Dassault Aviation a confirmé l’existence d’un différend avec Airbus concernant le programme Eurodrone, ce qui ajoute une nouvelle incertitude à l’un des projets de défense majeurs en Europe.
Le directeur général de Dassault, Eric Trappier, a déclaré qu’Airbus avait tenté d’exclure le constructeur aéronautique français du programme multinational Eurodrone, selon un rapport de Reuters.
« Pour nous, c’est très clair. Airbus nous a dit de partir », a affirmé Trappier devant une commission du Sénat français, précisant que des discussions sont en cours autour de ce qu’il qualifie d’exclusion de Dassault du projet.
Airbus a décliné tout commentaire à propos des propos de M. Trappier.
Ce différend fait suite à une enquête publiée en juin par Reuters, rapportant que Dassault réclamait une compensation auprès d’Airbus suite à des modifications du programme. Le litige proviendrait d’une réduction de la part de travail attribuée à Dassault, après que la France a décidé de revoir à la baisse ses plans d’acquisition du drone à moyenne altitude et longue endurance.
Le programme Eurodrone
Le projet Eurodrone est développé conjointement par la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne et constitue la réponse européenne au drone américain MQ-9 Reaper.
Airbus est le maître d’œuvre du programme, tandis que Dassault Aviation et l’italien Leonardo sont des partenaires industriels majeurs.
L’appareil prévu sera équipé de suites de capteurs avancées, pourra transporter une charge utile allant jusqu’à 2,3 tonnes (5 070 livres) et disposera d’une autonomie d’environ 40 heures.
En octobre 2025, Airbus a achevé la revue critique de conception (critical design review) pour l’Eurodrone, une étape clé qui confirme que la conception de l’appareil est suffisamment mature pour passer à la phase de production des prototypes. Cette revue a concerné l’avion, les systèmes de contrôle au sol et les équipements de mission.