Dans la matinée du samedi 27 avril, une attaque par drones a visé plusieurs infrastructures dans la région russe de Krasnodar, notamment la raffinerie pétrolière Slavyansk ECO proche de la localité urbaine de Slavyansk ainsi que la raffinerie Ilya située à proximité. Cette opération a provoqué un important incendie suite à l’incursion des UAV.
Selon des sources russes, environ sept explosions ont été enregistrées aux alentours de cinq heures du matin dans la périphérie du district de Slavyansk, Kuban, illuminant le ciel nocturne d’une lueur inquiétante. Le chef du district de Slavyansk a précisé qu’un drone a endommagé une colonne de distillation de la raffinerie dans cette région. Par ailleurs, la raffinerie pétrolière Ilya, dans le district de Seversky du territoire de Krasnodar, aurait également subi une attaque similaire.
Du côté ukrainien, les informations sont plus détaillées. Selon leurs rapports, l’attaque n’a pas seulement touché les raffineries, mais a également visé la base aérienne de l’aviation de chasse russe à Kushchivsk. Située à environ 250 km de la ligne de front, cette base abrite des bombardiers de première ligne Su-34. Les drones ont ainsi ciblé simultanément les installations pétrolières et l’aérodrome militaire à Kushchivsk, dans le territoire de Krasnodar.
Vidéos après l’attaque
Une vidéo circulant sur Internet montre les conséquences de la destruction d’un entrepôt contenant des kits UMPK, équipements permettant de transformer des bombes aériennes classiques en bombes planantes. Le film révèle également des dégâts sur le bâtiment du contrôle aérien, une conséquence directe de l’attaque. La localisation précise de ces événements ne pose pas de difficulté particulière.
La vidéo met en lumière plusieurs avions Su-34 stationnés sur la base. Malgré une résolution limitée, des images satellitaires issues du satellite Sentinel de l’ESA indiquent la présence d’au moins cinq appareils sur l’aire de trafic, à proximité de l’entrepôt des kits UMPK.
Bien que ces images datent du 9 avril, en raison d’une forte couverture nuageuse, aucune photo récente en optique n’est disponible. Cependant, les images radar SAR confirment que les avions se trouvent toujours à cet emplacement. À ce stade, il n’est pas possible de déterminer si les appareils ont été endommagés, mais le bruit caractéristique des moteurs à réaction se fait entendre dans la vidéo. Il est possible que les avions aient été déplacés préalablement. Historiquement, la base de Kushtevskaya héberge la 195e base aérienne d’entraînement, équipée de Su-27, ainsi que potentiellement de MiG-29 et L-39 encore opérationnels.
Su-34 visés ?
Aucune preuve définitive n’a encore été avancée par les autorités russes ou ukrainiennes concernant des dégâts touchant les Su-34 basés sur la piste. Néanmoins, ce modèle de bombardier de première ligne est la cible principale des attaques ukrainiennes depuis le début de l’année. Dans la nuit du 4 au 5 avril, des drones ukrainiens avaient déjà mené une opération contre des bases militaires russes, visant en particulier des unités de Su-34.
Une attaque avait alors visé l’aéroport militaire de Morozovsk, utilisé majoritairement par les forces russes pour leurs bombardiers Su-34. Ce site serait également employé comme base de lancement pour des missiles sol-air visant l’Ukraine, selon les sources ukrainiennes.
Un analyste OSINT connu sous le pseudonyme @MT_Anderson a relayé sur la plateforme X (anciennement Twitter) des informations indiquant la présence, au 4 avril, d’environ 26 Su-34 ainsi que 3 chasseurs Su-30/35 sur l’aérodrome de Morozovsk. Si l’attaque avait été efficace, un nombre important d’appareils aurait pu être endommagé ou détruit. Cependant, les rapports ultérieurs ont confirmé que aucun avion n’a été affecté par cette opération.
Début 2024 : nouvelles pertes russes
À la fin février, la Force aérienne ukrainienne avait annoncé la destruction de trois bombardiers Su-34 russes dans des combats datant du 29 février. Selon le communiqué officiel publié sur la page Facebook du commandement des Forces armées ukrainiennes, un appareil était abattu dans la matinée, suivi par deux autres dans la journée. Durant cette même période, du 17 au 29 février, l’Ukraine revendiquait également la perte de sept Su-34 supplémentaires ainsi que de deux Su-35 abattus.
Par ailleurs, des pertes russes comprenaient aussi un avion radar Beriev A-50, confirmant les impacts du conflit sur le parc aérien russe.
Contexte : invasion russe de l’Ukraine en 2022
Le 21 février 2022, la Russie avait annoncé qu’une attaque ukrainienne visant une installation frontalière avait entraîné la mort de cinq combattants ukrainiens. L’Ukraine avait rapidement démenti ces allégations, les qualifiant de “fausses opérations”.
Le même jour, la Russie reconnaissait officiellement les territoires autoproclamés des Républiques populaires de Donetsk (DPR) et de Louhansk (LPR), incluant selon le président Vladimir Poutine, toutes les régions ukrainiennes concernées. Cette déclaration s’est accompagnée de l’envoi d’un bataillon de forces russes, incluant des chars, dans ces zones.
Le 24 février 2022, Vladimir Poutine lançait une offensive militaire majeure contre l’Ukraine, déployant ses forces armées le long de la frontière ukrainienne. Cette opération, préméditée, est qualifiée par Moscou de “opération militaire spéciale”, évitant d’utiliser le terme officiel de guerre.