Les groupes britanniques Babcock International, suédois Saab et italien Fincantieri ont conclu des accords visant à renforcer leur coopération avec le groupe industriel de défense polonais PGZ, en amont de la commande du futur sous-marin Orka.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme polonais destiné à renouveler sa flotte de sous-marins, afin d’étendre ses capacités dans les eaux peu profondes de la mer Baltique. Ces trois industriels européens manifestent un intérêt marqué pour ce projet stratégique.
Les accords avec PGZ ont été signés lors du salon de l’industrie de défense MSPO, qui s’est tenu du 2 au 5 septembre à Kielce, en Pologne.
Władysław Kosiniak-Kamysz, vice-Premier ministre et ministre polonais de la Défense, a déclaré que Varsovie envisageait de commander entre trois et quatre nouveaux sous-marins pour sa marine d’ici la fin 2025.
Ce renouvellement, prévu dans le cadre du programme baptisé Orka (Orque), revêt un caractère urgent, étant donné que la marine polonaise s’appuie actuellement sur un unique sous-marin obsolète de conception soviétique, l’ORP Orzel de classe Kilo.
PGZ, en tant que principal acteur de l’industrie de défense polonaise, apparaît comme un partenaire clé pour les groupes étrangers en lice, faisant d’Orka potentiellement le plus important programme naval de l’histoire de la Pologne.
Pierroberto Folgiero, directeur général et PDG de Fincantieri, a affirmé que l’entreprise souhaite contribuer aux « ambitieux plans de modernisation navale » du pays. Fort d’un héritage de plus de 180 sous-marins construits et d’une expertise reconnue dans les plateformes navales avancées, Fincantieri entend soutenir le programme Orka par une coopération industrielle durable avec PGZ et l’industrie de défense nationale.
De son côté, Babcock collabore déjà avec PGZ sur un autre grand projet naval, le programme Miecznik (Épée de mer), pour lequel PGZ conduit un consortium chargé de construire trois frégates basées sur le design Arrowhead 140 développé par Babcock. Ces navires doivent être livrés à la marine polonaise entre 2026 et 2032.
David Lockwood, directeur général de Babcock, a souligné : « Le Royaume-Uni et la Pologne entretiennent des liens étroits de longue date, et cette collaboration industrielle croissante avec PGZ approfondira notre relation tout en accélérant notre soutien aux forces armées polonaises, en cohérence avec nos ambitions communes dans les domaines aérien et maritime. Le programme Miecznik illustre parfaitement les bénéfices concrets de cette coopération. »
Pour Saab, Micael Johansson, président et CEO, a indiqué qu’un potentiel important existe pour renforcer le partenariat déjà établi entre les deux pays, afin d’assurer la sécurité et la stabilité en Europe, notamment dans la région baltique.
Cette volonté s’est vu confirmée le 2 septembre avec la signature d’un accord de coopération bilatéral entre la Pologne et la Suède, à l’occasion du salon MSPO, en présence des ministres de la Défense des deux pays, Władysław Kosiniak-Kamysz et Pål Jonson.
Le gouvernement polonais, mené par le centre, subit une pression politique croissante pour concrétiser ce projet. Le 15 août dernier, Karol Nawrocki, président de la République et figure de l’opposition, avait affirmé lors du défilé du Jour des Forces armées à Varsovie : « Nous devons mettre en œuvre le programme Orka ».
Il avait ensuite insisté : « Comme me l’ont dit les marins, nous avons besoin de sous-marins polonais, attendus depuis des années, des décennies par la marine. C’est la voie à suivre. »
Au total, 11 acteurs internationaux participent à la consultation de marché lancée par Varsovie en 2023. Outre Babcock, Fincantieri et Saab, les principaux concurrents sont Naval Group (France), ThyssenKrupp Marine Systems (Allemagne), Navantia (Espagne), Hanwha Ocean (Corée du Sud) et Hyundai (Corée du Sud).
En mai 2025, un porte-parole du ministère polonais de la Défense a indiqué à Defense News que les offres des groupes allemand, italien et suédois avaient obtenu les meilleures notes selon l’Agence polonaise de l’armement, chargée des acquisitions militaires. Néanmoins, les autres propositions restent en cours d’examen dans le cadre des discussions bilatérales.
Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, la Pologne a renforcé ses dépenses militaires, devenant l’un des pays les plus engagés au sein de l’OTAN. Pour 2025, le budget alloué aux forces armées est prévu à 186,6 milliards de zlotys (environ 51 milliards de dollars), ce qui représente environ 4,7 % du PIB national pour cette année.