Article de 642 mots ⏱️ 3 min de lecture

L’Inde a qualifié vendredi les manifestations massives dans la zone de Jammu-et-Cachemire occupée par le Pakistan (PoK), qui auraient déjà fait plus d’une douzaine de morts, de « conséquence naturelle de l’approche répressive du Pakistan et du pillage systématique des ressources de ces territoires ».

Lors d’un point presse hebdomadaire à New Delhi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Randhir Jaiswal, a indiqué que l’Inde suit de près les manifestations dans plusieurs régions du Jammu-et-Cachemire occupé par le Pakistan, ainsi que les exactions commises par les forces pakistanaises à l’encontre des populations locales.

« Nous avons pris connaissance des manifestations dans plusieurs zones du Jammu-et-Cachemire occupé par le Pakistan, ainsi que des brutalités infligées par les forces pakistanaises à des civils innocents. Nous considérons que cela est la conséquence directe de la politique oppressive de Islamabad et du pillage systématique des ressources de ces territoires, qui demeurent sous occupation forcée et illégale. Le Pakistan doit être tenu responsable de ses graves violations des droits humains », a déclaré M. Jaiswal aux journalistes.

Le porte-parole a également réaffirmé la position indienne sur le statut de la région, précisant que le Jammu-et-Cachemire ainsi que le Ladakh restent et resteront toujours une part inaliénable de l’Inde.

« Le Jammu-et-Cachemire et le Ladakh sont des parties inaliénables de l’Inde, ils ont toujours fait partie du pays et continueront de le faire. Ces territoires du PoK sont notre part inaliénable », a-t-il insisté.

Cette déclaration intervient alors que plusieurs personnes, dont des policiers, ont été tuées et des dizaines blessées lors des affrontements violents qui agitent le Jammu-et-Cachemire occupé par le Pakistan. Ces troubles ont éclaté à la suite d’une grève générale lancée par le Comité d’Action Populaire Conjoint (Joint Awami Action Committee – JAAC), qui réclame des réformes et l’amélioration des services publics dans la région.

Les activités commerciales et autres sont restées suspendues dans le PoK, tandis que les communications ont été fortement perturbées. Des violences ont éclaté notamment à Dhir Kot et dans d’autres secteurs du PoK, où les autorités locales ont fait état de 172 policiers et 50 civils blessés dans ces affrontements.

Les régions de Muzaffarabad, Mirpur, Poonch, Neelum, Bhimber et Palandri ont été paralysées suite à l’appel à la grève lancé par Shaukat Nawaz Mir, leader central du JAAC, selon le quotidien pakistanais The Express Tribune du jeudi.

Les marchés sont restés fermés, les routes bloquées et les services internet limités à Muzaffarabad, à l’exception des zones frontalières avec la province du Khyber-Pakhtunkhwa.

Trois policiers ont été tués et neuf autres blessés lors d’une attaque menée par des hommes armés affiliés au JAAC à Dhir Kot, d’après des sources citées par la presse. Le comité revendique notamment la fin des privilèges accordés à l’élite dirigeante, la suppression des 12 sièges d’assemblée réservés aux réfugiés, ainsi que la disparition du système de quotas. Il réclame aussi une éducation gratuite et uniforme sur l’ensemble du territoire, la gratuité des soins de santé, des réformes judiciaires et le développement d’un aéroport international.

Shaukat Nawaz Mir, dirigeant clé du Comité d’Action Populaire au PoK, accuse le gouvernement et l’armée pakistanaises d’opprimer la population locale, les comparant à une sorcière déterminée à éliminer son propre peuple.

Il dénonce également la répression des voix populaires, le silence imposé aux médias et remet en cause la légitimité des forces pakistanaises qui, selon lui, « tuent ceux qu’elles prétendent représenter ».