Lors de la dernière réunion du Groupe Multipartite du Parlement écossais dédié à la Marine et à la Construction Navale, Babcock a indiqué que les programmes navals danois et suédois auxquels elle participe sont proches de phases décisives.
La société est restée discrète sur les détails commerciaux, mais ses exposés laissent entendre que la frégate Arrowhead 140 pourrait bientôt bénéficier d’opportunités d’exportation plus concrètes en Europe du Nord.
Le programme danois est en développement depuis environ cinq ans, une durée typique pour les grands cycles de renouvellement naval, mais jugée longue par le grand public. Les échanges lors de la réunion laissent penser que des décisions clés pourraient émerger au premier trimestre de l’année prochaine. La structure de l’éventuel contrat danois est complexe, intégrant plusieurs types de navires, bien qu’un successeur de la classe Iver Huitfeldt semble faire partie du projet. La présence de l’Arrowhead 140 dans cette compétition est stratégiquement importante : cette conception est née d’une inspiration danoise, et la frégate britannique de type 31 a réintroduit cette lignée sur le marché mondial.
Si le Danemark choisit une variante de la famille Arrowhead, cela ouvrirait deux voies d’influence. D’une part, cela renforcerait la revendication britannique de relancer un modèle d’exportation viable dans la construction navale, un objectif souvent annoncé par plusieurs gouvernements mais rarement atteint à grande échelle. D’autre part, cela consoliderait l’interopérabilité nordique à un moment où la sécurité dans le Grand Nord évolue rapidement. Des déclarations récentes du Premier Lord de la mer ont souligné que le Royaume-Uni considère l’Atlantique Nord et la mer de Norvège comme une zone stratégique continue. S’aligner avec le Danemark sur la conception de bâtiments de surface s’inscrirait parfaitement dans cette logique.
Le dossier suédois semble avancer à un rythme différent mais reste actif. Babcock a indiqué que la Suède mène un processus compétitif dans lequel l’Arrowhead est bien présent. Tout résultat dépendra largement de la politique industrielle de Stockholm. Traditionnellement, la Suède intègre des conceptions étrangères dans ses chantiers nationaux plutôt que de confier l’intégralité de la construction de bâtiments majeurs à l’étranger, mais elle fait face à un défi accru de renouvellement de flotte. Le retour de la défense territoriale comme principe central de la sécurité suédoise a conduit à avancer plusieurs calendriers d’acquisition. Lorsque la capacité industrielle interne est limitée, des arrangements hybrides de construction deviennent plus envisageables.
Ces deux cas nordiques posent une question plus large : le Royaume-Uni saura-t-il proposer des structures de partage du travail et une confiance dans les calendriers suffisantes pour convaincre ses partenaires d’adopter l’Arrowhead ? Les premiers progrès sur le type 31, notamment la cadence régulière des cérémonies de pose de quille à Rosyth, renforcent l’idée que le système de production britannique se stabilise.