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Le Comité de la Défense britannique tire la sonnette d’alarme : le Royaume-Uni pourrait ne plus être en mesure de respecter son obligation fixée par l’article 3 de l’OTAN, qui impose de maintenir une capacité à résister à une attaque armée. Selon le rapport du comité, la défense du territoire national et la protection des territoires d’outre-mer accusent un retard face à l’évolution des menaces.

Ce rapport transpartisan reconnaît que le Royaume-Uni demeure une puissance militaire majeure en Europe, mais souligne que cette position est désormais fragilisée par des années de sous-investissement, des décisions trop lentes et une dépendance persistante envers les capacités américaines. Il appelle le gouvernement à renforcer les forces conventionnelles et nucléaires, à améliorer l’interopérabilité, à réformer le système d’approvisionnement et l’industrie de défense, ainsi qu’à accélérer les mesures destinées à protéger le territoire national.

Le président du comité, le député Tan Dhesi, insiste sur la nécessité d’affronter la gravité des menaces. Selon lui, « nous ne pouvons pas nous permettre de faire l’autruche », alertant sur le fait que la dépendance européenne aux États-Unis perdure « malgré les messages clairs et constants de plusieurs présidents américains appelant les alliés européens à renforcer leurs efforts ». Il ajoute que « nous avons maintes fois entendu des inquiétudes quant à la capacité du Royaume-Uni à se défendre contre une attaque » et réclame un véritable « électrochoc » au sein du ministère de la Défense.

Un point crucial concerne la dépendance excessive aux États-Unis. Le rapport recommande que le Royaume-Uni évalue les possibilités de substituer ses capacités américaines en cas de retrait, tout en travaillant à maintenir la cohésion de l’alliance. Il préconise également une coopération renforcée avec les partenaires européens, en particulier la France, tout en mettant en garde contre la marginalisation de l’industrie britannique dans les initiatives européennes de défense.

La vulnérabilité la plus grave est identifiée au niveau intérieur. Le rapport souligne les retards du programme de défense du territoire national et juge la coordination interministérielle insuffisante. Il critique la lenteur des décisions prises au Cabinet Office et recommande la création d’un poste de Ministre de la Sécurité intérieure chargé de superviser la préparation, la résilience et la communication publique.

Le rapport soutient également les propositions d’une loi sur la préparation à la défense mais déplore que le gouvernement n’ait pas encore défini son contenu ni ses échéances. Il insiste sur la nécessité d’impliquer davantage le public dans la planification de la défense nationale et remet en question l’absence d’avancées concernant les engagements pour organiser régulièrement des briefings publics sur les actes de sabotage, les attaques et les cybermenaces.