Les pays déployant des troupes au Groenland, territoire allié du Danemark, ont publié une déclaration commune officielle confirmant leur engagement dans la région. Cette prise de position souligne les enjeux stratégiques croissants dans l’Arctique et les réactions internationales qui en découlent.

Dans leur déclaration commune, publiée notamment par le gouvernement suédois, les pays membres de l’OTAN ont réaffirmé leur volonté de renforcer la sécurité arctique, une priorité transatlantique partagée :
« En tant que membres de l’OTAN, nous nous engageons à renforcer la sécurité arctique, intérêt transatlantique partagé. L’exercice danois pré-coordonné « Arctic Endurance », mené avec les Alliés, répond à cette nécessité et ne constitue une menace pour personne.
Nous exprimons notre solidarité totale avec le Royaume du Danemark et le peuple groenlandais. Poursuivant le processus initié la semaine dernière, nous sommes prêts à dialoguer, fondé sur les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale, auxquels nous restons fermement attachés.
Les menaces tarifaires compromettent les relations transatlantiques et risquent d’entraîner une spirale dangereuse. Nous continuerons d’agir unis et coordonnés dans notre réponse, et nous nous engageons à défendre notre souveraineté. »
Au Danemark, le parti Dansk Folkeparti exige la dissolution pure et simple du groupe de travail constitué avec les États-Unis, estimant que des négociations sont vouées à l’échec face à des objectifs fondamentalement divergents.
Par ailleurs, le quotidien allemand Bild rapporte que quinze militaires allemands auraient quitté le Groenland prématurément, ne s’étant pas repliés de Nuuk vers une autre localité insulaire en raison de conditions météorologiques défavorables. Bien que cette information soit présentée comme un départ « secret », elle n’a pas été officiellement confirmée. Le fait que ces soldats embarquent sur un avion à Nuuk ne signifie pas nécessairement leur départ du Groenland, surtout dans de telles conditions.
Il paraît improbable que l’Allemagne ait cédé sous la menace de droits de douane à hauteur de 10 % sur sa production automobile, d’autant qu’elle figure parmi les signataires de la déclaration commune mentionnée ci-dessus.
Pour sa part, la Suède maintient ses troupes sur place sans date de retour prévue, comme l’a indiqué l’armée suédoise :
« Les soldats sont déployés pour accomplir une mission et resteront aussi longtemps que nécessaire.
[…]
Il s’agit de se familiariser avec une nouvelle zone d’opérations dans laquelle la Suède n’est historiquement pas très active. »

Il est à noter que le corps amphibie suédois serait particulièrement adapté aux opérations estivales dans la région, où le territoire, à l’exception de la dangereuse calotte glaciaire intérieure, ressemble à un archipel avec des opérations terrestres très limitées. Le Groenland reste néanmoins un environnement hostile en raison notamment :
- de la présence d’une faune agressive et peu respectueuse de l’homme,
- d’animaux marins imposants peu respectueux des règles de navigation,
- de la calving des icebergs, phénomène pouvant provoquer des retournements soudains liés à la fonte.
Cela fait du Groenland un lieu intriguant pour des activités comme le kayak ou la voile dans ce cadre de glace.
Face aux tensions, les ambassadeurs des pays membres auprès de l’Union européenne ont été convoqués à une réunion d’urgence prévue à 17h00, heure suédoise, pour discuter des récents développements.
Les principaux groupes politiques du Parlement européen, notamment le Parti populaire européen (PPE) et les Socialistes & Démocrates (S&D), ont d’ores et déjà indiqué qu’ils ne pourraient soutenir la ratification de l’accord commercial avec les États-Unis dans le contexte actuel.
Analyse :
L’attitude de l’administration américaine dans cette affaire du Groenland peut s’expliquer par la perception d’une faiblesse des démocraties européennes, aussi bien dans la gestion du conflit ukrainien que dans les négociations commerciales transatlantiques. Le comportement jugé agressif de la Maison-Blanche traduit une politique de pression exercée sur ses alliés.
Le recours à une politique de coercition traduit une logique de rapport de force brutale, qui nécessite une réponse ferme afin d’éviter toute escalade. Cette situation s’inscrit dans un climat politique controversé au sein des États-Unis, où certains symboles et slogans associés à des régimes autoritaires sont de plus en plus visibles, illustrant une dérive inquiétante.