Une offensive majeure du Hamas et du Djihad islamique contre Israël a déclenché les combats les plus meurtriers depuis des décennies, faisant plusieurs centaines de morts des deux côtés. Israël a riposté par des frappes aériennes massives sur la bande de Gaza, tandis que la situation reste extrêmement tendue avec des otages israéliens retenus par les militants.
Dans la matinée de samedi, des militants palestiniens du Hamas et du Djihad islamique ont lancé une attaque d’ampleur contre Israël. Des groupes armés ont infiltré plusieurs villes et villages israéliens simultanément, tandis que des roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que « le pays est en guerre » et a promis des représailles sévères. Israël a mené une série de frappes aériennes contre Gaza, marque de la plus grave offensive à l’intérieur du territoire israélien depuis des décennies. Plusieurs centaines de victimes sont désormais recensées de part et d’autre. Samedi soir, les affrontements continuaient, avec plusieurs civils et militaires israéliens maintenus en otages, alors que les bombardements israéliens s’intensifiaient dans la bande de Gaza.
Origine du conflit
Les hostilités ont débuté avec un tir massif de roquettes depuis Gaza visant notamment Tel-Aviv et Jérusalem. Des combattants palestiniens ont ensuite progressé par voie terrestre et maritime dans le sud d’Israël, malgré les dispositifs de sécurité et le blocus en place. Les militants ont pu entrer en Israël par au moins cinq points, rencontrant peu de résistance initiale, et attaquer à la fois des cibles militaires et civiles. Cette offensive, la plus sanglante depuis la guerre du Kippour en 1973, révèle de graves défaillances dans les capacités de renseignement et de défense israéliennes.
Bilan humain
Les combats étant toujours en cours, le bilan reste provisoire. À la fin de samedi, on dénombre au moins 480 morts au total, dont environ 250 Israéliens. Les pertes civiles et militaires israéliennes sont nombreuses, ainsi que de nombreux blessés. Du côté de Gaza, les chiffres sont plus difficiles à confirmer, en raison de coupures d’électricité et d’accès à Internet. On estime à au moins 230 le nombre de victimes dans la bande de Gaza.
Médecins sans frontières a alerté sur le fait que des frappes israéliennes ont touché un hôpital ainsi qu’une ambulance à proximité d’un autre centre médical, causant la mort de deux soignants. Le droit international humanitaire interdit les attaques directes ou aveugles sur les infrastructures médicales, ces actes étant qualifiés de crimes de guerre.
La position des États-Unis
Le président Joe Biden a fermement condamné les attaques du Hamas et du Djihad islamique, réaffirmant le soutien américain à Israël. Le Commandement central américain surveille étroitement la situation au Moyen-Orient et exprime ses condoléances pour les pertes humaines.
Des responsables américains, notamment le secrétaire à la Défense Lloyd Austin, échangent régulièrement avec leurs homologues israéliens. Les discussions incluent également des interlocuteurs en Jordanie, en Égypte, au Liban et avec l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, dans l’espoir d’éviter une extension du conflit.
Autres acteurs impliqués
Actuellement, le conflit reste concentré sur Israël et la bande de Gaza, principalement entre l’armée israélienne, le Hamas et le Djihad islamique. Le Hezbollah libanais, acteur clé du conflit régional depuis la guerre de 2006 contre Israël, a salué l’opération du Hamas sans intervenir directement.
Tôt dimanche, des tirs de roquettes ont été signalés depuis le sud du Liban vers le plateau du Golan, territoire syrien occupé par Israël, avec une revendication attribuée au Hezbollah. En riposte, l’armée israélienne a mené des tirs d’artillerie ciblant les positions de lancement au Liban.
Il n’existe à ce stade aucune preuve d’une implication directe de l’Iran dans les violences actuelles, bien que ce pays demeure un soutien historique du Hamas.
Décryptage : les accusations sur le financement iranien
Une rumeur largement diffusée sur les réseaux sociaux, reprise même par certains parlementaires américains tels que les sénateurs Rick Scott et J.D. Vance, prétend que le Hamas aurait financé son offensive grâce aux 6 milliards de dollars débloqués récemment par les États-Unis. Cette allégation est fausse.
En réalité, en septembre, les États-Unis ont autorisé le déblocage de 6 milliards de dollars dans le cadre d’un échange visant à libérer cinq citoyens américains détenus en Iran. Il s’agit de fonds issus des revenus de ventes de pétrole iranien, placés dans une banque qatarie sous un contrôle strict. Selon les règles de l’accord, l’Iran ne peut pas utiliser ces fonds directement, mais uniquement pour effectuer des paiements à des tiers dans des domaines humanitaires, agricoles et médicaux. Aucun montant n’a été attribué à des activités militaires ou terroristes.
Perspectives
Dimanche matin, aucune tendance à la désescalade n’apparaît. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit prochainement se réunir pour aborder cette crise meurtrière.
Sous pression intérieure en raison d’une contestation sur la réforme judiciaire, Benjamin Netanyahu négocie la formation d’un gouvernement d’unité nationale avec des figures de l’opposition, dont Yair Lapid et Benny Gantz. Ce gouvernement d’urgence viserait à faire face conjointement à la crise. Netanyahu a promis des représailles envers le Hamas, qui se traduisent actuellement par des frappes aériennes. Une opération terrestre n’est pas exclue, même si aucune preuve de son imminence n’est encore observable.
Le Premier ministre a également exhorté les civils de la bande de Gaza à « partir maintenant » avant les prochaines attaques israéliennes. Or, cette région est l’une des plus densément peuplées au monde, avec environ 2 millions d’habitants sur 360 km², augmentant considérablement les risques pour la population civile. Soumise à un blocus israélien, la bande de Gaza partage une frontière avec l’Égypte, qui n’a pas annoncé l’ouverture d’un corridor humanitaire.
Un représentant de la Maison-Blanche a déclaré ne pas avoir été informé de cet avertissement, confirmant l’absence de commentaires à ce sujet.
Les conflits passés entre Israël et Gaza ont déjà fait de lourdes victimes civiles. Par exemple, lors de la guerre de 2021, 128 civils palestiniens et 14 civils israéliens avaient perdu la vie. L’opération « Plomb durci » (2008-2009), d’une durée de trois semaines, avait causé la mort de plus de 1 100 personnes, majoritairement des civils.