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La Colombie a conclu un contrat d’une valeur de 4,3 milliards de dollars avec le constructeur suédois Saab pour l’acquisition de 17 avions de combat Gripen, a annoncé le président Gustavo Petro, dans un contexte de tensions croissantes entre Bogotá et Washington.

Le gouvernement colombien avait déjà annoncé en avril dernier son intention d’acheter des avions de chasse Saab, sans toutefois préciser la quantité ni le montant exact de l’investissement. Cette fois, lors d’un événement organisé dans une base militaire, le président Petro a confirmé l’accord avec Saab, précisant ainsi le nombre d’appareils et le coût total de cette acquisition stratégique.

Cette opération intervient alors que la Colombie, ainsi qu’une grande partie de l’Amérique latine, restent en état d’alerte face à une campagne militaire américaine visant des navires supposés impliqués dans le trafic de drogue dans les Caraïbes et le Pacifique oriental. Le déploiement militaire des États-Unis dans la région suscite des inquiétudes géopolitiques majeures.

Gustavo Petro, premier président de gauche de la Colombie, a multiplié les critiques envers l’administration américaine, notamment envers Donald Trump. Il accuse les États-Unis de vouloir s’emparer des ressources pétrolières du Venezuela et de déstabiliser l’ensemble de l’Amérique latine.

Concernant l’acquisition des Gripen, Petro a souligné qu’ils serviront à dissuader « toute agression contre la Colombie, où qu’elle provienne ». Il a ajouté : « Dans un monde géopolitiquement chaotique, ce type d’agression peut survenir de n’importe où. »

Les tensions entre Bogotá et Washington restent vives. Donald Trump a déjà qualifié Petro de « leader du narcotrafic » en raison du niveau élevé de production de cocaïne en Colombie. Par ailleurs, l’administration américaine a réduit son aide financière à la Colombie et l’a retirée de la liste des alliés dans la lutte antidrogue.

La compétition pour la fourniture des avions de combat avait vu également des offres américaines et françaises, mais c’est finalement Saab, avec son Gripen, qui a remporté le marché.

Le contexte régional reste tendu du fait des opérations militaires menées par les États-Unis dans les eaux internationales du Caraïbe et du Pacifique. Washington affirme avoir mené 20 frappes contre des navires liés au trafic de drogue, causant environ 80 morts. En revanche, ces opérations ont été critiquées par des leaders latino-américains, des juristes et des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent des exécutions extrajudiciaires sans procès.

Face à cette escalade verbale et militaire, Petro avait évoqué la suspension du partage de renseignements antidrogue avec les États-Unis, bien que cette menace ait rapidement été levée par son gouvernement.

Dans ce contexte, le président vénézuélien Nicolas Maduro, allié proche de Petro, accuse lui aussi les États-Unis de tentatives de déstabilisation visant à le renverser. Trump, pour sa part, accuse Maduro de narcotrafic, et s’en prend ouvertement à Petro sur le même sujet.