Le conflit éclair de quatre jours entre l’Inde et le Pakistan en mai 2025, baptisé opération Sindoor, a mis en lumière les marges étroites de la suprématie aérienne en Asie du Sud. Si l’Armée de l’air indienne (IAF) a infligé des dégâts majeurs à six bases aériennes pakistanaises — cratérisant les pistes, détruisant les hangars et neutralisant des équipements — l’Armée de l’air pakistanaise (PAF) n’a réalisé que des frappes limitées sur des bases avancées indiennes, avec des impacts mineurs reconnus à Udhampur, Pathankot, Adampur et Bhuj.
Pourtant, alors que la poussière retombe, une question cruciale se pose : ces vulnérabilités liées à la proximité de la frontière se sont-elles amplifiées à l’ère des armes de précision à distance ? Avec de nombreuses bases indiennes situées à quelques centaines de kilomètres seulement de la frontière, et face à la montée en puissance de la PAF soutenue par un partenariat renforcé avec la Chine, l’IAF doit-elle repenser sa doctrine de bases avancées au profit de centres plus profonds et mieux fortifiés ?
Déclenché par une attaque terroriste dans la région de Jammu-et-Cachemire le 6 mai 2025, le conflit a rapidement dégénéré en une offensive massive mêlant drones et missiles. Les Rafale indiens, équipés de missiles de croisière supersoniques BrahMos et de bombes guidées Spice-2000, ont mené des salves de 90 minutes sur 11 bases pakistanaises, dont Nur Khan, Sargodha et Skardu, causant des « dégâts sévères » aux infrastructures et abattant cinq avions pakistanais. Les images satellites ont confirmé cette asymétrie : les installations pakistanaises présentaient de larges cratères sur les pistes et des bâtiments effondrés, tandis que les bases avancées indiennes ont échappé à des perturbations majeures.
Les contre-attaques de la PAF — plus de 200 munitions à vol stationnaire et missiles de croisière — visaient des positions-clés de l’IAF telles que Pathankot (à seulement 35 km de la frontière) et Adampur (à 180 km), mais n’ont infligé « quasi aucun dommage observable » au-delà d’impacts superficiels sur des infrastructures non critiques. Ce succès s’explique par la défense aérienne robuste de l’IAF, qui utilise notamment les systèmes S-400 et les missiles sol-air Akash, interceptant la majorité des menaces. Cependant, la proximité des bases — nombreuses à moins de 300 km de la frontière internationale — augmente les risques, car les avions pakistanais JF-17 pourraient patrouiller et frapper avec une relative impunité sans la supériorité indienne en guerre électronique.
Le Commandement aérien occidental de l’Inde (WAC) repose fortement sur ces bases avancées pour une réponse rapide : Pathankot, Ambala, Halwara, Jaisalmer, Jamnagar, Jodhpur ou Bhuj forment un réseau d’aérodromes à haute disponibilité, permettant des sorties des Su-30MKI et Mirage 2000 en quelques minutes après un ordre d’alerte. Ces sites, souvent des pistes mixtes civil-militaire, abritent 40 à 50 % des forces tactiques de l’IAF, facilitant des frappes rapides dans les régions pakistanaises du Pendjab et du Sind. Cependant, leur position le long de la frontière — Srinagar étant située à seulement 80 km de la Ligne de Contrôle — les rend extrêmement vulnérables dans un contexte de guerre moderne.
Le passé militaire rappelle cette réalité : lors des conflits de 1965 et 1971, la PAF avait attaqué Pathankot et Halwara, causant des perturbations notables. En 2019, pendant la crise de Balakot, les drones pakistanais avaient sondé ces failles, tandis qu’en 2025 plusieurs frappes visaient répétitivement Srinagar, un schéma récurrent depuis 1947. Les analystes alertent qu’en cas de conflit majeur, des attaques saturantes pourraient submerger les défenses, immobiliser les escadrons et paralyser la logistique. Avec les effectifs des escadrons indiens qui tombent en dessous de 30, retardant les livraisons des avions Tejas et Rafale, la perte d’une seule base avancée pourrait faire basculer l’équilibre aérien, d’autant que ces bases supportent 70 % des patrouilles frontalières.
Le conflit de 2025 a été un électrochoc pour Islamabad, où les missiles de courte portée pakistanais Fatah 1 et Fatah 2 se sont révélés insuffisants face à l’opération dispersée de l’IAF. Mais la complaisance serait une erreur : après Sindoor, le Pakistan a accéléré ses achats en Chine — son allié « toutes saisons » — pour compenser l’avantage indien à distance. Les systèmes sol-air HQ-9BE, livrés en août 2025, protègent désormais les bases pakistanaises, tandis que des rumeurs évoquent des véhicules hypersoniques DF-17, capables de voler à plus de Mach 5 et d’échapper aux radars S-400, susceptibles d’armer des frappes terrestres d’ici à 2026.
Le soutien chinois à Islamabad va plus loin : le Pakistan vise la livraison de 40 chasseurs furtifs J-35A et d’avions AWACS KJ-500 d’ici 2026, ce qui permettrait des incursions en profondeur. Couplé aux développements nationaux comme la version anti-navire CM-400AKG (portée de 240 km), la PAF pourrait bientôt appliquer la stratégie BrahMos de l’IAF (portée entre 290 et 800 km), pour frapper les bases avancées indiennes depuis des distances sécurisées. Comme l’a souligné un expert après le conflit, « les échecs tactiques de la PAF en Sindoor pourraient se transformer en supériorité stratégique avec la technologie chinoise ». Les simulations prévoient qu’un nouveau conflit entre 2027 et 2030 pourrait neutraliser 20 à 30 % des bases avancées indiennes dès les premières heures, imposant une recherche urgente de solutions alternatives.
Faut-il que l’IAF abandonne ses bases avancées au profit de sanctuaires plus éloignés comme Gwalior ou Jodhpur, situés à plus de 500 km à l’intérieur des terres ? Les partisans de cette option avancent que les bases en retrait offrent une protection naturelle, des abris renforcés (alors que seulement 20 % des bases avancées en possèdent) et une meilleure connexion avec les commandements centraux, permettant de compenser les distances via le ravitaillement aérien en vol. Le Plan de développement des stations aériennes de l’IAF de 2020 met d’ailleurs l’accent sur la dispersion vers plus de 50 nouveaux terrains avancés (ALGs) le long de la frontière, incluant des postes en Gujarat, à 130 km du Pakistan. Par ailleurs, les drones comme le MQ-9B et les munitions à vol stationnaire pourraient assurer les premières vagues d’attaque, préservant ainsi les forces pilotées.
Les opposants estiment cependant qu’un repli laisserait l’initiative à l’adversaire : les bases avancées sont indispensables à une « défense offensive », avec des alertes en moins de 15 minutes impossibles à reproduire depuis des sites plus éloignés. Ils recommandent plutôt d’améliorer la fortification des bases, en modernisant les pistes pour une réparation rapide (déjà testée après 2025), en déployant des batteries BrahMos en contre-batterie et en intégrant des systèmes d’alerte précoce pilotés par intelligence artificielle. Le « cercle de fer » constitué par les S-400 autour des bases du Pendjab a démontré sa résilience en interceptant 85 % des menaces. Une stratégie hybride, alternant les escadrons entre bases avancées et relais en profondeur, pourrait équilibrer les risques, à l’image du modèle de dispersion adopté par Israël dans le désert du Néguev.