Les forces russes ont subi d’importantes pertes en équipement sur le front ukrainien, comme en attestent de nombreuses images et vidéos en provenance du terrain. Ces pertes ont considérablement réduit le nombre de chars, de véhicules de combat d’infanterie et d’unités d’artillerie opérationnels au sein de l’armée russe.
Une récente analyse du média chinois Sohu, publiée samedi, revient sur les impacts de ce conflit qui dure depuis plus de 18 mois. Cependant, elle souligne également une autre réalité : la capacité militaire russe semble suivre une trajectoire ascendante, notamment grâce à la décision du ministère russe d’augmenter les effectifs de l’armée de 170 000 soldats.
Cette expansion s’inscrit dans le cadre d’une « force de défense stratégique » en pleine extension, perçue comme une réponse à l’activisme jugé agressif de l’OTAN dans la région.
Un motif profond d’annexion
Selon les analystes, l’objectif principal de cette augmentation des effectifs russes est de compenser les pertes matérielles par une supériorité numérique sur le terrain. En ce sens, la Russie cherche à s’appuyer sur sa force humaine pour poursuivre ou maintenir l’effort de guerre.
Concernant les discours présidentiels, Sohu estime que les propos de Vladimir Poutine sur la construction d’une « Grande Russie » ne sont que des justifications superficielles. Sous-jacente à ces discours se trouve une véritable volonté d’annexion territoriale, un objectif réel que le Kremlin préfère souvent ne pas reconnaître ouvertement.
La militarisation de l’économie russe
La signature de Poutine, accompagnée de l’approbation des deux chambres du parlement russe – le Conseil de la Fédération et la Douma d’État – marque un tournant économique majeur. En 2024, la Russie prévoit de consacrer un tiers de son budget fiscal aux dépenses militaires, avec un accent particulier sur l’industrie de défense.
Bien que les dépenses précises restent à clarifier, il apparaît que l’économie russe s’enfonce de plus en plus dans une démarche de militarisation, devenant fortement tributaire de ses capacités armées.
En parallèle, l’Occident continue de soutenir l’Ukraine tout en cherchant à affaiblir l’économie russe. Cette stratégie est de longue haleine, comme l’a expliqué le sous-secrétaire d’État américain à l’énergie, M. Piatt, qui a indiqué que Washington vise à réduire de moitié les revenus pétroliers et gaziers de la Russie d’ici la fin de la décennie en cours.
La question des fonds russes gelés
L’utilisation des avoirs russes gelés pour financer la reconstruction de l’Ukraine est envisagée, mais ce n’est pas un processus rapide. Plusieurs pays de l’Union européenne – dont l’Allemagne, la France, l’Italie, la Belgique et le Luxembourg – prônent la prudence avant d’employer ces fonds à cette fin.
La Commission européenne prépare des propositions pour imposer des taxes sur plus de 200 milliards d’euros d’actifs gelés appartenant à la banque centrale russe. Cette mesure vise à financer les efforts de redressement économique ukrainiens.
Propagande et soutien populaire
La Russie alloue désormais un tiers de son budget aux « opérations militaires spéciales », réduisant ainsi les ressources disponibles pour la croissance économique et les prestations sociales destinées à sa population.
Malgré ce contexte, le soutien populaire au Kremlin reste élevé. Les sondages indiquent que la majorité des Russes sont soit indifférents au conflit, soit en faveur des actions du gouvernement. Moins de 20 % des personnes interrogées ont manifesté leur opposition à la guerre.
Cette situation s’explique en partie par une combinaison de propagande étatique et de répression, qui permet au Kremlin de préserver une base solide de soutiens malgré les difficultés économiques et militaires.