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Un audit met en lumière d’importantes irrégularités dans les comptes du ministère de la Défense, notamment liées aux projets de l’Atomic Weapons Establishment. Des lacunes majeures dans les documents comptables et un déficit significatif dans les provisions pour charges juridiques ont été identifiés, remettant en question la fiabilité des comptes 2024-2025 du ministère.

Le National Audit Office (NAO) a exprimé des réserves sur les comptes 2024-2025 du ministère de la Défense (MoD), pointant l’absence de justificatifs comptables pour une large part des projets menés par l’Atomic Weapons Establishment (AWE). Cet organisme public spécialisé est chargé de certains aspects de la dissuasion nucléaire britannique.

Au 31 mars 2025, les projets de l’AWE représentaient 6,13 milliards de livres sterling d’actifs en cours de construction pour le MoD, dont 1,5 milliard lié à des « projets hérités » qui n’ont pas évolué depuis plusieurs années.

Les auditeurs ont indiqué que le ministère n’a pas su démontrer que la reconnaissance durable de ces coûts projetés était justifiée. Par ailleurs, d’autres soldes au sein de ces 6,13 milliards semblent ne pas être conformes aux normes comptables en vigueur. En conséquence, Gareth Davies, le Contrôleur et Vérificateur Général, a limité la portée de son opinion sur les états financiers 2024-2025 du ministère.

Le NAO a également détecté un déficit de 2,56 milliards de livres dans les provisions inscrites aux comptes 2023-2024 du MoD. Ce manque est associé à des réclamations pour blessures personnelles ainsi qu’aux coûts liés à la réinstallation dans le cadre des programmes Afghan Relocations and Assistance Policy (ARAP) et Afghanistan Response Route (ARR). Ces omissions ont conduit à la nécessité de retraiter les comptes de l’exercice précédent et ont entraîné une opinion qualifiée de régularité en raison de dépenses non autorisées.

Le rapport souligne que le MoD n’a pas informé les auditeurs du piratage de données survenu en 2022, à l’origine du lancement du dispositif ARR, avant la levée d’une super-injonction en juillet 2025. Cet élément a empêché tout examen approfondi durant l’audit 2023-2024. Depuis, le ministère a engagé une révision du registre des projets d’une valeur de 6,13 milliards en collaboration avec l’AWE, que le NAO examinera dans le cadre de l’audit 2025-2026.

Le National Audit Office met en garde contre des faiblesses graves dans la gestion financière et la tenue des registres du ministère, en particulier concernant ses engagements financiers à long terme liés aux projets d’envergure et aux obligations juridiques.