Le 13 juin 2025, Israël a lancé l’Opération Lion Ascendant, une campagne d’envergure visant le programme nucléaire iranien, les systèmes de défense aérienne, les infrastructures de missiles balistiques, ainsi que des hauts responsables militaires et des scientifiques nucléaires. En l’espace de quelques heures, les Forces de défense israéliennes (FDI) ont affirmé avoir pris le contrôle aérien depuis la frontière ouest du pays jusqu’à Téhéran. Cette domination n’a pas été obtenue uniquement par la puissance aérienne, mais également grâce à l’emploi de missiles antichars dissimulés et de petits drones lancés depuis l’intérieur de l’Iran.
Des mois avant toute incursion aérienne israélienne dans l’espace iranien, des agents du Mossad ont introduit en contrebande des explosifs, des composants de drones, des équipements pour assembler ces derniers, ainsi que des missiles Spike Non-Line-Of-Sight (NLOS) et leurs lanceurs. Les médias officiels iraniens ont même rapporté la découverte d’un bâtiment de trois étages servant d’usine à drones à Shahr-e Rey, une zone périphérique proche de Téhéran.
Au début de l’Opération Lion Ascendant, les opérateurs israéliens, positionnés en toute sécurité hors d’Iran, ont lancé ces petits drones dissimulés dans des camions, remorques et autres véhicules, ainsi que des missiles Spike NLOS, ciblant des radars de défense aérienne, des batteries de missiles et des lanceurs balistiques. Cette méthode de déploiement rappelle fortement l’Opération Toile d’Araignée menée en Ukraine, qui avait permis de détruire au moins une douzaine de bombardiers stratégiques russes profondément engagés sur leur territoire. De même, il est soupçonné qu’Israël ait utilisé le réseau cellulaire iranien pour contrôler à distance drones et missiles. Cette double attaque a gravement affaibli les principales défenses aériennes iraniennes ainsi que leur capacité à lancer une riposte par missiles balistiques.
Quelques minutes après les frappes des Spike et drones sur leurs objectifs, plus de 200 appareils israéliens—dont des F-35I Adirs, F-15I Ra’ams et F-16I Soufas, toutes des versions spécialisées d’appareils américains exportés vers Israël—ont frappé plus d’une centaine de cibles en Iran. Les F-15I et F-16I, appareils de quatrième génération non furtifs, plus vulnérables aux défenses iraniennes que le F-35, ont largué des bombes à guidage GPS (JDAM) lors de la première nuit. Pour atteindre des bunkers souterrains de stockage de missiles, Israël a également employé des bombes perforantes comme la GBU-72, utilisées par les versions F-15. Le fait que ces armes soient larguées au-dessus des cibles—exposant ainsi les avions aux défenses aériennes—indique qu’Israël dominait quasiment intégralement l’espace aérien iranien dès les premières phases de l’attaque.
L’image : Un F-35I Adir israélien du 140e Escadron basé à Nevatim décolle pour une mission lors de l’exercice Red Flag-Nellis 23-2 à la base aérienne de Nellis, Nevada, le 22 mars 2023.
Le succès de cette opération s’est démontré rapidement dans la réaction initiale iranienne, baptisée True Promise III, qui fut bien plus modeste que leurs précédentes ripostes. En avril 2024, lors de True Promise I, l’Iran avait lancé plus de 200 drones, roquettes et missiles contre Israël, selon les médias israéliens. Cette fois, seulement une centaine de drones ont décollé et aucun missile balistique n’a été tiré.
Malgré les déclarations officielles iraniennes affirmant le contraire, aucune perte d’appareil habité n’a été confirmée. Compte tenu de la densité des défenses aériennes, notamment autour des centres de recherche nucléaire de Fordow et Natanz, cela témoigne de l’ampleur de la compromission des systèmes iraniens et de l’efficacité des drones et missiles Spike.
Cette opération met aussi en lumière, à l’instar de l’Opération Toile d’Araignée, la vulnérabilité des systèmes de défense majeurs face à des menaces relativement bon marché comme les petits drones et les missiles antichars. Tandis que l’Iran mobilisait des systèmes de défense aérienne avancés et coûteux, il s’est révélé incapable de se prémunir contre des attaques venant du sol à l’aide de drones économiques et de missiles guidés dont les premières versions datent de 1981. Comme plusieurs analyses précédentes l’ont souligné, les États-Unis eux-mêmes manquent encore de capacités de défense suffisantes face à ce type d’attaque, que ce soit sur leur sol ou à l’étranger, un point critique qui gagne en importance.