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Un pétrolier battant pavillon américain a fait l’objet d’une tentative d’abordage par des caïques iraniennes dans le détroit d’Ormuz, avant de poursuivre sa route sous escorte militaire, ont rapporté mardi des experts en sécurité maritime. Cet incident intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Washington et Téhéran, à quelques jours de négociations prévues entre les deux pays.

Le Stena Imperative a été approché par plusieurs petites embarcations armées appartenant au Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, à environ 16 milles nautiques au nord des côtes omanaises, selon le cabinet britannique Vanguard Tech.

Les caïques ont contacté le pétrolier par radio, ordonnant au capitaine de stopper les moteurs et de se préparer à un abordage. Cependant, le navire a accéléré et maintenu sa trajectoire, précisant qu’il n’a jamais pénétré dans les eaux territoriales iraniennes.

« Le navire est désormais escorté par un bâtiment de guerre américain », a indiqué Vanguard Tech.

Le Commandement central américain (CENTCOM) a confirmé l’incident dans un communiqué, précisant : « Deux vedettes du CGRI et un drone iranien Mohajer se sont approchés à grande vitesse du M/V Stena Imperative, menaçant d’aborder le pétrolier et de s’en emparer ».

Le porte-parole du CENTCOM, le capitaine Tim Hawkins, a expliqué que le destroyer lance-missiles USS McFaul est intervenu immédiatement, escortant le pétrolier avec le soutien d’une protection aérienne fournie par l’aviation américaine. « La situation s’est calmée et le pétrolier navigue désormais sans encombre », a-t-il affirmé.

Le pétrolier se dirigeait vers son port de destination à Bahreïn mardi après-midi, avec une arrivée prévue dans le port de Sitrah le 5 février, selon les données publiées par le site MarineTraffic.

Auparavant, l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO avait signalé un incident similaire, sans préciser la nationalité des navires impliqués. Elle avait simplement mentionné que « plusieurs petites embarcations armées avaient appelé le navire par VHF », avant que celui-ci refuse de se conformer à la demande et poursuive sa route prévue.

UKMTO a ajouté que l’enquête était en cours, tout en mettant en garde les navires transitant dans le détroit d’Ormuz à « naviguer avec prudence et signaler toute activité suspecte ».

Le détroit d’Ormuz est un passage maritime essentiel pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Cette voie stratégique a déjà été le théâtre de plusieurs incidents, exacerbés par les tensions persistantes entre l’Iran et les pays occidentaux.

De leur côté, des sources anonymes citées par l’agence iranienne Fars, proche du CGRI, ont démenti le rapport de Vanguard Tech. Elles affirment que le Stena Imperative a été intercepté après avoir pénétré dans les eaux territoriales iraniennes sans autorisation.

Or, les données de suivi de MarineTraffic confirment que le pétrolier est resté dans la zone économique exclusive d’Oman durant son passage à travers le détroit.

La semaine dernière, un haut responsable du Corps des Gardiens de la Révolution avait menacé de bloquer le détroit en cas d’attaque américaine. Par ailleurs, des exercices militaires iraniens ont été menés le week-end dernier dans cette zone hautement stratégique.

Le président américain Donald Trump a, à plusieurs reprises, évoqué la possibilité d’une nouvelle frappe contre l’Iran, notamment en réponse à la répression des protestations internes ou si le pays refusait de négocier un nouvel accord sur son programme nucléaire.

Interrogé la semaine dernière sur CBS News, Donald Trump a déclaré avoir eu « des conversations avec l’Iran récemment » et envisager d’en avoir davantage, affirmant avoir tenu deux messages : pas d’armes nucléaires et cesser de tuer les manifestants, dénonçant les milliers de victimes parmi la population civile.

Enfin, au moins dix navires de guerre américains, incluant un porte-avions et cinq destroyers, ont été déployés la semaine dernière dans les eaux proches de l’Iran. Donald Trump a qualifié cette force de « flotte », tout en espérant ne jamais avoir à s’en servir.

Les autorités américaines et iraniennes devraient reprendre des discussions dans le courant de cette semaine.