Alors que les tensions perdurent le long de la Ligne de Contrôle (LoC) et de la frontière internationale après les accrochages de mai 2025 entre l’Inde et le Pakistan — nommés « Opération Sindoor » par New Delhi et « Bunyan-um-Marsoos » par Islamabad — la menace d’une guerre asymétrique plane fortement. Le maréchal de terrain pakistanais Syed Asim Munir, promu au rang exceptionnel de cinq étoiles en reconnaissance de sa « brillance stratégique » lors de ce conflit de quatre jours, a annoncé une riposte pouvant frapper « avec une férocité inimaginable les villes, bases militaires, pôles commerciaux et ports » indiens en cas d’incursion.
Les experts y voient la préparation d’attaques hybrides : des essaims de drones à bas coût, des munitions guidées de précision (PGM) et des munitions en patrouille (LM) destinés à paralyser les axes économiques majeurs de l’Inde — les ports actifs de Mumbai, les quartiers financiers de Delhi, les corridors industriels de Kolkata et les pôles technologiques d’Hyderabad.
Une toile électromagnétique pour contrer les drones ennemis
En marge des débats publics, les Forces armées indiennes ont déployé un réseau d’équipements de guerre électronique (GE) terrestres conçus pour anticiper ces menaces complexes. Ces systèmes autochtones, allant des vastes dispositifs Samyukta à l’ouest aux unités mobiles Himshakti à l’est, ne se contentent pas d’une posture défensive : ils perturbent activement les attaques. Au cœur de cette stratégie se trouve le GPS spoofing — une forme de désinformation électronique maîtrisée. En émettant des signaux satellites falsifiés sur leur propre territoire, les opérateurs de GE indiens désorientent les drones ennemis, qui dépendent du GPS pour leur navigation, les forçant à s’écraser sans danger ou à dévier avant d’atteindre des zones urbaines.
Cette tactique de déception électronique transforme les systèmes de guidage adverses en armes contre eux-mêmes, tandis que l’Inde s’appuie sur des alternatives robustes comme la constellation indigène NavIC. Les déclarations du maréchal Munir ne relèvent pas du simple discours belliqueux : depuis sa prise de fonction de chef d’état-major de l’armée en 2022 et sa promotion en mai 2025, il a centralisé les pouvoirs militaires pakistanais avec la 27e modification constitutionnelle, obtenant une immunité à vie et le contrôle des forces nucléaires et conventionnelles.
Munir s’inspire des doctrines de Pervez Musharraf, notamment le concept de « faire saigner l’Inde par mille coupures ». Sa stratégie exploite la flotte grandissante de drones pakistanais — renforcée par les Bayraktar TB2 turcs, les Wing Loong II chinois et le Burraq produit localement — pour sonder et frapper les points faibles civils en Inde.
Le conflit de mai 2025 a déjà révélé cette approche : plus de 300 drones pakistanais ont violé l’espace aérien indien, visant des bases aériennes et dépôts d’armement, mais certains se sont dirigés vers des zones civiles en périphérie. Malgré le cessez-le-feu, les incursions se poursuivent : 465 incidents d’interférences GPS enregistrés entre novembre 2023 et février 2025 dans les régions du Pendjab et du Jammu, dont beaucoup attribués à des essais de guerre électronique pakistanaise. Les renseignements indiens interceptés et les témoignages de déserteurs confirment la mise en place de cellules terroristes « hub-and-spoke » orchestrant des essais d’essaims de drones visant à saturer la défense indienne et à frapper des centres commerciaux cruciaux comme Mumbai, moteur économique du pays contribuant à 6 % du PIB national, ou le port de Haldia à Kolkata, vital pour 20 % du commerce du sud-est.
Une réponse coordonnée sur cinq fronts stratégiques
L’Inde refuse d’attendre la prochaine offensive. Ses systèmes de guerre électronique terrestres, intégrés au Corps des transmissions de l’armée et au Système intégré de Commandement et de Contrôle aérien (IACCS) de l’aviation, forment une barrière silencieuse. Disposés sur cinq grands secteurs — Ouest (Pendjab/Jammu-et-Cachemire), Nord (Ladakh), Est (Assam/Bengale occidental), Sud (Tamil Nadu/Karnataka) et Centre (Madhya Pradesh/Uttar Pradesh) — ces dispositifs couvrent 70 % des 3,2 millions de km² de l’Inde, avec des unités mobiles couvrant les périphéries urbaines.
Ce dispositif électromagnétique est une réussite conjointe du DRDO et de Bharat Electronics Limited (BEL), soulignant mobilité et domination du spectre électromagnétique. Le cœur de cette défense est Samyukta, le plus vaste système intégré de guerre électronique terrestre au monde, déployant 145 véhicules équipés pour le COMINT (renseignement d’origine communication), ELINT (renseignement électronique) et ECM (contre-mesures électroniques). Chaque lot couvre une zone de 150 km sur 70 km — l’équivalent de la Région de Delhi-NCR — et est installé au Commandement de l’Ouest à Chandigarh pour intercepter les communications des drones pakistanais et leur injecter de faux signaux GPS, forçant les UAV Yiha à se localiser hors zone et retourner à Lahore. Lors du conflit de 2025, les variantes de Samyukta ont neutralisé 40 % des drones entrants en saturant leurs liaisons radio UHF/VHF.
Dans les zones montagneuses militaires à la protection de Delhi et Chandigarh, Himshakti se distingue. Acquis pour 364 millions de dollars auprès de BEL en 2023, ce système sur roues ou chenilles couvre 10 000 km² en brouillant les fréquences de HF jusqu’aux ondes millimétriques, idéal pour les missions de patrouille le long de la LoC. Déployé dans le Ladakh et le Jammu-et-Cachemire, ses antennes directionnelles détectent les lancements de drones depuis les bases pakistanaises avancées, puis inondent le spectre d’interférences, perturbant notamment les munitions en patrouille comme la CM-400AKG chinoise qui s’appuie sur le GPS pour sa phase terminale. En essais, Himshakti a également brouillé les téléphones satellites et radios utilisés par les infiltrés, ciblant directement les cellules hybrides de Munir.
Sur l’Est, protégeant Kolkata et Guwahati contre les incursions potentielles via le Bangladesh, Akashteer — système automatisé de défense aérienne développé par BEL pour 240 millions de dollars et entré en service en 2024 — est intégré à l’IACCS. Il fusionne les données radar de plus de 50 capteurs terrestres pour détecter les munitions en patrouille à basse altitude, puis crée des leurres GPS qui induisent drones et essaims à pénétrer dans des zones sans vol ou à s’autodétruire. En mai 2025, Akashteer a ainsi contribué à la destruction de plus de 50 drones pakistanais en seulement 23 minutes, selon les journaux de l’armée de l’air indienne.
Les centres urbains du Sud, comme Mumbai et Chennai, sont placés sous la protection des réseaux D4 (Drone Detect, Deter, Destroy), un système hybride laser et brouilleur de radiofréquences développé par le DRDO couvrant un rayon de 5 km à 360°. Des variantes mobiles collaborent avec les incubateurs technologiques locaux comme T-Hub pour scanner les fréquences RF, classifier les menaces, et détourner les essaims vers la mer — essentiel pour la défense des ports.
Pour la région centrale, notamment les usines d’armement de Nagpur, Sauhard, le successeur de Samyukta, assure la guerre électronique non-communicationnelle en brouillant les radars guidant munitions et drones sur une portée de 100 km.
| Système de GE | Zone de déploiement | Capacité principale | Couverture | Réponse aux menaces de Munir |
|---|---|---|---|---|
| Samyukta | Ouest (Pendjab/J&K) | COMINT/ELINT/ECM | 150 × 70 km | Interception des communications drones ; spoofing GPS pour PGM |
| Himshakti | Nord (Ladakh/Delhi) | Déni de spectre (HF à ondes mm) | 10 000 km² | Détournement des munitions en patrouille en milieu montagneux |
| Akashteer | Est (Bengale occidental/Assam) | Suivi automatisé et spoofing | +100 km de rayon | Détection d’essaims ; perturbation du guidage LM |
| D4 | Sud (Mumbai/Chennai) | Neutralisation RF/Laser | 5 km (360°) | Dissuasion urbaine ; protection des hubs portuaires |
| Sauhard | Centre (MP/UP) | GE non-com (brouillage radar) | 100 km | Spoofing radar PGM/LM sur zones industrielles |
Un scalpel électronique : le GPS spoofing
Au cœur de cette matrice de guerre électronique se trouve le GPS spoofing, une arme non cinétique plus subtile que le brouillage classique. Là où ce dernier neutralise les signaux de manière aveugle, risquant de perturber l’aviation civile, le spoofing émet des balises amplifiées imitant les véritables signaux GPS/NavIC. Les drones ennemis, qui captent les fréquences civiles, se synchronisent sur ces faux signaux et envoient de fausses coordonnées, ce qui provoque une perte totale de navigation. Ainsi, un Bayraktar visant les raffineries de Mumbai peut « penser » qu’il survole la mer d’Arabie et chuter sans danger.