique du Congo, Afghanistan, Guinée et Liban.