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Nous adressons à nos lecteurs et lectrices nos meilleurs vœux pour une nouvelle année que nous espérons paisible. Que ce soit en famille ou en service, nous espérons que chacun a pu aborder 2024 dans les meilleures conditions. Ce temps de pause en ce début d’année est nécessaire au regard des défis que nous devons à nouveau relever, qui restent en grande partie inchangés.

Le conflit majeur reste l’agression russe contre l’Ukraine, qui s’approche désormais de son anniversaire tragique de deux ans. La transition entre 2023 et 2024 a été marquée par de nouvelles frappes aériennes massives sur plusieurs villes ukrainiennes. Notons qu’à cette occasion, des missiles de croisière russes ont été observés pour la première fois déployant des leurres contre les systèmes de défense aérienne, une évolution dont l’impact sur ces systèmes reste à évaluer.

Sur le long terme, l’enjeu principal cette année sera la nature et la continuité du soutien occidental à l’Ukraine, tant de la part des États-Unis que des pays européens, dans sa guerre de défense. La bataille pour la perception médiatique et politique est également intense, comme le souligne un commentateur de CNN : « À l’approche de la fin de 2023, Poutine souhaite faire croire au monde qu’il gagne ».

Le conflit entre la Hamas et Israël demeure également intense, avec des pertes civiles extrêmement lourdes, principalement du côté palestinien. La possibilité d’une ouverture d’un nouveau front à la frontière israélo-libanaise n’est pas exclue. Au-delà du théâtre des opérations, ce conflit est de plus en plus scruté dans des régions telles que l’Asie et l’Afrique, souvent désignées comme « reste du monde ». Leur perception des États-Unis et de l’Europe pourrait avoir des répercussions stratégiques plus importantes que ce que les observateurs européens anticipent généralement.

Une autre problématique liée à ce conflit concerne la situation dans la mer Rouge, où les milices houthies, soutenues par l’Iran, poursuivent leurs attaques contre les navires commerciaux. Récemment, un affrontement a eu lieu entre petites unités navales houthies et des hélicoptères du groupe aéronaval américain autour du Dwight D. Eisenhower, confrontation dont le déroulement fut conforme aux attentes américaines. Des rapports non confirmés faisaient état, le soir du Nouvel An, de frappes aériennes imminentes des États-Unis et du Royaume-Uni contre des bases houthies, tandis qu’une frégate iranienne est arrivée dans la région le jour de l’An, ce qui ne contribue pas à apaiser la situation. La participation allemande à la protection des navires commerciaux, en termes d’équipements et de cadre légal, demeure elle aussi une question ouverte.

Sur le plan interne, face à la multitude des crises internationales – dont certaines ne sont pas encore totalement recensées – les défis nationaux paraissent moins saillants, sans pour autant perdre leur importance. Le renforcement de la Bundeswehr, tant sur le plan des effectifs que du matériel, sera un sujet central en 2024, tout comme le financement de la brigade de combat prévue en Lituanie.

Avant de reprendre le cours des événements quotidiens, un mot essentiel de remerciement à tous les lecteurs et lectrices pour le soutien dont ils ont fait preuve au cours de l’année écoulée, que ce soit par une aide financière généreuse et régulière ou par les encouragements reçus.

Alors, entrons dans cette nouvelle année avec détermination !

(Photo d’archive : Les deux navires de guerre américains, le porte-avions Dwight D. Eisenhower et le destroyer lance-missiles Gravely, accompagnés de leurs hélicoptères, ont intercepté une attaque houthie sur un navire commercial en mer Rouge lors du réveillon. Le navire de soutien Alan Shepard, présent sur la photo en manœuvre au Golfe Persique le 8 décembre 2023, appuie également le groupe aéronaval dans la région. Crédit photo : U.S. Navy, Mass Communication Specialist 2nd Class Merissa Daley)